L’homme à quel prix ?

Publié le par G&S

Le cardinal Roger Etchegaray publie un nouvel ouvrage 1
aux éditions de la Martinière.
Morceaux choisis

Travail

« Le travail est sans doute un lieu significatif du niveau d’humanité auquel aspire la société. La crise actuelle, hérissée d’impasses plus que d’issues, pèse lourdement, surtout en Occident et dans les régions postindustrielles. L’homme sans travail est un homme mutilé dans sa personnalité et ses solidarités. Cette blessure se ressent à tout âge et à chaque échelle de la société, mais elle se fait plus intolérable pour un jeune qui est chômeur avant même d’avoir travaillé. »

Cardinal-Etchegaray.jpgÉcologie

« L’écologie n’est pas une mode, un courant politique. Elle est une exigence éthique, un impératif moral qui presse l’humanité pour qu’elle assume ses propres responsabilités. La préservation de la nature a largement dépassé les frontières gardées jadis par quelques mouvements écologistes et une poignée de politiques. Une nature à maîtriser et à exploiter. Une nature à respecter et à entretenir. La fierté de notre époque est d’avoir éveillé une “conscience écologique”. »

Église

« Le chrétien n’est pas un transhumant qui s’éloigne de l’Église lorsqu’elle grelotte l’hiver, pour la retrouver lorsqu’elle refleurit au printemps. Il est l’homme des quatre saisons qui s’interpénètrent dans le temps et dans l’espace. Aucun lieu, aucune époque n’épuise l’Évangile. »

Œcuménisme

« Dans la marche vers l’unité, il ne s’agit pas de se regarder davantage les uns les autres, ni même de se donner plus longuement la main par-delà ce qui nous divise. Il s’agit avant tout de regarder ensemble vers le Seigneur dans une commune obéissance à l’Esprit Saint accueilli de Pentecôte à Pentecôte. »

Paul VI

« Pape moderne, il a osé regarder le monde en lui-même, non plus seulement à partir de l’Église, mais comme le monde se voit lui-même, avec ses audaces, ses risques et ses chances. Qu’on relise son discours tout frémissant à la clôture du Concile : “Je ferme les yeux sur cette terre des hommes, douloureuse, dramatique et magnifique.” Tout Paul VI est dans cette phrase qui figure à la fin de son testament. »

Vatican II

« La miséricorde a du flair, elle excelle à déceler le “muet appel de la misère”. La miséricorde exclut le calcul, le souci de la bonne réputation : un “fils prodigue” a dilapidé sa part d’héritage, son retour à la maison du père valait-il vraiment ce festin qui indigne le frère aîné ? La miséricorde est magnanime, elle ne connaît pas la mesquinerie, elle descend toujours plus bas que ne peut tomber notre misère pour l’effacer à fond. La miséricorde est incorrigible, elle sait qu’il y a des situations sans possibilité de retour en arrière mais avec un cœur nouveau et l’Esprit de Dieu fera le reste ! (…)

On ne comprend rien à la situation présente de l’Église, avec ses ombres et ses lumières, si d’abord on n’a pas compris le véritable enjeu du concile Vatican II : à savoir “désenclaver” une Église en état de siège pour en faire une ville ouverte à tous les appels du monde. On imagine mal ce que serait, sans l’appui du Concile, notre Église qui reçoit de plein fouet les éclats d’une société désagrégée. (…)

À l’heure où le Concile paraît s’éloigner d’un horizon qui, à vrai dire, n’est plus le même aujourd’hui, la seule route praticable est d’y entrer encore plus profondément pour risquer de prendre le large à partir de la lettre et de l’esprit de Vatican II, saisis ensemble. »

Merveilles

« Je pense à la vallée des Merveilles que, jeune évêque à Marseille, j’explorais dans le parc national du Mercantour. Et vous, combien de vallées de merveilles avez-vous parcourues ? Croyez-le, il y en a partout dans le monde, et même sans aller très loin ou très haut, vous pouvez en découvrir dans un coin de votre quartier. 

Que de merveilles nous côtoyons sans les voir, des merveilles gravées sur des visages plus encore que sur des parois rupestres ! Laissez-vous guider par l’Esprit de Dieu. C’est extraordinaire, même les vallées de larmes, Il les transforme en vallées de merveilles. »

Source : La-croix.com

1 – Éditions de la Martinière, 12 euros.

Publié dans Fioretti

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