Famille : François consultera le monde

Publié le par G&S

Divorcés remariés, homosexualité, contraception…
À travers 39 questions ouvertes, l'Église veut évaluer son enseignement doctrinal

François veut trouver une solution pour mieux accueillir les divorcés remariés dans l'Église catholique.

Il a convoqué pour cela un synode, c'est-à-dire une réunion mondiale d'évêques et d'experts sur le thème général de « la famille » qui se tiendra en deux temps :

- octobre 2014 où seuls des évêques siégeront pour dresser l'état de la situation ;

- octobre 2015, une session élargie à des experts et à des laïcs avancera des solutions concrètes.

Mais il faudra attendre 2016 pour voir d'éventuelles réformes de la doctrine de l'Église dans le domaine de la sexualité, du couple et de la famille.

D'ici là, et selon une méthode classique de préparation de tous les synodes romains, une enquête mondiale a été lancée mardi vers tous les pays du monde où l'Église catholique est présente.

Objectif : évaluer l'influence de l'enseignement doctrinal sur ces sujets chez les catholiques mais aussi percevoir l'image qu'il donne à l'extérieur de la communauté. L'idée directrice, une fois que cet inventaire sera réalisé, est d'adapter si nécessaire cet enseignement mais surtout de l'expliquer avec davantage de pertinence tant aux fidèles qu'à ceux qui se tiennent « aux marges », selon une idée chère au pape François.

Dans cette optique, le dossier des divorcés remariés – qui n'est pas une idée fixe du Pape mais une commande des cardinaux électeurs avant son élection – pour prioritaire qu'il soit, n'épuise pas la substance des 39 questions précises posées par le Vatican.

Tout y passe en effet, et sans tabou, autre marque du pape actuel.

Ainsi de la contraception, ainsi de l'homosexualité où quatre questions explicites sont posées à propos des « unions de personnes du même sexe », tête de chapitre de l'enquête, au même titre, par exemple, que « le mariage selon la loi naturelle ».

- La première question porte sur l'état des lois civiles sur les unions homosexuelles dans le monde.

- La seconde, sur « l'attitude de l'Église » vis-à-vis des homosexuels.

- La troisième demande « quelles attentions pastorales est-il possible d'avoir vis-à-vis des personnes qui ont choisi de vivre selon ce type d'unions ? »

- Quant à la dernière elle donne l'impression d'une reconnaissance de fait de ce contre quoi l'Église s'est frontalement opposée jusque-là : l'adoption pour les couples homosexuels : « Dans les cas d'unions de personnes du même sexe qui ont adopté des enfants, comment se comporter pastoralement en vue de la transmission de la foi ? »

Même ouverture pour les sept questions touchant les divorcés remariés.

Le chapitre est intitulé « les situations matrimoniales difficiles ».

- Après une enquête sur l'ampleur du phénomène, Rome demande si les couples concernés ont «conscience» de leur « irrégularité » ?

- En « souffrent »-ils ou le vivent-ils dans « l'indifférence » ?

- Interrogations également sur les « demandes » précises que ces couples adresseraient à l'Église.

- Et, question clé pour savoir si « l'allégement » et « l'accélération » des procédures de « déclaration de nullité » du lien du mariage – une idée du pape François – apporteraient une « réelle contribution positive » à ce problème.

Jean-Marie Trénois
pour Lefigaro.fr

Publié dans Signes des temps

Commenter cet article

Francoisjean 28/11/2013 12:09


Maurice Zundel a écrit : » LE MYSTERE DE L'EGLISE (Maurice Zundel  Le Caire 1961)


“..C'est un très grand poète qui a écrit : " Toute connaissance digne de ce nom est une connaissance nuptiale "
(Coventry Patmore). En effet, comme la connaissance est une naissance de l'esprit et de tout l'être à la vérité, comme la
vérité est elle-même Quelqu'un, la connaissance suit la loi et les relations entre personnes et il est impossible qu'une intimité soit connue autrement que par une intimité.


Nous évoquions le cas de Galilée, de Descartes et de Newton et nous remarquions que ces grands génies avaient été tentés à
certains moments en revendiquant férocement la priorité de leur découverte, qu'ils étaient tentés de s'annexer la vérité, d'en faire une propriété et cette attitude était évidemment détestable et
eût compromis toute l’œuvre de leur génie s'ils y avaient cédé tout entiers car, dès le moment où l'on veut
faire de la vérité sa propriété personnelle, on la réduit à une recette de fabricant, de commerçant ou de cuisinier.


Justement, ce qui est essentiel dans la Vérité, c'est la circulation d'une présence qui ouvre en nous un espace et qui nous
transforme en lumière. Au fond, tous les savants, dans les heures créatrices, rendent témoignage à cet appel et, lorsqu'ils essaient de nous faire la confidence des heures étoilées qui les
amènent au seuil de leurs plus grandes découvertes, ils en parlent comme des mystiques. Il y a là Quelqu'un en qui ils se perdent. Il y a là une Présence qui les aimante et qui les comble. Ils
éprouvent justement qu'ils naissent à eux-mêmes en naissant au cœur de cette lumière et tous pourraient contresigner le mot que je viens de citer de Coventry Patmore : " Toute connaissance digne
de ce nom est une connaissance nuptiale. "


Cette connaissance nuptiale d'ailleurs est une connaissance virginale puisque pour concevoir la vérité, il faut justement être en
état de transparence et de pureté, ce qui est la même chose de dire qu'il faut être en état de désappropriation et en esprit de pauvreté.


Il est indispensable de se souvenir de cette condition essentielle de la connaissance pour entendre le mystère de l'Eglise, car
le mystère de l'Eglise se centre naturellement sur la personne de Jésus-Christ et suppose que toute vérité est contenue dans la personne de Jésus-Christ. Or il est impossible de concevoir que
toute vérité soit contenue dans la personne de Jésus-Christ s'il ne s'agit pas, précisément, d'une connaissance de personne à personne, d'intimité à intimité, en un mot d'une connaissance
nuptiale et virginale tout ensemble.


Car précisément la Vérité, dans la mesure où elle devient source de vie, dans la mesure où elle nous personnifie, dans la mesure
où elle fait de nous une valeur universelle et un bien commun cette Vérité n'est pas formulable - du moins elle ne peut pas entrer dans une formule indépendante de la personne.
C'est la personne qui éclaire
le langage et non pas le contraire….”


 


Lorsque je regarde la Croix, sacrement incompréhensible par les religions d’alors, je vois un Homme qui se dit
« Passage obligé entre Dieu et L’Homme ». Je ne peux voir Dieu sans voir l’Homme, je ne peux voir l’Homme sans voir Dieu…Le langage du « bon larron » l’a fait passer de
l’intimité de l’homme à l’Intimité de Dieu ; Celui du « mauvais larron » l’a fait rester dans l’intimité de l’homme. Oh ! ce n’est pas une tare, bien sûr….mais est-ce bien
notre Vocation, notre Mission….Ne gaspillons-nous pas ainsi les « talents » qui nous ont été confiés ? Cela fait 52 ans que Maurice Zundel a écrit ce texte !! (dont je ne vous
présente qu’un extrait)


Quand prendra-t-on l’Incarnation au sérieux ? Merci au pape François d’essayer


Amitiés     Francoisjean

Francine Bouichou-Orsini 28/11/2013 09:25


Quelques mots en relation avec le dernier commentaire de Pierre Locher.
L’évaluation du nombre de catholiques dans le monde en 2013 émane tout simplement d’une source commune d’information (Google), source dépourvue de toute intention triomphaliste.
Ce nombre vous apparaît peu significatif… ? S’il atteste la survie exceptionnelle d’une institution aussi peuplée, durable et dispersée dans le monde, il invite aussi ses membres à considérer les
risques de dérives inhérents à toute institution aussi lourde et ancienne ; et parmi ces dérives : les tendances hégémoniques.
Il appartient alors à ses membres de les dénoncer, chaque fois qu’ils tendent à se manifester. Ici même, en Avignon, l’Évêque du lieu, particulièrement autoritaire, a pu le
constater. Mais son autoritarisme ne trouble pas le fonctionnement de rencontres œcuméniques régulières entre les Églises sœurs locales (catholiques, protestantes et orthodoxes), ni le
fonctionnement d’une association nommée « DIRE » qui organise régulièrement des séances de dialogues inter-religieux (chrétiens, juifs, musulmans, hindouistes, bouddhistes). Au sommet, le pape
François affiche un grand respect à l’égard des autres, situés à la  périphérie de sa propre institution.

Pierre Locher 26/11/2013 22:10


 


Dont acte : mes propos étaient un peu vif, mais dès que je sens une tendance à l'hégémonie, et pour tout dire au
triomphalisme de l'institution catholique (1, 196 milliards de catholiques ...sur quelle base ?), je deviens un peu...protestant. Reconnaissons que ce réflexe a la vie dure dans les esprits
catholiques et que Vatican II n'a pas permis d'en venir à bout. Les églises protestantes, anglicanes ou orthodoxes, sans oublier celles du Moyen-Orient, sont peut-être des églises sœurs, mais
j'ai l'impression que pour un certain nombre de catholiques, l’essentiel est qu'il y ait, sinon une église mère, du moins une « grande sœur »...


Mais à bien y regarder, ce n'est peut-être pas tout à fait dû au hasard, car si l'on se réfère aux textes conciliaires, on
voit que si des pas ont été faits, on est peut-être resté au milieu du gué. Dit autrement, les compromis passés entre les cardinaux ont conduit à un texte pour le moins ambiguë. Prenons la
constitution dogmatique sur l’Église Lumen gentium et quelques exemples :


...le Seigneur Jésus posa le commencement de son Église en prêchant l’heureuse nouvelle, l’avènement du règne de Dieu
promis dans les Écritures depuis les siècles : « que les temps sont accomplis et que le Royaume de Dieu est là ».


Rappeler que tout commence avec l’annonce du Royaume donne un cadre clair pour la suite : c'est le Royaume qui est
premier, pas l’Église.


...en communiquant son Esprit à ses frères, qu’il (le Christ) rassemblait de toutes les nations, il les a
constitués, mystiquement, comme son corps.


Présenter l’Église dans sa dimension spirituelle, corps mystique du Christ, est incontournable. Mais quand on aborde
l’Église dite « visible », on commence à ressentir un malaise :


Cette Église comme société constituée et organisée en ce monde, c’est dans l’Église catholique qu’elle subsiste, gouvernée par le successeur de Pierre et les évêques qui sont en communion avec lui,
bien quedes éléments nombreux (?!) de sanctification et de vérité se trouvent hors de sa sphère...


Un tour de magie nous a fait passer de l’Église corps de Christ à ...l'institution catholique. On pense bien aux chrétiens
de « seconde zone », mais ils sont « satellisés » autour de la sphère catholique …


Dans le chapitre 13 est abordé la « catholicité » (guillemets dans le texte) du Peuple de Dieu : pas de
problème si l'on entend par là son universalité, la notion de Peuple de Dieu offrant une marge d'interprétation assez grande.


Mais le chapitre 14 ne parle plus que des fidèles catholiques et ... au chapitre 15 patatras ; son titre est un programme à lui
seul : Les liens de l’Église avec les chrétiens non-catholiques !


Les choses sont claires : les chrétiens non catholiques ne font pas partie de l’Église. A force de ménager la chèvre
et le chou, on tombe dans une absurdité.


Cela me conforte dans l'idée que Vatican II n'est pas achevé et qu'il reste à traverser la deuxième moitié du gué.
Heureusement, le pape François est peut-être en train de nous montrer l'autre rive...


Pierre Locher

Francoisjean 26/11/2013 17:06


Si on voulait bien lire un peu d’histoire, on se rendrait vite compte que le courant disons, « autoritaire » de l’Institution a longtemps reposé sur une nécessité politique qui
s’imposait à l’empereur romain : avoir une paix civile à l’intérieur de son empire face à la « menace barbare » qui s’intensifiait aux frontières. Il dut donc convoquer des
conciles et privilégier une tendance par rapport à d’autres et, ensuite sanctionner, avec la complicité de « Rome » les dissidents en utilisant souvent ses propres forces armées. La
politique des Etats Pontificaux, après la chute de l’empire romain a toujours été de se trouver un « empereur d’occident » pour de simple raisons de sécurité. Le pape oignait rois et
empereurs, qui, en échange lui assuraient la sécurité et diffusaient dans leurs états une morale, malheureusement pas toujours d’essence évangélique. Mais celle-ci assurait la cohésion de l’état
et le règne de son souverain.


Durant son évolution, l’humanité a pris conscience que ce système n’était plus viable, et que les guerres entre souverains « cousins » devaient être dépassées. Parallèlement, un lent
travail en profondeur de philosophes, de penseurs divers, et d’une partie du clergé fit émerger une notion de respect, de dignité de la Personne. Notons, par exemple que l’Eglise est à l’origine
du mariage par consentement mutuel. Mais aussi de grandes découvertes telle que le modèle du « big bang », conçu par le père G.Lemaître…..


Au total, la coexistence d’un courant « autoritaire et d’un courant humaniste a été constant dans l’histoire de l’Eglise. Il faut cependant déplorer que la défense de la « Vérité »
a été grevée de nombre de millions de morts inutiles.


Le père Jean Dujardin nous avait dit que si la religion Juive était encore si vivante, c’était sans doute parce que nous n’avions pas tout appréhendé de la Révélation ». C’est dire que
chacun est toujours porteur de la Parole et que ce n’est pas en éliminant un courant sous quelques prétextes que ce soient, que l’on va parvenir à une « soi-disante unité ». Unité
n’a jamais voulu dire uniformité. Si Dieu avait souhaité une humanité uniforme, Il aurait crée des robots !


Un savant célèbre dit à Maurice Zundel : « Mon père, je ne crois pas en Dieu »…Aucune importance, répond MZ, mais, croyez-vous en l’Homme.


Le bon larron, la tête farcie des vociférations de son complice, s’aperçoit de la demande de Pardon que Jésus adresse à son Père pour tous les hommes….cela lui fait prendre conscience de ce qu’il
est et de ce qu’Il est….distance infinie et pourtant distance si faible…quelques mètres !


Luc 23 :42-43


42  Et il disait : « Jésus, souviens–toi de moi quand tu viendras comme roi. »


43  Jésus lui répondit : « En vérité, je te le dis, aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis. ».


Seul l’Amour sait pardonner. Le Pardon est la seule chose à défendre pour vivre notre Foi.


 


Amitiés    Françoisjean

Francine Bouichou-Orsini 25/11/2013 09:40


Réponse au commentaire 18 de Pierre Locher
Les Eglises protestantes, orthodoxes, anglicanes, catholiques sont toutes des Eglises chrétiennes, et à ce titre : des Eglises sœurs. Chacune a besoin d’être
organisée en institution, laquelle leur donne une colonne vertébrale.
Ces instituions ont été diversement remaniées, au cours de l’histoire, dans le temps et dans l’espace.
Toutes font partie de l’Eglise universelle, de nature spirituelle, fondée sur le corps du Christ.
Certes, le caractère de primauté revendiqué  l’Eglise catholique peut susciter des résistances… Mais nous avons beaucoup avancé depuis la rencontre d’Assise et devrions
continuer dans ce sens.

M-O 24/11/2013 18:28


http://www.vatican.va/roman_curia/synod/documents/rc_synod_doc_20131105_iii-assemblea-sinodo-vescovi_fr.html


Réflexion de M-O au sujet de ce questionnaire pour le synode sur la famille d'octobre 2014.


1/ Formidable de le mettre en ligne… Mais l'élaboration de ce questionnaire aurait demandé une consultation des personnes intéressées
c'est-à-dire des familles ou pseudo-familles, des pères, des mères, des enfants etc.


2/ Je ne connais aucune famille qui suivent l'enseignement de l'Eglise pour former leur famille. Je ne connais aucune famille où il n'y a pas
de divorce ou séparation.


3/ Je connais beaucoup de famille où les conjoints ne sont pas mariés et ont des enfants. Ses enfants peuvent être issus des unions
précédentes et/ou de la nouvelle union. On appelle cela des familles recomposées mais ce n'est pas toujours une réussite.


4/ Pb : un enfant vient au monde et l'on refuse le baptême à l'enfant car les parents sont divorcés et forment un nouveau couple. L'enfant
attendra de faire lui-même la demande. S'il le fait à l'âge adulte, on pourra encore lui refuser le baptême car il vit avec une personne de même sexe ou parce qu'il vit maritalement avec une
personne d'un autre sexe mais n'est pas marié.


Cette personne s'adressera éventuellement à d'autres églises qui sauront l'accueillir.


5/ Pb : Un enfant est inscrit à l'école catholique. Il veut participer à la catéchèse. Pas de pb. Il prépare sa 1ère communion –
car il a été baptisé quand il était petit –  et  le jour de la cérémonie, il découvre que papa et/ou
maman ne peut pas communier comme lui. Cet enfant est en droit de se demander pourquoi on rejette son père ou sa mère de la sorte alors qu'il a lu dans les évangiles, il entendu au catéchisme,
que Jésus ne rejette pas mais accueille, guérit et libère. Il va peut-être se demander si le Seigneur l'aime vraiment puisqu'Il rejette papa/maman. Comment va-t-il accorder sa confiance quand il
va constater une telle incohérence ? Comment va-t-il être capable de mettre de la cohérence dans sa propre vie ?


6/ Je connais beaucoup de jeunes ou moins jeunes qui rêvent d'une vraie vie de famille où l'on s'accueille, où l'on s'écoute où l'on a le
souci des autres et où la solidarité n'est pas juste un mot de vocabulaire.


A propos de vocabulaire : on entend souvent "créer une famille", autrement dit on ne fonde plus
une famille.


 


7/ L'enfant n'est plus perçu comme un don. C'est un droit ! On a droit à l'enfant comme on a droit à la sécurité sociale. D'ailleurs, on ne
dit plus : "avoir un enfant", on dit : "faire un enfant". Il n'y a plus de "transmission de la vie" mais on entend communément des pères et des mères qui "donnent la vie", expression qui remplace
souvent : "mettre au monde". On choisit d'avoir un enfant ou pas, au moment le plus opportun. On "programme" d'avoir un enfant…


8/ Je connais des jeunes, issus de familles recomposées et de parents divorcés, qui n'aiment pas les "cathos" car ils ne peuvent s'inscrire
dans le même schéma de famille. Ils se sentent rejetés car trop différents de ceux qui sont dans la norme "catho".


 9/ Moi-même je me pose souvent la question : si un couple vit maritalement puis se
sépare, forme un nouveau couple et par la suite se marient avec cette nouvelle personne. Ces gens-là peuvent se marier à l'église alors que ceux qui sont tout de suite allé à l'église pour se
marier – se donner le sacrement de mariage – et qui ensuite ont divorcé, ceux-là sont "condamnés". Le pire, c'est lorsque l'un des conjoints, éventuellement violenté, se retrouve abandonné et
sans ressource et que ces yeux pour pleurer. Si par bonheur, cette personne arrive à s'en sortir, à se reconstruire et mener à nouveau une vie de couple avec une nouvelle personne, elle portera
toujours comme un boulet au pied le souvenir des pires moments de son existence car l'église lui refusera une seconde union et de communier au corps du Christ ressuscité ! Car communier n'est-ce
pas faire corps du Christ ressuscité, témoigner que la résurrection n'est pas juste un mot la VRAIE VIE donner par le Christ vainqueur de la mort ?
Même si c'est le Seigneur lui-même qui a ramené et soigné cette brebis, l'Eglise lui refuse d'acter le fait que le Seigneur prend soin de ces brebis et qu'il dit : "Vas, TA foi T'a sauvé / Vas et
ne pêche plus" Mais comment dire "Vas et ne pêche plus" à quelqu'un qui est une victime de la violence humaine ? C'est une vraie question et il faut s'y atteler, c'est le premier devoir du
Chrétien.


10/ Il existe de plus en plus souvent, à cause des conditions économiques, des couples qui continuent de cohabiter ne pouvant se permettre,
pour des raisons financières, de divorcer ou de se séparer. Le risque de violence est grand. Le divorce ou la séparation qui pourtant peut-être salutaire, est dans certains cas, un luxe que l'on
ne peut pas toujours s'offrir !


11/ Au sujet du sacrement de réconciliation : Je me demande souvent pourquoi demande-t-on à des personnes qui sont des victimes de se
"réconcilier" ?! Une victime doit d'abord être accueillie et reconnue comme victime pour qu'elle puisse se reconstruire et renouer avec la vie.


12/ Je comprends que des couples qui étaient mariés et qui veulent envisager de contracter un nouveau mariage avec sacrement demande "la
nullité" mais alors qu'en est-il des enfants ? Comment peut-on "annuler" des enfants nés d'une première union ? Ce mariage a bien existé et les enfants sont nés… Non non et non, on ne peut pas
dire que c'est "nul" et faire comme si … Les enfants sont à prendre en compte. Il faut que l'on arrive à percevoir que l'humain étant imparfait, à l'image et à la ressemblance de Dieu mais un
être qui a des limites, qui se heurte à sa finitude – qui est sa condition humaine, fait des erreurs, des fautes ! Mais heureuse faute ! Qui nous fait nous tourner vers le Père en disant "Abba !"
Et c'est Lui qui relève. Il faut que l'Eglise acte le relèvement du Christ, le reconnaisse Lui Vivant. Le dernier acte n'est pas la mise au tombeau mais le tombeau ouvert et vide ! Ouvert à la
Vraie Vie. Non, la mort n'a pas le dernier mot.


La meilleure solution, c'est celle vécue chez les orthodoxes et surtout traiter les personnes au cas par cas ! Le Seigneur nous connait chacun
de nous, par notre nom !... En terme biblique cela donne : "nous pénètre par l'appel qui nous fait au plus profond de notre être". L'expression est puissante !

Michelle D. 24/11/2013 16:37


Cher voyageur, je suis navrée des réactions des parents de votre filleule, mais l'inverse peut arriver: dans ma famille, une jeune femme dont les parents sont catholiques, n'a eu aucun souci à
faire accepter son union homosexuelle, tandis que les parents de sa compagne , athées convaincus, ont totalement rejeté celle-ci...je pense que la religion n'est qu'un PRETEXTE COMODE pour
justifier les phobies. Et pour avoir étudié la psychanalyse, je peux vous dire que souvent, le parent de même sexe est le plus rejetant car cela le ramène à la bisexualité originelle de tout être
humain: "moi aussi, j'aurais pu aimer un autre homme/une autre femme...et cela , c'est intolérable!

Pierre Locher 22/11/2013 16:21


Merci pour les protestants, orthodoxes, anglicans et autres qui, si je comprends bien, ne font pas partie de l'Eglise ?! Vous répondez à une partie des questions que je posais...


Pierre Locher

Francine Bouichou-Orsini 20/11/2013 08:44


Pleinement d’accord avec ce dernier commentaire de Robert Kaufmann. D’ailleurs,  je ne crois pas  qu’il existe une autre institution : dotée d’une telle longévité (plus de 2 000 ans),
capable d’avoir su dépasser de nombreuses crises historiques, aussi peuplée (plus de 1,196 milliards,) et aussi largement aussi répandue dans le monde…
Nous pouvons y voir le signe de son origine divine.

Robert Kaufmann 18/11/2013 21:32


Je me vois un peu obligé de revenir car, moi aussi, un peu étonné de ce que je lis.


Si la FOI est une relation unique, personnelle à chacun, avec Dieu, l'INSTITUTION, comme sa racine y invite, c'est l'installation, l'action,l'organisation, l'enseignement....Sinon, effectivement,
chacun retourne chez lui avec sa Bible sous le bras, s'assoit et l'interprète à son gré.


L'institution, c'est d'abord le cordon ombilical qui nous relie aux Testaments. Sinon, qui nous en parlerait? C'est ensuite de longs siècles de réflexions, d'échanges, d'interprétations; ce que
les Juifs appellent l'enseignement talmudique. C'est l'organisation de nos rencontres sur le plan de nos célébrations communes, de nos échanges, qui nous permettent d'avancer dans l'intelligence
de la foi.


Imagine t-on une Nation sans Constitution ? Une élection démocratique sans partis politiques ? Un enseignement sans écoles, publiques ou privées, sans programmes??.....


En outre, on ne peut réduire la présence de Jésus dans les synagogues de l'époque aux marchands chassés. Il y a parlé de "la maison de son Père" et y a longuement enseigné.      
                                                       
                 Même si la plupart d'entre nous sont convaincus des réformes profondes qui restent à faire, ne soyons pas injustes envers l'évolution
de ces 60 dernières années. L'oecuménisme et les rencontres inter-religieuses ont fait un bond en avant tel qu'on n'aurait même pas songé espérer au début du siècle dernier. Non seulement les
haines fratricides ont disparu mais nous avons appris à nous rencontrer, nous connaitre, travailler ensemble.


Il faut sortir de nos tanières à ronger nos rancunes; nous méler au petit peuple judéo chrétien en marche qui nous invite à accélérer le pas !!


Robert Kaufmann

Francine Bouichou-Orsini 17/11/2013 17:52


« Je suis toujours aussi étonné que l'on accorde tant d'importance à une institution, fût-elle religieuse, soit pour la dénigrer, soit pour l'encenser » écrit Pierre Locher. Mais
pourquoi faudrait-il s’interdire d’exprimer tout désaccord
?                                 
                                 Lorsque les critiques
émanent de membres de l’institution jugée, leurs interventions me semblent  tout à fait légitimes. Ainsi, je citerai à propos de jugement raciste, le blâme porté sur deux paroisses
parisiennes, de la part de plusieurs responsables : Mgr J-M. di Falco Léandri, des journalistes chrétiens (tels, A-Savard, P. de Plunket, le Pasteur Laurent
Sclumerger.     
Universitaire jadis, en tant que responsable syndicale j’ai souvent été amenée à critiquer l’université, locale ou nationale. Je je me comporte de la même manière à l’égard de l’Eglise catholique
dont je suis membre, chaque fois que j’estime qu’elle entre en contradiction avec sa mission.

Pierre Locher 17/11/2013 11:43


 


Je suis toujours aussi étonné que l'on accorde tant d'importance à une institution, fût-elle religieuse, soit pour la
dénigrer, soit pour l'encenser. Il est vrai que quelques siècles de cléricalisme ont pu déformer notre jugement, mais un sain(t) retour à la lecture des Écritures devrait nous ouvrir les yeux sur
ce qui est essentiel et ce qui parait second, voire secondaire.


 


Jésus de Nazareth a-t-il fait de longs discours sur les institutions de son temps ? Je n'en ai pas l'impression, et
j'ai plutôt le sentiment qu'il les a, non pas ignorées, mais fortement relativisées. Il a fréquenté la synagogue et même le temple, mais il en a chassé les marchands, ce qui lui a valu les
foudres d'une autre institution, le sanhédrin, et ...sa condamnation à mort. Ni pour, ni contre les institutions, il était plutôt ailleurs et parlait de tout autre chose : du Royaume de son
Père. Il n'a pas dit l’Église est ici, mais le Royaume est déjà là, il est parmi
vous.


 


Pourquoi continuons-nous à véhiculer cette image cléricale de l’Église, réduite à
l'institution catholique ? Pourquoi confondons-nous Église et Vatican, voire Église et curie romaine ? Certes l’institution catholique a été prégnante en Europe pendant des siècles,
mais Vatican II aurait du porter ses fruits et nous inciter à respecter un peu plus les autres ...églises.


Je me permettrai de renvoyer à une théologienne que j'ai déjà citée sur
G&S : Marie-Christine BERNARD. Il nous faut sans cesse revenir à la distinction entre les églises (nombreuses et variées, c'est le moins que l'on puisse dire) et l’Église,
communauté en marche des disciples du Christ, selon cette théologienne de tradition ignacienne (comme un certain
François...).


Si l'on se pénétrait de cette définition, je pense que bien des débats paraitraient
inutiles.


 


Pierre Locher

Robert Kaufmann 16/11/2013 23:36


Cher Voyageur,


Vous avez, vous aussi, exercé votre libre arbitre et nous n'avons pas à juger des positions qui sont les vôtres aujourd'hui.


Mais il vous est difficile d'admettre en même temps les monstruosités dont l'Homme est capable et d'affirmer votre"foi en Lui"...                  
                   N'est-il pas préférable de faire confiance en la communauté humaine , qui a éprouvé le besoin de s'organiser en institutions.
Et vous connaissez, vous, une institution humaine (parti politique, loge maçonnique, conseil d'administration d'une multi nationale, association humanitaire ....) qui soit sans défauts ?? Quand
vous dites qu'une institution ne peut se réformer d'elle même par l'intérieur, c'est faire injure à Jean XXIII et ses successeurs. Ceux d'entre nous qui sont plus près de la centaine que de leur
naissance admettent ne pas reconnaitre l'Eglise qu'ils ont connue enfant. Mais on pourrait en dire autant des petits enfants de Mao, de Staline , de Ben Gourion, de Geoges Washington...


Moi, je suis convaincu qu'il est préférable de mener le combat de l'intérieur plutôt que se retirer sur sa montagne, laisser la place aux extrêmistes," jeter le bébé avec l'eau du bain"...


En outre, quand vous dites que les hommes du Vatican ne connaissent pas le doute, vous faites la sourde oreille. Lisez simplement SUR LA TERRE COMME AU CIEL (Robert Laffont 2013) dialogue entre
Jorge Bergoglio (  le Pape François) et le Gd Rabbin Abraham Skorka.Ils font tous deux l'éloge du doute. Mais, bien sûr, quand le Pape parle en s'adressant à 1,8 milliards de Chrétiens, il
ne va pas dire=..."mais, vous savez, ce que je vous dis là, j'en suis pas bien sûr moi-même !..." Pas plus que Mr Hollande ne peut prendre la parole à la Radio en disant"...Chers compatriotes,
nous allons droit dans le mur".....          Soyons RÉALISTES !


Néanmoins cotrdialement vôtre,


Robert Kaufmann

Le Voyageur 16/11/2013 16:25


Cher Robert Kaufmann, contrairement à vous semble-t-il, je crois à la puissance et la force des témoignages constatés et réels. Tant que les prélats romains enfermés au Vatican ne descendront pas
de leur piédestal pour rejoindre la réalité des personnes humaines et réaliseront de leurs yeux et dans leur chair personnelle, ( - ce qui n'est pas demain la veille… - ) les conséquences sur les
consciences humaines légitimement troublées, voire piétinées par leurs positions officielles ecclésiastiques, ces prélats hiérarques et décideurs seront comparables aux paroles que Jésus
adressait ouvertement à leurs homologues de ce temps-là… Inutile de citer vous connaissez mieux que moi ce qu'il pensait de ces sépulcres blanchis…


 


Pour ma part, n'ayant plus l'âge des combats d'arrière-garde, j'ai délibérément quitté la Sainte Église Catholique il y a des années. Je n'attends rien d'elle, je ne crois pas à la possibilité
pour une institution de se réformer d'elle-même de l'intérieur, à partir du moment où elle s'est totalement réifiée, ayant abandonnant de longue date l'altérité, avec la triste certitude de
détenir la vérité des vérités sur tout.  (je rejoins ici les lois de groupes bien connues et développées par les sociologues de renom). Je n'ose dire qu'elle a trahi le message évangélique
dont elle est dépositaire, mais je le pense…


 


Vous évoquez le doute : Pour le coup voilà une institution qui, à son sommet, ne doute de rien ! Jamais ! Le pape actuel tente de brouiller quelque peu la fourmilière vaticane, mais et pour
parodier l'adage bien connu de la haute administration : les ministres passent, nous on reste… Il est possible de dire : les papes passent… La Curie demeure…


 


La "consultation" du pape actuel fera-t-elle que le Vatican changera ses positions dogmatiques, morales et religieuses sur les sujets cités ? Permettez-moi d'en douter ! Tout au plus on aura
droit à un discours alambiqué, jésuitique (forcément), patelin et doucereux  plus que miséricordieux, à l'habileté cauteleuse….


Je prends le pari ! 


 


Je vous rejoins dans vos propos finaux, le doute est une nécessité absolue pour qui cherche Dieu, car nul ne le trouve dans les certitudes terrestres. Le pire, c'est que tous les grands mystiques
l'ont démontré, que leurs noms figurent au Panthéon du Vatican, mais que leurs écrits se doivent d'être édulcorés… Trop dangereux ! Pensez donc : il serait possible accéder au divin sans passer
par la Sainte Église Catholique ! Voilà bien le fonds de commerce mis à mal… (Acceptez ce trait ironique…) Pour être plus sérieux : puisse le doute ne jamais me quitter, pas plus que ma foi en
l'homme malgré les horreurs qu'il commet…


 


Autrement dit, Jésus n'étant pas assigné à résidence dans l'église catholique, depuis que j'ai quitté cette institution,  mon maître sans cesse m'interpelle jusqu'au fond de l'âme, et me
donne la force de vie nécessaire aux engagements humanistes qui sont les miens aujourd'hui.


Je sais qu'ici, je suis quasiment "persona non grata", mais qu'importe, je continuerai à dire ce que je pense, au risque de la censure des administrateurs de ce site, dont j'ai fait l'expérience.

Robert Kaufmann 14/11/2013 15:09


Une interprétation unique et officielle de la Bible ? sûrement pas ! Jésus n'a t-il pas dit lui-même "...quand vous serez réunis 2 ou 3 en mon nom"....  Quant à nos"frères ainés dans la
foi", les écoles talmudiques existent depuis des millénaires, au sein desquelles le débat est permanent mais, de plus, il est impensable pour un Juif de s'installer dans une ville où il n'y a pas
de Juifs. Le judaïsme ne peut se vivre qu'en communauté.(Torah)


C'est bien pourquoi la primauté que donne le Voyageur au témoignage personnel, notamment pour les judéo-chrétiens à travers la Bible, ne me parait pas le moyen le plus efficace pour dynamiser le
dialogue avec la hiérarchie. Surtout si on arrive à tirer d'un fond de tiroir le cas d'un prêtre ayant abusé de son influence pour pousser quelqu'un au mariage. Ce qui reste un cas rarissime. Il
y aurait tant de cas d'élans d'amour, de dévouement, de générosité, voire de sacrifice à citer chez les laïcs comme les prêtres ! et ceci malgré les multiples imperfections de l'Eglise. C'est
pourquoi je parlais de contre-témoignages, parfois dangereux Vs l'opinion publique, déjà très majoritairement déchristianisée. 1,5 à 2 % de Catholiques pratiquants "réguliers"dans le diocèse de
Marseille; un peu plus sans doute en Alsace et en Bretagne...On peut, sans excès de vanité ou de narcissisme, rappeler le grain de sénévé, le levain dans la pâte.


Nos témoignages de vie ne sont pas inutiles dans la mesure où nos oppositions aux dictats de la hiérarchie, très fréquentes sur ce Blog, Francine le sait bien, sont le reflet non d'une idéologie
mais de causes réelles. Mais si nous voulons avancer, créer un dialogue constructif avec Rome, il nous faut bien sérier les problêmes, leur donner une priorité, les faire avancer l'un après
l'autre. L'opposition globale n'a pas de sens.


Et aussi le manichéïsme !  Est-on condamné, si on est soi-même séparé, à renoncer à l'idéal "un homme; une femme pour la vie"?? Doit-on aujourd'hui s'excuser de n'avoir pas eu de relations
homo-sexuelles??                              Voilà quelques décennies que je m'entends traiter de sulfureux au sein de
l'Eglise Catholique par les Uns, de traditionnaliste par les Autres . De dangereux gauchiste par Certains; de parfait réactionnaire par d'Autres...Cela ne me trouble pas car j'ai le sentiment de
m'exprimer en homme exerçant pleinement son libre arbitre. Je me méfie de ceux qui n'ont jamais varié dans leurs convictions et leurs engagements; ceux qui ne connaissent pas le doute.....


Robert Kaufmann

Francine Bouichou-Orsini 13/11/2013 12:52


Bien que rejoignant le propos général de Robert Kaufmann, je souhaite y apporter une nuance. Il écrit : « Chacun d'entre nous est une petite pierre dans l'édifice Eglise. Elle peut, elle doit
faire entendre sa voix. Mais prenons garde de l'ébranler en joignant notre voix aux militants athées et radicalement anticléricaux avec lesquels elle a déjà suffisamment à faire.». 
Certes, mais aussi prenons conscience d’une autre dérive : si critiquer  l’Eglise catholique favorise  l’anticléricalisme, le chrétien alors  aurait 
comme  seule préoccupation : la défense de l’Institution.
Or, l’Eglise catholique représente autre chose qu’une institution religieuse : Jésus-Christ, avant de quitter cette terre, nous avait promis l’assistance de l’Esprit, rappelé par son Evangile,
l’Esprit dont elle est dépositaire, depuis les Apôtres. Donc, notre objectif principal demeure : la fidélité à l’Evangile, pour chacun de nous, laïc ou clerc.  Le chrétien
est un homme libre et nous pouvons légitiment, critiquer l’institution, chaque fois qu’elle nous apparaît en contradiction avec l’Esprit de l’Evangile, donc susceptible de faire écran, par
rapport aux personnes de « la périphérie ».
Francine Bouichou-Orsini

Marcel Bernos 13/11/2013 09:59


Rép. Au Voyageur (commentaire n° 3)


Nous connaissons tous des cas tragiques et douloureux de divorcés remariés qui ne parviennent pas à se libérer d'une culpabilité longtemps entretenue par l'institution
ecclésiastique, ou étant des croyants souffrant de leur "ex=communication". Nous connaissons tous des homosexuels tiraillés entre leur "état de vie" et leur foi. On ne peut que vous suivre sur ce
terrain du réel. Je suis, en outre, d'accord avec Claudine Onfray (Comm. n° 5) pour renvoyer ces cas concrets vers la hiérarchie, et jusqu'à Rome si les évêques n'assument pas leur fonction
d'intermédiaires entre le peuple de Dieu et ceux qui veulent le guider à l'aveuglette.


Mais pourquoi faire chaque fois, aux internautes qui ne partagent pas totalement vos convictions, un procès d'intention en les figeant dans le rôle de conservateurs rétrogrades,
voire de manipulateurs de " généralités " évitant les vrais problèmes. Je pense que même les conservateurs, que je combats par ailleurs, peuvent sincèrement croire qu'ils défendent la personne,
simplement, ça risque d'être parfois une personne théorique, virtuelle, hors des contraintes plus ou moins fortes de la vie.


Pourquoi faut-il, d'ailleurs, qu'en France face aux problèmes [qu'ils soient politiques, sociaux religieux, culturels…] l'on soit manichéen. Il y aurait d'un côté les bons (nous)
et les mauvais, les intelligents (forcément nous) et les abrutis (les autres), les honnêtes (nous) et les pourris, les évangéliques (nous ?) et les réactionnaires bouffis d'orgueil, de juridisme,
de manque de charité ? Pourquoi ne pas affronter les problèmes dans toutes leur complexité, avec des pour et des contre ?


Exemple : on critique les papes d'être contre l'avortement (et ça le restera probablement avec François). Mais s'attend-t-on à ce qu'ils puisssent être "pour" ? Tout au plus
pourrait-on reprocher aux canonistes de ne faire aucune place au "moindre mal" dans un certain nombre de cas difficiles (ce qui animerait la casuistique injustement condamnée par Pascal) ; et
surtout il a été grave de laisser l'avortement comme seul recours après qu'on ait condamné sans nuance les différents modes de contraception, à l'exception des méthodes dites naturelles
(?), dont on sait le caractère aléatoire. A propos d'Humanæ vitæ, il faut bien constater que ses prescriptions sont parmi les moins observées par les fidèles (sensus fidei).


Quant au mariage : pourquoi était-il impensable de conserver une institution millénaire dans sa définition, y compris celle du Code civil jusque récemment, comme l'union d'un
homme et d'une femme, dans la durée et ne rejetant pas l'idée de procréer des enfants ? On pouvait fonder une structure légale pour la reconnaissance d'un couple de personnes de même sexe
désirant confirmer leur choix et de magnifier leur union ?


 


NB.  : On est toujours l'hérétique (étymologiquement : "séparé par choix") de quelqu'un. Edgard Morin a écrit : « Ce sont les inquisiteurs qui
créent les hérétiques ». Certes ! Plus précisément, c'est l'existence de règles, de normes, de dogmes qui entraînent la séparation de ceux qui les rejettent. MAIS, une société peut-elle
vivre sans règles, sans lois ? Si les règles sont mauvaises, si la Loi crée le "péché", il faut les modifier, les corriger, au risque de créer de nouveaux hérétiques. Et si Morin a raison,
n'oublions pas que les hérétiques peuvent devenir et deviennent souvent les nouveaux inquisiteurs.

Le Voyageur 12/11/2013 18:42


"une certaine perte des valeurs et des repères dans les jeunes générations." ? (Robert Kaufmann). Nos grands-parents disaient déjà cela de nos propres générations. Quand j'écoutais les Beatles,
ma mère disait : arrête cette musique de sauvages dégénérés…


Je crois plutôt que les systèmes de valeurs évoluent au fil des temps. Il n'est pas certain que les valeurs « d'avant » étaient meilleures qu'aujourd'hui. Et puis, il y a des constantes positives
qui traversent les générations.


L'Homme n'est pas uniquement soumis à des dérives permanentes allant de mal en pis. Sauf à désespérer de la création de Dieu, (pour un chrétien) et de l'évolution qui est partie prenante totale
du vivant (selon un démarche pragmatique et d'observation)… Et s'il devait en être ainsi, il me semble que le Salut serait un échec patent… Or il me semble que pour un chrétien c'est le fleuron
de sa doctrine.


 


La fidélité dans le mariage ? L'institution n'a jamais empêché beaucoup d'hommes et de femmes « d'aller voir ailleurs, et même d'y faire des enfants » tout en restant officiellement mari et
femme… Lesquels enfants étaient d'ailleurs considérés par la loi comme « adultérin » ce qui constituait un bel et bien une condamnation civile…


Aujourd'hui la valeur de beaucoup de jeunes couples est "l'authenticité", qu'ils opposent aux pratiques douteuses anciennes. Au début du XXè siècle, La moyenne d'espérance de vie des hommes était
de 48 ans, aujourd'hui bon nombre atteignent 90 ans et plus… L'espérance d'une durée de la relation de couple aussi longue que possible demeure au coeur des jeunes. Je n'en connais aucun qui
aurait comme projet de vie : dans 10 ans on se sépare… Ils ont cependant un réalisme, que l'on peut discuter, mais qui ne les enjoint pas à envisager de vivre 60 ans avec le même
partenaire… 


Est-ce que c'est pour autant une horreur ?


Vous dressez un tableau bien sombre qui ne reflète pas l'espérance chrétienne, mais je me trompe sûrement…


 


Je ne comprends pas bien le sens de votre phrase : «  il suffirait de renvoyer chacun chez lui avec sa bible sous le bras et lui en laisser la libre interprétation... » Y a-t-il donc une
interprétation unique officielle et labellisée de la Bible ? La parole de Dieu  — et surtout les propos et actes de Jésus —  ne peut-elle pas s'adresser personnellement à chacun, avec
les accents qui sont propres à chaque personnalité et, à moins d'être délibérément de mauvaise foi, pourquoi cela serait-il « mauvais »…


N'est-il pas écrit : je t'emporterai au désert et je parlerai à ton coeur.


 


Faut-il opposer une communauté qui peut éclairer, et une pratique personnelle et méditative tout aussi profitable et bénéfique ?

Robert Kaufmann 10/11/2013 23:30


Je suis bien en accord avec cette dernière phrase de ce 6e commentaire.


Mais, justement, l'Homme n'étant pas Dieu, il est soumis à bien des dérives et des passions. Et la plupart d'entre nous, croyants ou pas, se plaignent d'une certaine perte des valeurs et des
repères dans les jeunes générations.


C'est dire que si nous voulons que la hiérarchie catholique soit plus observatrice, plus attentive à l'évolution de la société; qu'elle adopte une attitude plus flexible devant les questions
nouvelles qui agitent le petit peuple de Dieu, cela ne veut pas dire pour autant que sa doctrine  doive se mette à la botte de la VRAI VIE (?) telle que vécue aujourd'hui et dont on ne peut
forcément être si fiers lorsqu'on voit le nombre de séparations, de familles mono-parentales, de familles déchirées, recomposées, de délinquence juvénile....en progression constante.  
                                                       
     Nous l'avons dit, l'Eglise doit rester ouverte, accueillante, compréhensive envers tous et peut-être même un peu plus envers ceux qui souffrent dans la tourmente de leur vie.
Mais elle ne doit pas oublier non plus son rôle pédagogique. Rappeler encore et toujours la Parole et inviter ceux qui se tournent vers elle pour chercher leur chemin, qu'il y a un idéal vers
lequel on doit tendre,  qui demeure UN HOMME, UNE FEMME, DANS L'AMOUR, POUR LA VIE. Un homme, une femme, des enfants que l'on aime, que l'on éduque, en vue de faire de chacun un HOMME, une
FEMME, au sens plein du terme. 


J'ai cheminé aussi durant 17 ans dans les END dans les années 60-70 sous l'impulsion énergique du Père Caffarel. C'était un beau bouillon de culture pour ces jeunes foyers en charge d'enfants !
Les propos y étaient très libres et divers, pas forcément conformistes, mais avec les fameuses OBLIGATIONS ! "Personne n'est obligé d'y rentrer; personne n'est obligé d'y rester. Mais qu'il faut
respecter quand on y est", disait le Père.


Je pense que le développement démeusuré de l'Ego est l'un des maux des temps actuels. C'est la communauté qui nous aide à croire, à vivre, à progresser!  Sinon, il suffirait de renvoyer
chacun chez lui avec sa bible sous le bras et lui en laisser la libre interprétation...


Chacun d'entre nous est une petite pierre dans l'édifice Eglise. Elle peut, elle doit faire entendre sa voix. Mais prenons garde de l'ébranler en joignant notre voix aux militants athées et
radicalement anti-cléricaux avec lesquels elle a déjà suffisamment à faire.


Robert Kaufmann


 

claudine onfray 10/11/2013 08:47


une précision je suis opposée à une nullité du mariage qui engage plus de peines , de souffrances


car cela veut dire pour les conjoints et les enfants que leur histoire n'a pas d'importance


il faut reconnaître que l'homme et la femme ne sont pas Dieu et peuvent se tromper


que toute façon ils sont aimés de Dieu et peuvent communier en conscience éclairée et recevoir le sacrement de réconciliation

claudine onfray 10/11/2013 08:42


oui cela bouge


mais les questions posées sont certes assez diplomatiques mais malgré tout reflètent un autisme  de l'Eglise jusqu'à ce jour........


en effet le rejet complet d'Humanae Vitae qui date des années 1970  est encore un ?


pour avoir été gynécologue connue comme catholique engagée je peux témoigner de l'écart entre la pratique et même un certain traditionnalisme des jeunes ou moins jeunes


mais l'immense problème du Vatican est aussi d'être sous controle de formations comme la fondation Lejeune ou le Cler .........


les catholiques professionnels n'ont aucune écoute jusqu'à ce jour


cela n'est pas étonnant !!puisque la commission remarquable réunie par Paul VI n'a pas été entendue


je pense qu'il faut inonder les évêques de témoignages comme celui d'un des commentaires............il faut qe la vraie vie atteigne Rome ....


il y a bien longtemps un remarquable travail des END ( équipes Notre Dame ) sur un plan mondial n'a pas été entendu et à même fait l'objet d'une enquête auprès des responsables mondiaux


non seulement il faut aller en périphérie mais aussi  chez les baptisés !!!


pour qu'éclate le fossé entre le monde et l'Eglise et qu'elle puisse enfin parler aux hommes et aux femmes de ce temps


 

Robert Kaufmann 09/11/2013 00:20


Sinon des généralités, du moins sérier les questions importantes si on veut avancer. Sinon les 7 milliards d'individus qui peuplent ce monde seront tentés de nous donner chacun son parcours
personnel, puisque chaque personne est unique. Et puis, on en fera quoi ?


La participation active des laïcs à la vie de l'Eglise...et notamment la place des femmes...et pourquoi pas le diaconnat des femmes...l'accès des divorcés remariés aux sacrements...l'éventuelle
redéfinition du mariage et de la famille (auxquelles les gauchistes étaient si hostiles en 68 avant de faire demi-tour...)  la vision de l'Eglise sur le contrôle des naissances,
l'avortement, la PMA.... voire le saccerdoce des hommes mariés dans des conditions à définir...etc


Nous le disons ici depuis longtemps, l'Eglise a pris beaucoup de retard sur l'évolution de la Société; ce qui aboutit à un certain autisme de son peuple Vs les déclarations de la haute
hiérarchie.


Mais nous avons aussi souvent parlé ici d'évolution Vs révolution. L'humanité chemine depuis des millénaires à travers ses épreuves, ses expériences plus ou moins heureuses, ses succès et ses
échecs, ses drames. Aussi a t-elle été amenée à se construire progressivement ses règles de vivre ensemble, ses lois, ses coutumes, sa culture évolutive...


Jeter tout cela par la fenêtre sous prétexte que" chacun doit pouvoir faire ce qu'il a envie de faire"(pour simplifier)  risque de provoquer des chocs en retour imprévisibles. Les pays
totalitaires, le Canada plus récemment, se sont vu obligés de revenir rapidement en arrière après certains virages abruptes.


S'il faut dire quelque chose de personnel =


Une personne très proche s'est mariée à 19 ans à un Anglais qui a commis quelques indélicatesses et, finalement, a disparu (pour réapparaitre 35 ans plus tard...)  Elle s'est donc trouvée
seule avec un enfant à 22 ans. Fallait-il se plier sa vie durant à la solitude sous peine de se voir considérée adultère ? C'est bien sûr absurde et, fort heureusement, la hiérarchie locale
n'applique pas les séches directives qui tombent de Rome.


Une jeune fille qui m'est très proche également s'est installée en couple avec une autre jeune femme. Cela n'a rien changé à sa place dans la famille ni à l'accueil réservé à sa compagne.  
Jusqu'au jour où elle m'a annoncé qu'elles allaient se marier. Ma réaction a été de lui dire que l'on n'a pas à juger de ce qui se passe dans l'esprit et le coeur de quelqu'un, et encore moins
dans la chambre à coucher une fois la porte fermée. Mais le mariage, destiné à construire une famille, est une institution que les Hommes de tous les continents et toutes les cultures ont adoptée
avec des règles dont la similitude donne à réfléchir. Ce n'est pas rien ! Quant aux enfants adoptés dans ces conditions, nous n'en avons pas parlé mais, quels que soient les exceptions, les
conséquences sur le psychisme du futur adulte ne fait guère de doute. Des professionnels se sont prononcés là-dessus sur ce Blog. Je n'y reviens pas.  Le fait qu'il y ait eu un véto pour
l'examen du projet de loi  par le Conseil Economique et Social est significatif.


Je sais que cela ne plaira pas à tout le monde. Mais donnons nous RV dans quelques années.


Robert Kaufmann

Le Voyageur 08/11/2013 10:59


Des idées à exprimer ? dit Marcel Bernos. — Pour ma part, je me contenterai de l'expérience et du testimonial.


Une de mes filleules célèbrera prochainement son mariage homosexuel avec sa compagne de vie depuis 12 ans. Elles ont deux enfants, chacune en a porté un, conçus par procréation assistée en
Belgique où la loi le permet. Deux garçons pleins de vie, un couple aujourd'hui heureux, stable et engagé socialement. Pour les parents de la compagne, cela n'a jamais posé problème. Pour les
parents de ma filleule, catholiques pratiquants tendance traditionnelle, il en fut tout autrement… Rejet total, mépris, condamnation, éloignement, tout cela au nom des principes chrétiens et de
la morale catholique… Pour les soeurs de ma filleule, je dirais que ce fut encore pire, reniements avec des mots d'une épouvantable grossièreté pour ne pas dire abjects… Pour ma part, moi et mon
épouse, furent témoins de la fermeture navrante des parents, et des pleurs de ma filleule qui furent abondants à cette époque-là. De mes propres pleurs aussi.


J'irais fêter leur union, mais je n'y croiserai pas les parents de ma filleule qui sont un couple de nos amis…


 


Concernant les remariés divorcées, je m'arrêterai au cas d'un de mes proches familial, dont je connais bien le parcours. Cet homme était très engagé dans sa paroisse et a beaucoup oeuvré à
l'époque pour les JMJ. Pour des raisons aussi complexes qu'obscures, le prêtre qui était son confident l'a littéralement « poussé » à épouser sa première femme. Ça c'est très mal passé…. Cette
femme avait des troubles de la personnalité et mon proche parent s'était donnée mission de « la sauver ». C'est elle qui s'est sauvée quelques semaines après le mariage, pour les bras de…
plusieurs autres…


Il a fallu 10 années de souffrance aboutissant à un divorce.


Mon proche-familial est aujourd'hui « divorcé remarié », père de famille, heureux et en paix avec sa nouvelle épouse. Ils ont deux enfants.


Évidemment, il ne faut plus lui parler de l'église et des prêtres…


 


Ma modeste contribution sera donc ces deux témoignages.


Bien entendu, on peut ensuite brasser des idées dans tous les sens, les confronter à l'infini. Sans doute ici préfère-t-on des généralités. C'est plutôt cela qu'il m'a semblé lire ici… Mais je
peux me tromper…


 


Pour ma part la personne est toujours première, toujours.


Il m'a semblé qu'il en était ainsi pour Jésus, la personne avant des institutions, des dogmes et des règles…


Mais je suis sans doute considéré comme hérétique....

Marcel Bernos 07/11/2013 09:33


Est-ce que ce ne serait pas dans la vocation de  Garrigues et Sentiers de devenir un relai, modeste mais actif, de cette enquête ? Si l'on considère les thèmes abordés dans ce blog
depuis bientôt 8 ans, je crois que nos lecteurs et nos contributeurs ont des idées à exprimer. 

G&S 07/11/2013 10:06



Ce commentaire suscite une grande joie dans le coeur du blogmestre !


Il va falloir y réfléchir sérieusement : à vos claviers pour des suggestions, amis lecteurs !



Robert Kaufmann 06/11/2013 10:43


Ça bouge doucement, mais ça bouge. Tant mieux !!


RK