La Communion selon Jean Cassien

Publié le par G&S

Jean-Cassien.jpg« Nous ne devons pas […] nous suspendre nous-mêmes de la communion du Seigneur parce que nous avons conscience d’être pécheurs.

Au contraire, nous irons la recevoir avec une avidité plus grande afin d’y trouver la santé de l’âme et la pureté de l’esprit…

Si nous attendions d’être dignes nous ne ferions pas même la communion une fois l’an.

Cette pratique de la communion annuelle est celle de plusieurs qui demeurent dans les monastères. Ils se forgent une telle idée de la dignité, de la sainteté, de la grandeur des divins mystères, qu’il ne faut s’en approcher, à leur sens, que si l’on est saint et sans tache et non pas plutôt afin de le devenir.

Ils pensent éviter toute présomption orgueilleuse.

En réalité celle où ils tombent est plus grande ; car, le jour du moins où ils communient, ils se jugent dignes de la communion.

Combien est-il plus raisonnable de recevoir les sacrés mystères chaque dimanche, comme le remède à nos maladies, humbles de cœur, croyant et confessant que nous ne saurions mériter cette grâce ; au lieu de nous enfler de cette vaine persuasion qu’au moins nous en serons dignes au bout de l’an. »

Jean Cassien
Conférence XXIII,21. Sources chrétiennes (64), Cerf (1959), p. 167-168.

Jean Cassien, Joannes Cassianus, est un moine et homme d’Église qui a vécu aux IVe et Ve siècles, à Marseille.

Il a laissé une œuvre doctrinale importante, dont les Institutions cénobitiques (De Institutis coenobiorum et de octo principalium vitiorum remediis, écrit vers 420) et les Conférences (Conlationes ou Collationes), ouvrages consacrés à la vie monastique. Il est le fondateur de l'abbaye de Saint-Victor de Marseille.

Publié dans Fioretti

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danielle nizieux-mauger 11/08/2011 10:42



Pour m'inscrire dans la suite d'un des commentaires, je dirai que c'est pain béni pour les divorcés remariés.


ceci étant, beaucoup d'entre eux n'ont que faire de la règle de l'Eglise, et communient, parfois ( souvent?) avec l'accord des prêtres.Ils sont en cela en accord avec leur conscience, leur
appréciation de l'Evangile et , si je ne me trompe, ils seront ensuite  confirmés dans leur démarche par le "docteur" Saint Thomas d'Aquin, qui met en avant la primauté de la conscience.


Pourtant, encore certains chrétiens, et pas des "grenouilles de bénitier" refusent cette transgression volontaire à la règle pour en montrer le contresens. Et le grand mal que l'Eglise se fait
ainsi.


En fait, ils se privent ( cf Cassien), et ils démontrent à qui? àl'Eglise? elle s'en fiche, persuadée de son bien fondé , et tremblante de trouille à l'idée même du changement. Aux autres
qui pâtissent de cette règle? ils le savent et s'ils ne sont pas partis, ils risquent fort de rejoindre la cohorte des désespérés .


Tous les synodes diocésains réclament, par leur base, des mesures concrètes d'autorisation de communion  ( et plus, mais c'est un autre problème)


qu'en sort-il? rien, sinon, une demande de "prier davantage", de prendre en compte les divorcés remariés dans les communautés (= les associer aux travaux paroissiaux, mais jusqu'où?) mais aucune
position épiscopale ne propose de "relâcher" la punition ...


on devrait envoyer le texte de Cassien à nos chers évêques!!


 



danielle nizieux-mauger 10/08/2011 23:49



que dire de la communion eucharistique "prise" par des personnes qui assistent à une messe "par hasard" , je veux dire au hasard d'une cérémonie à laquelle elles ont été conviées (ex: mariage),
et sans donc qu'elles se posent la moindre question sur l'opportunité de cette communion ( sur son sens non plus , d'ailleurs)


Un vieux prêtre que j'interrogeais sur cette question  me répondait qu'il était favorable à une communion la plus largement distribuée... certes il y a les miracles d'une conversion toujours
possible, mais ceci étant rare, il y a le partage communautaire. Même si l'on a communié pour faire comme son voisin de rang, ce besoin de participer à cet élan, cette marche,
cette démarche collective a t-il un fondement évangélique?


 Les rappels des célébrants au moment de la communion pour que les communiants potentiels s'interrogent sur  ce qu'ils vont faire, vous semblent ils ( s'ils ne sont pas empreints de la
volonté de rejet de ceux qui ne sont pas dans le moule, ou dans la rèle-réglementation) légitimes? utiles? efficaces?


merci de vos avis;



fanfan 31/07/2011 15:15



 


Voici je ce que viens de trouver sur le site canadien Culture et Foi.
Ce développement correspond à l'homélie de ce 31 juillet en rapport avec l'évangile du jour :les 5 pains et les 3 poissons(ennoncé lapidaire).Cette homélie a été faite par le père Fernand
Gravel.
Cela peut apporter un éclairage supplémentaire à mon commentaire.


fanfan.


...."C’est pourquoi, l’Eucharistie est essentielle à la vie de l’Eglise. C’est plus qu’une communion à un morceau de pain, le dimanche matin; c’est se nourrir au
pain des autres, pour nourrir les autres de notre pain. De plus, il ne devrait jamais avoir d’exclus à la table de l’Eucharistie. Ce sacrement ne peut être réservé aux parfaits ni à une élite; au
contraire, plus on est poqué, blessé, meurtri par la vie, plus on a besoin de se nourrir de ce Pain de Vie, afin de pouvoir nourrir les autres."


 Raymond Gravel ptre


Diocèse de Joliette(Canada)


… Voici un commentaire d’un théologien français : Patrick Jacquemont :


 «  Telle est la multiplication de l’Eucharistie quand est prononcée la bénédiction et rompu le pain. Les communautés chrétiennes
quand elles se rassemblent doivent pouvoir demander le partage du pain et du vin. Que les disciples d’hier et les ministres d’aujourd’hui n’y fassent pas obstacle. La richesse qui leur est
confiée est pour tous. Ce n’est pas un trésor à garder pour  les privilégiés, mais un festin auquel tous sont invités, hommes, femmes et enfants. Le désert a fleuri, le
banquet est servi.



Passant 31/07/2011 13:44



Bien d'accord avec Jean Cassien et vous, Fanfan !
J'imagine mal Jésus en train de confesser ses apôtres avant la Cène !
L'Eglise a manié la peur pendant des siècles en faisant une récompense du viatique de l'Eucharistie, pour maintenir les ouailles sous son joug et maintenant les ouailles se sont envolées...
Je me souviens de ce qui me scandalisait quand j'étais jeune enfant de choeur (dans les années 50...) : de nombreuses personnes se confessaient pendant la messe (ce qui était déjà me
scandalisait) et j'avais remarqué qu'il y avait une  lutte muette entre les impétrantes à la confession : c'était à celle qui arriverait à se confesser exactement au moment voulu pour sortir
du confessionnal et aller directement à la "sainte table" pour être sûre d'être en état de grâce. Je pensais, avec l'esprit critique qui m'habitait déjà, que l'idée même de cette lutte était en
elle-même un péché ! Et je rigolais en douce en pensant que celle qui gagnait n'était donc déjà plus en état de grâce !



fanfan 31/07/2011 10:37



Si la communion est une "nourriture"pour nous , il est tout à fait compréhensif d'en jouir régulièrement pour quelqu'un(e) qui adhère à cette Foi en Christ


.De quel droit peut-on priver un(e) croyant(e) de cela? quelque soit le prétexte invoqué, et là je pense notamment aux divorcé(e)s-remarié(e)s.


Il me semble que Jésus a dit être venu pour les "malades"(si tant est que le divorce est une [maladie]!!!) et  non pas pour les biens portant(e)s...Alors?


Fanfan