La disponibilité spirituelle

Publié le par G&S

La Disponibilité est un état de l’Esprit, du Cœur, de la Volonté pour signifier un amour, un désir, une manière d’être significative de l’Évangile et, s’il plaît à Dieu, de l’Annonce du Royaume.

Comme Jésus et ses disciples en leur temps, les « chrétiens Confessants » « partent » aujourd’hui pour cette « démarche évangélique » : ils vont de personne en personne, de groupe en groupe, de rencontre en rencontre, de collectif en collectif, sans se disperser, sans user de séduction, sans bagage...

En faisant confiance à ceux et celles qu’ils visitent ils deviennent « convives d’un repas fraternel » où tout ce qui nourrit et fait vivre se mange ensemble.

Seuls et en commun, ils se tiennent au plus près possible de l’intimité de Dieu. Leurs actions et leurs messages sont des « pages » d’Évangile en relief.

Ils se sont « rendus disponibles » pour répondre aux questions des uns et des autres. Ils ne se dérobent jamais : l’Esprit Saint supplée leurs « insuffisances ». Avec Lui, le Père des pauvres, ils sont en confiance réciproque. La peur et l’angoisse ne les entament pas, ils sont simples, parce qu’ils sont des « envoyés désarmés ».

Ils ont tellement regardé et tellement écouté qu’ils aiment la culture des « gens du village » et parlent leur langage.

Sans précipitation, sans encombrement, tout naturellement, ils « abandonnent »…

- les bricoles chronophages qui leur font croire que leurs journées sont pleines,

- les susceptibilités qui transforment les humains en ruminants de jalousies,

- les incompréhensions, réelles ou supposées dont ils se croient l’objet : elles flapissent l’énergie de la relation,

- le surmenage qui laisse apparaître que l’on n’a pas su déléguer,

- le « perfectionnisme » qui alimente l’angoisse de n’être jamais suffisamment prêt et qui, de ce fait, anéantit la moindre disponibilité.

Les « chrétiens confessants » se dépouillent progressivement de ce qui les « occupe trop » et les « préoccupe à l’excès » pour prendre le temps de déceler l’essentiel et d’être au large en eux-mêmes (pas pressés et pas compressés) pour y répondre au mieux…

- par la grâce de Dieu, Disponibilité (Montfalcon)

- par la vie d’oraison,

- par les relations communautaires,

- par la lecture qui permet de se nourrir de l’histoire « sainte »

- par l’écriture qui porte la Bonne Nouvelle aux correspondants

- par la référence à la Parole,

- par l’accueil des nouveaux convertis

- par la solidarité humaine qui fait la grandeur de l’homme…

Ils deviennent au fil des jours souples, actifs et serviables.

La foi audacieuse conduit, sans précipitation les pas assurés de leur conversion.

- Ils n’ont plus peur des jachères qui préparent leur fécondité,

- Ce qu’ils prenaient pour des occupations importantes et urgentes se relativisent,

- Les pages de leur agenda se dégraissent,

- La solitude ne les agresse plus

- Ils n’attendent plus ce qui devrait être la « chance suprême »de leur vie de demain. Être disponible aujourd’hui, suffit à leur bonheur.

- Avec discernement, ils confient à d’autres  des missions proportionnées à leur capacité.

- Ils entreprennent de se rapprocher de ceux et de celles qu’ils aiment le moins et vont jusqu’à trouver agréable, leur collaboration avec eux.

- Ils brûlent avec joie leurs points d’honneur.

Ce qui dans le passé a été un obstacle à leur disponibilité s’efface mais peut aussi devenir pour eux un tremplin.

Ils campent en pauvreté et en capacité d’amour… Ils sont disponibles !

Je crois que l’adjectif « disponible » fait peur ; car il est plein d’inventions. Il est sans limitation et sans maitrise.

Il qualifie « quelqu’un » qui n’est pas « clos » et qui est prêt à agir selon…

- la sollicitation des personnes et l’humeur du temps,

- les événements,

- les découvertes : les siennes et celles des autres,

- les évolutions de la culture,

- les besoins de la société.

Ce « quelqu’un » a en permanence une veille attentive. Il reste éveillé pour cueillir ce qui s’approche et… l’accueillir.

Le « disponible » emploie des mots « désarmés » et « pacifiques »…

- il n’a rien à prouver.

- il est tout entier « au service ».

- il est page blanche.

- il exerce tout ce qu’il sait faire, même si c’est peu à ses propres yeux,

- il mobilise tous ses moyens mêmes s’ils sont dérisoires.

La « disponibilité » effraie, elle fait peur comme la Foi fait peur, car intérieurement elle en est la disposition intérieure et concrète.

Ce terme signifie « la mise en œuvre de l’Amour ». Il exprime la fidélité qui s’adapte à chaque circonstance de tous les jours. Bond en avant de l’Espérance…

Chacun essaie de lui donner des limites pour qu’il soit supportable.

Les mots « offert et disponible » sont du même ordre.

Dans un vocabulaire ancien, trop religieux sans doute,

- on confondait parfois « disponible et dévoué »,

- on évoquait plus ou moins consciemment la « virginité »,

- on parlait de la « fécondité » d’une vie spirituelle.

Était-ce faux ou simplement trop vrai, au-delà d’un seuil (sublime) ?

Christian Montfalcon

Publié dans Réflexions en chemin

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