L’Espérance, jadis et maintenant

Publié le par G&S

Le prophète Élie, épuisé d’une marche où il aspirait à mourir et dans laquelle l’ange de Dieu vint le soutenir, entendit un jour aux confins du désert « la voix d’un fin silence » dans laquelle Dieu se révélait à lui. Il le remettait en chemin, dans ce qui était pour lui la traversée du doute et le temps sombre du désert. Il aurait préféré la fulgurance de l’éclair et le fracas des tonnerres qui un jour emplirent la montagne du Sinaï tandis que Dieu parlait à Moïse. La « la voix d’un fin silence » qu’il perçut lui révélait, contre toute évidence, que Dieu traçait d’autres chemins ; ceux que fraie, justement, la voix des prophètes à travers toute la Bible.

Comme ils le firent au temps de l’Exil à Babylone, où le peuple d’Israël avait vu brûler et tomber le temple, son roi emporté misérablement sur le chemin de l’exil et disparaître aussi la terre qui un jour fut promise mais qui alors sombrait, peut-être pour toujours.

Désormais, au bord des fleuves de Babylone (cf. Psaume 137 ; Ézéchiel 37), l’espérance était morte et le cœur de ce peuple exsangue, en terre étrangère.

Dieu même n’était-il pas mort quand le puissant Mardouk exauçait avec un tel panache l’orgueil de Babylone qui les avait absorbés ?

Dieu pourtant, quand frappe la mort – même brutale – n’a pas dit son dernier mot.

Le Nouveau Testament le montre de façon bouleversante quand il montre des témoins, du même bois que nous, qui reconnaissent et affirment avoir rencontré Jésus vivant, lui qu’ils avaient vu suspendu à un gibet.

Leur vie – les Actes des Apôtres, les épîtres de Paul et des autres le montrent avec clarté – en fut bouleversée au point d’ensemencer l’histoire de cette nouveauté radicale et proprement divine.

D’où vient donc l’espérance aux prophètes et aux hommes quand la mort a semblé l’emporter ?

De la puissance de Résurrection qui est en Dieu et dont il est source. Ainsi les prophètes se levèrent au cours de l’Exil, comme ils se lèvent aussi dans l’histoire qui est la nôtre.

Et des femmes et des hommes, aussi fragiles que tous, affirment à la fois humblement et avec force cette vie plus forte que tout, qui est en Dieu et peut entraîner et bouleverser l’histoire.

Peut-être faut-il relire le Second Isaïe (Isaïe 40-55 et au-delà) ou les chapitres 31 et suivants de Jérémie, ou encore Ézéchiel, et d’autres encore, qui devant la mort brutale (Isaïe 52-53) affirment la victoire à venir de Dieu, déjà à l’œuvre (Isaïe 54).

Car Dieu est fidèle, ce que dit en hébreu le mot « Amen ». C’est ce que chante lumineusement Marie, dans le Magnificat.

Jacques Nieuviarts
Exégète Assomptionniste

Publié dans Réflexions en chemin

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Pierre Locher 07/09/2011 12:22



J'ai beaucoup apprécié cet appel (et ce rappel) à l'espérance de Jacques Nieuwiarts, et je trouve lumineux, pour reprendre son expression, le lien qu'il fait entre Marie et les prophètes. On est,
Dieu soit loué, très loin d'une certaine mariolatrie .


Merci Jacques Nieuwiarts.