La coresponsabilité est notre défi et notre avenir

Publié le par G&S

Texte d’un collectif de Wallonie (Belgique)

 Déjà en 1946, Pie XII avait rappelé aux cardinaux que « Les laïcs sont aussi l’Église. »

La récente intervention du pape Benoît XVI en visite pastorale à Rome (le 7 mars 2010 dans la paroisse Saint-Jean-de-la-Croix) à propos de la place des laïcs a retenu toute l’attention du Conseil interdiocésain des laïcs. Le pape y a, en effet, souligné la nécessité d’un « changement de mentalité » dans l’Église, « surtout à l’égard des laïcs » pour « promouvoir, dans le respect des vocations et des rôles (...), la coresponsabilité de tous les membres du Peuple de Dieu ».

Nous partageons avec lui la conviction, déjà mise en évidence par le cardinal L. J. Suenens, de « La coresponsabilité dans l’Église » de tous les membres du peuple de Dieu qui sont prêts à prendre leur mission et leur avenir collectifs en mains, ainsi que la coresponsabilité des chrétiens pour l’avenir de l’Église, de toutes les femmes, de tous les hommes  et de la planète.

Certains ont parfois mis ce fait en doute, ou ont souligné la difficulté à le réaliser. En effet, partager par délégation, ou en partenariat, une part de sa responsabilité n’est pas toujours aisé pour les tenants de l’autorité, au nom de craintes parfois légitimes. D’autre part, prendre sa part du poids du jour, se risquer à s’engager questionne les chrétiens de la base qui peuvent se demander : combien de temps y consacrer, quelles compétences sont à acquérir, comment gérer des différences d’analyse dans la mise en place d’un mode de vie ou d’un processus de changement à la fois évangéliques et contemporains.

Nous ne sommes pas surpris. À la veille de la Pentecôte 2006 déjà, dans une rencontre avec les mouvements ecclésiaux et les communautés nouvelles, Benoît XVI déclarait : « Liberté et responsabilité vont de pair. La véritable liberté se démontre dans la responsabilité, dans une manière d’agir qui prend sur soi la coresponsabilité pour le monde, pour soi-même et pour les autres. » Il précisait alors qu’il fallait une pédagogie qui aide à passer des responsabilités partielles dans un domaine déterminé à la responsabilité des fils et filles de Dieu qui prennent en considération le bien de tous les hommes, de toutes les créatures. Commentant le chapitre 4 de l’Épître aux Éphésiens, il soulignait le lien entre multiplicité et unité dans ce défi, n’hésitant pas à dire que Dieu « veut que vous preniez de multiples formes et il vous veut pour l’unique corps » en union avec les « jointures » que représente la succession apostolique. Cela n’enlève pas la difficulté de l’aventure, cela oblige les Pasteurs à ne pas éteindre l’Esprit.

Le Conseil interdiocésain des laïcs, en route vers la Pentecôte 2010 souhaite poursuivre l’échange entamé en 2007 au sein de l’Église de Belgique avec les Évêques et les chrétiens engagés dans des charges ou des conseils pastoraux. De même, au sein de la société, avec les citoyens ainsi que les responsables d’autres convictions car les défis sont immenses et les ouvriers trop peu nombreux.

Pour le CIL, Peter Annegarn, président
Michel Kesteman, conseiller théologique
et Patrick De Bucquois, Patricia Fyon, Jo Marichal, Jean van der Rest
membres de l’équipe d’animation

Publié dans Signes des temps

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