La désobéissance, un chemin pour renouveler l’Église ?

Publié le par G&S

Homélie du Pape Benoît XVI
pour la messe chrismale 2012 en la basilique Saint-Pierre de Rome

Chers frères et sœurs !

En cette messe nos pensées se tournent vers le moment où l’Évêque, par l’imposition des mains et la prière, nous a fait entrer dans le sacerdoce de Jésus Christ, de sorte que nous soyons « consacrés dans la vérité » (Jean 17,19), comme Jésus, dans sa Prière sacerdotale, a demandé pour nous à son Père. Il est lui-même la Vérité. Il nous a consacrés, c’est-à-dire remis pour toujours à Dieu, afin que, à partir de Dieu et en vue de lui, nous puissions servir les hommes. Mais sommes-nous aussi consacrés dans la réalité de notre vie ? Sommes-nous des hommes qui agissent à partir de Dieu et en communion avec Jésus Christ ? Avec cette question le Seigneur se tient devant nous, et nous nous tenons devant lui.

« Voulez-vous vivre toujours plus unis au Seigneur Jésus et chercher à lui ressembler, en renonçant à vous-mêmes, en étant fidèles aux engagements attachés à la charge ministérielle que vous avez reçue au jour de votre Ordination sacerdotale ? » C’est ainsi qu’après cette homélie j’interrogerai individuellement chacun de vous et aussi moi-même. Par là, deux choses s’expriment surtout : ce qui est demandé c’est un lien intérieur, ou mieux, une configuration au Christ, et en cela nécessairement un dépassement de nous-mêmes, un renoncement à ce qui est seulement nôtre, à la si vantée autoréalisation.

Il est demandé que nous, que moi, je ne revendique pas ma vie pour moi-même, mais que je la mette à la disposition d’un autre – du Christ. Que je ne demande pas : qu’est-ce que j’en retire pour moi ?, mais : qu’est-ce que je peux donner moi pour lui et ainsi pour les autres ? Ou encore plus concrètement : comment doit se réaliser cette configuration au Christ, lequel ne domine pas, mais sert ; il ne prend pas, mais il donne ? Comment doit-elle se réaliser dans la situation souvent dramatique de l'Église d’aujourd’hui ?

Récemment, un groupe de prêtres d’un pays européen a publié un appel à la désobéissance, donnant en même temps aussi des exemples concrets sur le comment peut s’exprimer cette désobéissance, qui devrait ignorer même des décisions définitives du Magistère – par exemple sur la question de l’Ordination des femmes, à propos de laquelle le bienheureux Pape Jean-Paul II a déclaré de manière irrévocable que l’Église, à cet égard, n’a reçu aucune autorisation de la part du Seigneur.

La désobéissance est-elle un chemin pour renouveler l’Église ? Nous voulons croire les auteurs de cet appel, quand ils affirment être mus par la sollicitude pour l’Église, être convaincus qu’on doit affronter la lenteur des Institutions par des moyens drastiques pour ouvrir des chemins nouveaux – pour ramener l’Église à la hauteur d’aujourd’hui. Mais la désobéissance est-elle vraiment un chemin ? Peut-on percevoir en cela quelque chose de la configuration au Christ, qui est la condition nécessaire d’un vrai renouvellement, ou non pas plutôt seulement l’élan désespéré pour faire quelque chose, pour transformer l’Église selon nos désirs et nos idées ?

Mais ne simplifions pas trop le problème. Le Christ n’a-t-il pas corrigé les traditions humaines qui menaçaient d’étouffer la parole et la volonté de Dieu ? Oui, il l’a fait, pour réveiller de nouveau l’obéissance à la vraie volonté de Dieu, à sa parole toujours valable. La vraie obéissance lui tenait justement à cœur, contre l’arbitraire de l’homme. Et n’oublions pas : il était le Fils, avec l’autorité et la responsabilité singulières de révéler l’authentique volonté de Dieu, pour ouvrir ainsi la route de la parole de Dieu vers le monde des gentils. Et enfin : il a concrétisé son envoi par sa propre obéissance et son humilité jusqu’à la Croix, rendant ainsi sa mission crédible. Non pas la mienne, mais ta volonté : c’est la parole qui révèle le Fils, son humilité et en même temps sa divinité, et qui nous indique la route.

Laissons-nous interroger encore une fois : est-ce qu’avec de telles considérations n’est pas défendu, en fait, l’immobilisme, le durcissement de la tradition ? Non. Celui qui regarde l’histoire de l’époque postconciliaire, peut reconnaître la dynamique du vrai renouvellement, qui a souvent pris des formes inattendues dans des mouvements pleins de vie et qui rend presque tangibles la vivacité inépuisable de la sainte Église, la présence et l’action efficace du Saint Esprit. Et si nous regardons les personnes, dont sont nés et naissent ces fleuves frais de vie, nous voyons aussi que pour une nouvelle fécondité il est nécessaire d’être remplis de la joie de la foi ; sont aussi nécessaires la radicalité de l’obéissance, la dynamique de l’espérance et la force de l’amour.

Chers amis, il reste clair que la configuration au Christ est la condition nécessaire et la base de tout renouvellement. Mais peut-être que la figure du Christ nous apparaît parfois trop élevée et trop grande pour pouvoir oser en prendre les mesures. Le Seigneur le sait. C’est pourquoi, il a pourvu à des « traductions » dans des ordres de grandeur plus accessibles et plus proches de nous. Pour cette raison justement, Paul sans timidité a dit à ses communautés : imitez-moi, mais j’appartiens au Christ. Il était pour ses fidèles une « traduction » du style de vie du Christ, qu’ils pouvaient voir et à laquelle ils pouvaient adhérer. À partir de Paul, tout au long de l’histoire il y a eu continuellement de telles « traductions » du chemin de Jésus en figures historiques vivantes.

Nous prêtres nous pouvons penser à une grande foule de saints prêtres, qui nous précèdent pour nous indiquer la route : à commencer par Polycarpe de Smyrne et Ignace d’Antioche, en passant par les grands pasteurs comme Ambroise, Augustin et Grégoire le Grand, jusqu’à Ignace de Loyola, Charles Borromée, Jean-Marie Vianney, jusqu’aux prêtres martyrs du vingtième siècle et enfin jusqu’au Pape Jean-Paul II qui dans l’action et dans la souffrance nous a été un exemple dans la configuration au Christ, comme « don et mystère ».

Les saints nous indiquent comment fonctionne le renouvellement et comment nous pouvons nous mettre à son service. Et ils nous font aussi comprendre que Dieu ne regarde pas aux grands nombres et aux succès extérieurs, mais rapporte ses victoires dans l’humble signe du grain de moutarde.

Chers amis, je voudrais encore brièvement m’arrêter à deux mots-clés du renouvellement des promesses sacerdotales, qui devraient nous pousser à réfléchir en ce moment de la vie de l'Église et de notre vie personnelle. Il y a avant tout le souvenir du fait que nous sommes – comme s’exprime Paul – « intendants des mystères de Dieu » (1 Corinthiens 4,1), et que nous incombe le ministère de l’enseignement (munus docendi ), qui est une partie de cette intendance des mystères de Dieu, où il nous montre son visage et son cœur, pour se donner lui-même à nous.

Dans la rencontre des Cardinaux à l’occasion du récent Consistoire, divers Pasteurs, sur la base de leur expérience, ont parlé d’un analphabétisme religieux qui se répand dans notre société si intelligente. Les éléments fondamentaux de la foi, que dans le passé chaque enfant connaissait, sont toujours moins connus. Mais pour pouvoir vivre et aimer notre foi, pour pouvoir aimer Dieu et donc devenir capables de l’écouter de façon juste, nous devons savoir ce que Dieu nous a dit ; notre raison et notre cœur doivent être touchés par sa parole.

L’Année de la foi, le souvenir de l’ouverture du Concile Vatican II, il y a 50 ans, doivent être pour nous une occasion d’annoncer le message de la foi avec un zèle nouveau et avec une nouvelle joie. Naturellement, nous le trouvons de manière fondamentale et essentielle dans la Sainte Écriture, que nous ne lirons et méditerons jamais assez. Mais en cela nous faisons tous l’expérience d’avoir besoin d’aide pour la transmettre avec rectitude dans le présent, afin qu’elle touche vraiment notre cœur. Cette aide nous la trouvons en premier lieu dans la parole de l’Église enseignante : les textes du Concile Vatican II et le Catéchisme de l’Église catholique sont des instruments essentiels qui nous indiquent de manière authentique ce que l’Église croit à partir de la Parole de Dieu. Et naturellement en fait partie aussi tout le trésor des documents que le Pape Jean-Paul II nous a donné et qui est encore loin d’avoir été exploité jusqu’au bout.

Toute notre annonce doit se mesurer sur la parole de Jésus Christ : « Mon enseignement n’est pas le mien » (Jean 7, 16). Nous n’annonçons pas des théories et des opinions privées, mais la foi de l’Église dont nous sommes des serviteurs. Mais ceci naturellement ne doit pas signifier que je ne soutiens pas cette doctrine de tout mon être et que je ne suis pas fixé solidement en elle.

Dans ce contexte me vient souvent à l’esprit la parole de saint Augustin : qu’est ce qui est aussi mien que moi-même ? Qu’est-ce qui est aussi peu mien que moi-même ? Je ne m’appartiens pas à moi-même et je deviens moi-même justement par le fait que je vais au-delà de moi-même et par le dépassement de moi-même je réussis à m’insérer dans le Christ et dans son Corps qui est l’Église. Si nous ne nous annonçons pas nous-mêmes et si intérieurement nous sommes devenus tout un avec Celui qui nous a appelés comme ses messagers si bien que nous sommes modelés par la foi et que nous la vivons, alors notre prédication sera crédible.

Je ne fais pas de la réclame pour moi-même, mais je me donne moi-même. Le Curé d’Ars n’était pas un savant, un intellectuel, nous le savons. Mais par son annonce il a touché les cœurs des gens, parce que lui-même avait été touché au cœur.

Le dernier mot-clé que je voudrais encore évoquer s’appelle le zèle pour les âmes (animarum zelus ). C’est une expression démodée qui aujourd’hui n’est presque plus utilisée. Dans certains milieux, le mot âme est même considéré comme un mot prohibé, parce que – dit-on – il exprimerait un dualisme entre corps et âme, divisant l’homme à tort. L’homme est certainement une unité, destiné avec son corps et son âme à l’éternité. Mais ceci ne peut signifier que nous n’avons plus une âme, un principe constitutif qui garantit l’unité de l’homme dans sa vie et au-delà de sa mort terrestre. Et naturellement comme prêtres nous nous préoccupons de l’homme tout entier, justement aussi de ses nécessités physiques – des affamés, des malades, des sans-toit.

Toutefois, nous ne nous préoccupons pas seulement du corps, mais aussi des besoins de l’âme de l’homme : des personnes qui souffrent en raison de la violation du droit ou d’un amour détruit ; des personnes qui se trouvent dans l’obscurité à propos de la vérité ; qui souffrent de l’absence de vérité et d’amour. Nous nous préoccupons du salut des hommes dans leur corps et dans leur âme. Et en tant que prêtres de Jésus Christ, nous le faisons avec zèle. Les personnes ne doivent jamais avoir la sensation que nous accomplissons consciencieusement notre horaire de travail, mais qu’avant et après nous nous appartenons seulement à nous-mêmes. Un prêtre ne s’appartient jamais à lui-même. Les personnes doivent percevoir notre zèle, par lequel nous donnons un témoignage crédible pour l’Évangile de Jésus Christ. Prions le Seigneur de nous remplir de la joie de son message, afin qu’avec un zèle joyeux nous puissions servir sa vérité et son amour.

Amen.

Publié dans Signes des temps

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M-O 15/04/2012 16:47


"Christ est réssuscité !" C'est de cette manière que j'ai salué mon supérieur hiérarchique exerçant une fonction de responsabilité au sein d'une institution catholique... J'attendais :
"Vraiment, Il est ressuscité !" Mais celui-ci m'a répondu, le mardi de Pâques - jour où l'Eglise lit la visite de Marie de Magdala au tombeau et qu'elle découvre que son rabbouni n'est
pas que pour elle - : "Ah, mais c'est passé, c'est fini ! " Je n'ai rien rétorqué mais je me suis immédiatement dit : "Ah non non non... C'est là que TOUT commence. Visiblement,
malheureusement, cet homme ne savait pas que nous étions dans l'Octave pascale et ne sait pas que cette belle salutation est celle des Chrétiens pendant le temps pascal.


Mâle-femelle il les créa ! Il n'est pas bon que l'homme soit seul ! Il a été tiré de la poussière informe et inconsistante du sol. Elle a été tirée de l'humain et elle en a le souci
constant. C'est pourquoi ce sont elles qui se trouvent là, au pied de la croix jusqu'au bout et c'est encore elles qui vont au tombeau au petit matin - sans faire de discours. C'est à elle
en premier que le Ressuscité s'adresse pour aller annoncer à leurs frères la VIE plus forte que la mort. Il sait qu'elles ont le souci de l'humain et qu'Il peut leur confier cette mission. Ce ne
sont pas tant des paroles à prononcer mais une extrême attention, une écoute, comme Jésus qui va rejoindre ce couple errant dans la campagne d'Emmaüs. Jésus vivant rejoint l'humanité -
homme-femme - sur les chemins tortueux de la vie, qui est la VRAIE vie. Il n'y en a pas d'autre. Maintenant si le Vatican a une ligne directe et réservée avec le Bon Dieu tant mieux pour eux,
mais cela devrait se traduire par des actes, une extrême attention, une écoute, le souci de l'autre, bref un témoignage humble d'un disciple du Christ, sans tambour ni trompette. 


Il y a un an ou plus j'ai signé l'appel de PFARRER INITIATIVE dont voici le lien du site en allemand qui comporte un onglet en français http://www.pfarrer-initiative.at/ . Si vous lisez l'allemand vous pouvez aussi aller voir les sites allemand et autrichien de WIR SIND KIRCHE car en
vérité en tant que baptisés nous sommes tous responsables de notre Eglise au nom de notre Seigneur, notre Dieu. Et surtout ne donnez pas de définition de Dieu, son nom est inprononçable.
Pour que personne puisse se réclamer davantage de Dieu, nous l'appelons NOTRE Père et en lui nous somme tous frères. Essayons de ne pas être frères ennemis, c'est de notre
témoignage que dépend l'Eglise du Christ. 

Francine Bouichou-Orsini 11/04/2012 18:22


Une remarque pour prolonger le commentaire de Christiane. l'Apôtre Paul était-il hérétique, lorsqu'il annonçait : "c'est pour que nous soyons vraiment libres que le Christ nous a libérés"
(Galates, 5,1), et de plus loin insistait :"Si vous êtes conduits par l'Esprit, vous n(êtes plus soumis à la loi" (Gal. 5,
18).                                                                                  
Francine Bouichou-Orsini

Christiane Guès 11/04/2012 14:23


En clair, je comprends cette lettre ainsi : « Moi, Benoît XVI, au nom de toute la curie romaine, je détiens la véritable volonté de Dieu et la véritable obéissance à cette volonté. De même, je
représente la véritable Église : la mienne et non la vôtre, misérable peuple qui vous prétendez de Dieu, peuple de minus laïcs et de prêtres de petite foi en mal d’évolution. Vous êtes les
étouffeurs de ma parole et de ma volonté qui sont celles de Dieu. Mais je vais vous réveiller à la véritable obéissance…etc. »
Oui, certes, le Christ a corrigé les traditions humaines, non pas pour réveiller une quelconque obéissance de notre part – ce mot là n’existe pas dans les Évangiles – mais pour nous ouvrir
toujours davantage à la liberté de son Amour en privilégiant l’humain sur des pratiques archaïques et rigides de son temps.
Dans la lettre de Benoît XVI, il n’est question que de vouloir reprendre le dessus, de balayer ce qui ferait avancer l’Église vers plus de tolérance, de compréhension dans une ouverture toujours
plus élargie de cette Loi-Amour donnée par le Christ.
Cependant, il y a la contrepartie : S’abriter derrière quelqu’un (le pape) soutenu par une organisation (la curie), ça sécurise. Si on considère qu’ils détiennent la vérité sur leur façon de voir
l’obéissance à Dieu, on se sent en confiance. De plus, on n’a plus rien à faire, on rentre dans le troupeau et on trottine derrière. Quel repos ! Quelle sécurité !
Mais est-ce vraiment le chemin qui conduit à Dieu ? Est-ce ce chemin là que Jésus nous offre ? Rentrez dans le rang et vous serez sauvés ?
« La recherche de la vérité ne peut se faire authentiquement et objectivement que dans un climat intérieur et extérieur de liberté. »
« C’est par le seul intermédiaire de sa propre conscience que l’homme progresse dans sa relation à Dieu ».
Qui a prononcé ces phrases certainement hérétiques pour Benoît XVI ?
Elles font partie des déclarations de Vatican II sur la liberté religieuse au cours de quatre semaines du Concile (1962-1965).


Christiane Guès

Pierre Locher 10/04/2012 23:15


De ce texte de circonstance, je ne retiendrai que ce qui me semble fidèle à la liberté chrétienne en y ajoutant quelques commentaires :


Le Christ n’a-t-il pas corrigé les traditions humaines - y compris religieuses - qui menaçaient d’étouffer la parole et la volonté de
Dieu ? Oui, il l’a fait, pour réveiller de nouveau l’obéissance à la vraie volonté de Dieu - la seule obéissance qui parle à la conscience - , à sa parole toujours valable. La vraie
obéissance lui tenait justement à cœur, contre l’arbitraire de l’homme - de tout homme, qu'il soit président ou ...pape.


L'Esprit souffle où il veut...

Robert Kaufmann 10/04/2012 22:04


Mais non ! ne soyons pas tristes !


Pour ce qui me concerne,les Curés que je fréquente ont l'habitude de dire

Jean-Pierre Reynaud 10/04/2012 18:23


Autant la première encyclique de Benoît XVI sur l'agapé avait retenu mon attention par son caractère bien positif, qui pouvait faire oublier "Humanae vitae" de sinistre  mémoire sur le même
thème, Agapé pouvant être de bon augure par son contenu, autant ce texte proclamé pendant le messe chrismale m'attriste et me laisse très  désorienté. Ce texte s'adresse "aux prêtres"...
Malheureux êtes-vous, frères prêtres que nous côtoyons de jour en jour, vous qui pour OBEIR allez devoir cheminer la tête basse en signe d'OBEISSANCE !


...Et il va falloir continuer, SANS PARTIR NI NOUS TAIRE...sur les chemins de la vie, aux côtés de notre frère-prêtre le Christ ; comment faire pour ne pas être triste(s) ?


 

Robert Kaufmann 09/04/2012 22:18


Depuis les quelque 55 ans écoulés depuis mon catéchuménat et mon baptême,j'entends périodiquement dire,lorsqu'il s'agit de mettre "la main à la pâte",Mais lorsque les décisions se prennent et les directives qui suivent arrivent,cela vient toujours de haut et de loin....Curieux!


En outre,lorsqu'on  entend,on ne peut s'empécher de songer au mille-feuilles de décisions
dogmatiques,arbitraires,conventionnelles,que la hiérarchie a imposé, au cours des siècles, au petit peuple  de l'Eglise de Jésus Christ, sans l'ombre d'une autorisation de Celui-Ci !


Il est coutume dans ces pages de dire=...Et si on revenait à l'Evangile ?...


Robert Kaufmann

Francine Bouichou-Orsini 09/04/2012 18:04


 


Entièrement d’accord avec les commentaires précédents. Je m’étonne (et même m’indigne !) que Benoît XVI assimile par deux fois,  Eglise et Jésus-Christ.


Dire que l’objet de ma foi c’est  la foi de l’Eglise me dérange. Je préfère dire c’est : l’Evangile. Au cours de l’histoire,  l’Eglise
s’est éloignée de cette source commune, parfois de façon scandaleuse.  Heureusement, des chrétiens ont su désobéir,  pour affirmer en 1789,
que la dignité de la personne  se fonde sur la liberté de conscience. De même, déclarer que le corps du Christ est l’Eglise… Quelle église ? Celle constituée par
l’institution ou celle composée par tous les saints ? Gardons à l’objet de notre foi son caractère libérateur de renouvellement de la pensée, sous l’Esprit de Jésus Christ. (cf J. Moingt).


Francine Bouichou-Orsini

fanfan 09/04/2012 16:48


Ah René Guyon...


Si cette "distinction" n'était pas entachée de "faiblesses" et même parfois de "sottises""mâle-et- fiques"(ôô).... vous mériteriez bien d'être Pape!non sans blague...


Pour la femme de Cléophas je partage pleinement votre largeur de vue...un couple qui regagne ses "pénates" après LE DRAME...l'homme " marri" et la femme choquée...et voilà que celui qu'il/
qu'elle croyaient perdu à jamais est là au sein de leur "intimité" jusque dans la chaleur de leur foyer  où il/elle l'accueillent et qui va se révéler à elle /lui d'une façon
bouleversante à jamais..... C'est MAGNIFIQUE ce passage car il nous concerne Toutes et Tous....pas seulement le corpus ecclésial....ah mais....!


fanfan 

René Guyon 09/04/2012 15:22


Tout cela me rappelle le jour où pour faire un poisson d'avril j'ai écrit sur ce blog que le second disciple d'Emmaüs était UNE FEMME ! Je me suis rendu compte quelques jours
plus tard que c'était évident : c'était la femme de Cléophas, qui était à la croix pendant que les hommes se cachaient ou vaquaient à d'autres occupations et, en plus, refusaient de les croire quand elles disaient que Jésus était ressuscité !
Le Pape n'a peut-être pas reçu de consigne pour nommer des femmes prêtres, mais les femmes ont reçu des consignes de Jésus pour annoncer au monde entier la bonne nouvelle de sa
résurrection à laquelle les hommes-mâles ne croyaient pas... Sans elles il n'y aurait peut-être jamais eu de Pape !
Bagatelle dirait sa Sainteté Notre Très Saint Père le Pape...

fanfan 09/04/2012 14:44


Bonjour,
Je dois avouer rouge de confusion que je n'ai lu cette homélie qu'en diagonale...
pour ne pas ajouter un rouge de colère...mais du coup je me permets une note primesautière pour mettre un peu de rose dans tout ce développement clérical!.
Le discours de notre "Bien-Aimé" Benoît XVI ne s'adresse qu'à des "mâles", car CQFD: prononcé lors de la messe "chrismale"!!!


Je plaisante un tant soit peu pour ne pas rugir ...partageant complètement l'analyse de Dekoijmêle...heureusement qu'à la veillée pascale de notre paroisse l'annonce de
la Résurrection de Jésus,le Fils, vrai Homme vrai Dieu, a été faite à toute l'assemblée  par des femmes( rappel de la Réalité de l'Evenement))..non "ointes"par le sacrement de l'Ordre
mais prêtres(tresses?-), prophètes(tesses?) et Rois(Reines???)par leur baptême, et "diablement" reconnues par le Fils de Dieu au moment de sa Résurrection!!!bien avant
les disciples "mâles"!!!!


fanfan

René Guyon 09/04/2012 12:42


Petit ajout à mon post précédent :
"1120 Le ministère ordonné ou sacerdoce ministériel (LG 10) est au service du sacerdoce baptismal . Il garantit que, dans les sacrements, c’est bien le Christ qui agit
par l’Esprit Saint pour l’Église. La mission de salut confiée par le Père à son Fils incarné est confiée aux Apôtres et par eux à leurs successeurs : ils reçoivent l’Esprit de Jésus pour
agir en son nom et en sa personne (cf. Jn 20, 21-23 ; Lc 24, 47 ; Mt 28, 18-20). Ainsi, le ministre ordonné est le lien sacramentel qui relie l’action liturgique à ce qu’ont dit et fait
les Apôtres, et, par eux, à ce qu’a dit et fait le Christ, source et fondement des sacrements.
1121 Les trois sacrements du Baptême, de la Confirmation et de l’Ordre confèrent, en plus de la grâce, un caractère sacramentel ou " sceau " par lequel le
chrétien participe au sacerdoce du Christ et fait partie de l’Église selon des états et des fonctions diverses. Cette configuration au Christ et à l’Église, réalisé par l’Esprit, est
indélébile (Cc. Trente : DS 1609), elle demeure pour toujours dans le chrétien comme disposition positive pour la grâce, comme promesse et garantie de la protection
divine et comme vocation au culte divin et au service de l’Église. Ces sacrements ne peuvent donc jamais être réitérés.

René Guyon 09/04/2012 12:03


Chère Dekoijmemèle ! Vous faites bien de vous mêler !


Voici le texte du catéchisme de l'Eglise Catholique :
"1272 Incorporé au Christ par le Baptême, le baptisé est configuré au Christ (cf. Rm 8, 29). Le Baptême scelle le chrétien d’une marque spirituelle indélébile
(" character ") de son appartenance au Christ. Cette marque n’est effacée par aucun péché, même si le péché empêche le Baptême de porter des fruits de salut
(cf. DS 1609-1619). Donné une fois pour toutes, le Baptême ne peut pas être réitéré."

Dekoijmemèle 09/04/2012 11:07


Seuls les prêtres seraient "configurés au Christ"? Je croyais que c'était par le baptême que le chrétien se trouve "configuré" Et quand nous recevons l'Eucharistie, nous devenons ce que nous
recevons... Il me semble qu'il y a vraiment une réflexion à entamer sur le sacerdoce...


Quand je lis : " sur la question de l’Ordination des femmes, à propos de laquelle le bienheureux Pape Jean-Paul II a déclaré de manière
irrévocable que l’Église, à cet égard, n’a reçu aucune autorisation de la part du Seigneur." ça me fait bondir !  En effet,
j'ai beau scruter avec attention les Ecritures, je ne vois nulle part une indication de quelque "autorisation" de la part du Seuigneur pour instituer une nouvelle caste de prêtres, qu'ils soient
hommes ou femmes...


Quant à "l'irrévocabilité" des décisions de l'Église, mieux vaut en sourire, même un peu jaune ...





 


 


 


 


 


 


 


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