Le dernier voyage de Tanya

Publié le par G&S

d’Aleksei Fedorchenko (Russie)

Le-dernier-voyage-de-Tanya.jpgUn film étrange, dépaysant, merveilleux, un petit bijou.

Dans l’immense territoire qu’est la Russie d’Europe, dans la région de la Haute Volga, à 400 km au Nord-Est de Moscou vivait autrefois un peuple d’origine finnoise, les Meria, avant l’arrivée des Slaves qui les ont assimilés.

Un homme dans la quarantaine, directeur d’une usine de papier, perd sa femme, Tanya, qu’il avait tout au long de sa vie passionnément aimée. Il tient à lui rendre les derniers honneurs selon les traditions ancestrales. Il lui faut pour cela partir au bord du grand fleuve, car pour les Meria l’eau est sacrée, source de vie et de fécondité. Il entraîne son ami.

Cela nous vaut un voyage étonnant, aux images splendides, « un film saturé de beauté et de mystère ».

Au long du voyage, des confidences et beaucoup de silence, un film contemplatif, toujours voilé d’une légère ironie, plein de poésie. En un sens ce sont deux petits oiseaux, deux passereaux, achetés dès le début, qui sont les personnages principaux du film : symbole de vie, symbole de l’insertion de l’homme dans un cosmos qui le dépasse.

Dans ce monde apparemment si lointain, on retrouve les grands traits de la vie humaine : l’amour homme-femme, la relation père-fils, entre un père poète et un fils écrivain, une nature immense et maternelle, un film humaniste, jusqu’au mot de la fin : « Seul l’amour ne connaîtra jamais de fin ».

Jacques Lefur
09.11.10

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