Le péché : conscience de l’amour de Dieu

Publié le par G&S

« Quand le Défenseur viendra, il montrera où est le péché… »
Jean 16, 09

 Pour un baptisé confessant, la reconnaissance du péché suppose qu’à l’amour que Dieu lui porte, il n’a pas voulu répondre ou pas désiré suffisamment répondre.

A mon sens, le péché en effet se différencie de la faute et de son cortège de culpabilité, d’angoisse et de honte par la foi vécue comme une réponse à la prévenance de Dieu. Tout se passe comme si l’on pouvait dire :

« Je suis choisi pour servir en présence de Dieu et n’ai pas  consciemment agi pour m’accorder à la délicatesse de Dieu à mon égard. Je n’en prends pas mon parti, à l’amour, je veux répondre par l’amour. »

Je crois que le péché que montre l’Esprit Saint, est un acte délibéré, une tendance acceptée, une médiocrité entretenue, une nonchalance choisie qu’un baptisé confessant reconnaît comme provenant de sa conscience lucide et libre.

La conscience lucide (ou vive ou éclairée) est celle qui est, ou qui tend à être…

  • Juste, avisée, formée
  • Réaliste, c'est-à-dire sans phantasme
  • Claire, c'est-à-dire baignée de lumière et de concertation
  • Paisible, c'est-à-dire sans inquiétude exagérée
  • Souple,  c'est-à-dire dégagée des étroitesses des codes
  • Guérie des blessures qui font souffrir
  • Libérée,  c'est-à-dire sans tutelle
  • Délicate,  c'est-à-dire aimante et prévoyante
  • Courageuse,  c'est-à-dire résolue à s’amender

Si elle est sincère, je crois que la reconnaissance de son péché…

ouvre un chemin de conversion : « Que faire pour montrer à soi-même que l’on ne se berce pas d’illusions et que l’on désire vraiment aimer en  prenant les moyens humbles d’une marche modeste mais décidée : ‘Je me lèverai et je m’approcherai de chez mon Père’. On s’est fixé une étape que les forces ordinaires, soutenues par la grâce et la prière, peuvent atteindre sans laisser exsangue au bord du chemin, découragé par la démesure.

 

Si elle est juste, je crois que la reconnaissance de son péché…

est toujours adaptée, sans illusion sur ses propres forces. Elle requiert vraisemblablement un appui ecclésial, une insertion dans une communauté de la foi, pour la manducation de la Parole et le récit de l’histoire sainte qui s’écrit chaque jour dans la vie journalière des uns et des autres.

Cette communauté de « fidèles » est toujours composée de pécheurs pardonnés. Si chacun ne sait pas (et n’a pas à savoir) les imperfections des autres, tous ont la certitude qu’ils ont à se convertir « ensemble » pour être un « collectif » significatif de la clémence et de la bonté de Dieu, incarnée en son Christ.

Si elle est vraie et profonde, je crois que la reconnaissance de son péché, aboutit assez régulièrement à une célébration personnelle ou collective, toujours ecclésiale, de la miséricorde, c'est-à-dire de la douceur de Dieu qui ne tient jamais rigueur des déhanchements du boiteux comportement humain.

Célébrer la tendresse du Seigneur affine la délicatesse d’un cœur aimant et fortifie ses déterminations pour être serviteur à la manière du Christ.

Je crois que l’Esprit Saint est notre maitre intérieur,

Il est l’onction de Dieu qui rend souple,

Il est le don adapté à chacun pour qu’il franchisse chaque jour l’étape suivante, Il rend vivant ceux et celles qui lui donnent en eux hospitalité. Avec lui, ils sont dans le temps témoins d’Eternité, par la Parole et l’Action.

Christian Montfalcon
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