Faire l'Église du Christ

Publié le par G&S

Nous aimons notre Église,

avec ses limites et ses richesses

c'est Notre Mère.

C'est pourquoi nous la respectons

tout en rêvant qu'elle soit toujours plus belle.

Une Église où l'Esprit Saint pourra s'inviter

parce que tout n'aura pas été prévu, réglé et décidé à l'avance.

Une Église ouverte.

 

Une Église où il fait bon vivre,

où l'on peut respirer, dire ce que l'on pense.

Une Église de liberté.

Une Église où l'audace de faire du neuf

sera plus forte que l'habitude de faire comme avant.

 

Une Église qui écoute avant de parler,

qui accueille au lieu de juger,

qui pardonne sans vouloir condamner,

qui annonce plutôt que de dénoncer.

Une Église de miséricorde.

Une Église où chacun pourra prier dans sa langue,

s'exprimer dans sa culture et exister avec son histoire.

 

Une Église où le plus simple des frères

comprendra ce que l'autre dira,

où le plus savant des chefs saura qu'il ne sait pas,

où tout le peuple se manifestera.

Une Église de sagesse.

Une Église dont le peuple dira

non pas « voyez comme ils sont organisés »

mais « voyez comme ils s'aiment ».

 

Église de chez nous,

Église des banlieues, des rues et des cités,

Tu es encore petite, mais tu avances ;

Tu es encore fragile mais tu espères.

Lève la tête et regarde :

Le Seigneur est avec toi. 

 

Guy Deroubaix

Évêque de Saint-Denis de 1978 à 1996

Publié dans Fioretti

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Albert Olivier 06/07/2012 00:45


Finalement on est d'accord. Le tout est de s'entendre (et pour cela de s'écouter) sur le sens des mots.

Pierre Locher 05/07/2012 22:31


 


 


Oui, je suis bien d'accord sur le premier point. Même si les "saints" de l'église catholique sont à mettre en
perspective (je leur préfère personnellement les "justes" du judaïsme), la sainteté est première, le reste y est soumis. D'ailleurs le mot hébreu qui est traduit par parfait est
quelque fois aussi traduit par juste...


 


Vous citez la phrase de Mathieu (dont on a un peu abusé), ce sont - sauf erreur - les deux seules et uniques occurrences
de l’adjectif parfait dans le NT, ce qui n'est pas le cas des mots saints et sainteté. Je la considère – mais on peut en discuter - comme une reprise par Mathieu de la
formule présente à plusieurs reprises dans le Lévitique « Soyez saints car je suis saint », formule qui donne la « caractéristique première» - si on peut utiliser cette
formule un peu réductrice – du Dieu de la Bible, la sainteté. Pour moi, la perfection de Mathieu n'est pas autre chose que la
saintetéde l'AT.


 


Il est à noter que l'une des occurrences de la formule dans le Lévitique associe la
sainteté de Dieu à son pouvoir libérateur (allusion à la sortie d’Égypte) : Dieu saint, Dieu qui libère...tout un programme !


 


On trouve par ailleurs dans la 1° épitre de Pierre la citation de Mathieu en quelque
sorte rétablie dans sa forme originelle :


« Mais soyez saints dans toute votre conduite, tout comme Dieu qui vous a appelés
est saint. En effet, l'Écriture déclare : « Soyez saints, car
je suis saint. » 1 P 1,15-16.


 


L'homme, image de Dieu doit se façonner à sa ressemblance : c'est le chemin de la
sainteté que l’on a trop longtemps confondu avec la pureté ou la perfection (on devine qui y avait intérêt...)


 


 


Pierre Locher

Albert Olivier 05/07/2012 09:03


A Pierre Locher. Je ne redis pas une nouvelle fois ma totale désillusion sur les notions de "pureté" et de "perfection". Je pense que beaucoup de "saints" n'ont été ni purs, ni parfaits. Bernanos
aurait expliqué que c'est pour cela que la grâce à pu agir.


Cela dit, 1° Où est le problème ?  2° puisque vous voulez qu'on revienne à l'Écriture, ce n'est pas moi qui ai écrit : « Soyez parfait comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5,48), ou «
Si tu veux être parfait, va vendre tes biens … » (Mt 19,21). 


 

Pierre Locher 03/07/2012 18:14


A Albert Olivier


Je pense qu'un prochain jour, G&S devrait se pencher - sans en faire un dossier -  sur ce que renvoient comme sens les mots pureté, perfection dans la Bible. J'ai l'impression de ne pas
être sur la même longueur d'onde ...


Pierre Locher

Albert Olivier 30/06/2012 23:41


Cher Pierre L, dont j'apprécie toujours les analyses critiques : ou vous m'avez mal compris, ou je me suis mal exprimé. - 1° Pour le Royaume, il est, comme le messie, déjà arrivé et toujours à
attendre. L'Église primitive (y compris Paul) l'attendait comme l'avénement de la fin des temps espérée proche. L'apocalyse  ne se termine-t-elle pas par le fameux «Marana tha »(Ap, 22, 20),
alors que Jésus est déjà venu ? Le "bon larron" doit attendre le soir pour être avec lui « dans le paradis ». Et si le Royaume réunit tous les hommes dans l'amour de Dieu, il se place dans la
perspective de ce que devrait être une Église « universelle ». - 2° Je n'attends pas une Église idéale, je crois même avoir dit le contraire : elle ne  sera jamais idéale, parce que c'est
nous qui la construisons et que nous ne sommes pas parfaits. Je ne vois pas pourquoi la notion d'une Église « pure » serait  « peu évangélique » et surtout pourquoi elle justifierait la
bureaucratie vaticane, dont l'histoire aussi bien ancienne que récente montre qu'elle n'a rien à voir avec la pureté. - 3° Sur le fait que l'Église
«universelle » n'est pas synonyme de l'Église catholique, même si c'est le même mot, nous sommes bien d'accord et il me semble l'avoir déjà écrit souvent, y compris dans G&S.

Pierre Locher 28/06/2012 17:59


 


Pour Albert Olivier :


L'abbé Loisy a peut-être fait une lecture un peu rapide des Saintes Écritures : qui a dit qu'il fallait "attendre le Royaume" ? Tout, dans le NT, dit au contraire qu'il est non seulement à faire,
mais qu'en plus, paradoxe évangélique , il est déjà là , et c'est justement çà la fameuse "Bonne Nouvelle" : un Royaume tout à la fois déjà présent et pas encore accompli. Si l'on ne fait que
l'attendre, on risque effectivement la déception de l'abbé Loisy.


Quant à l’Église « idéale » , j'avoue ma profonde réticence devant cet adjectif. L'avez-vous souvent rencontré dans l’Évangile ? sauf erreur, il n'y est pas une seule fois. Dans le même
ordre d'idées, une Eglise "pure" demanderait réflexion...J'ai peur qu'avec ces notions très peu évangéliques, on en arrive à tout justifier, y compris la bureaucratie vaticane, et pourquoi pas
les papes Borgia...


Enfin, l’attention à un certain œcuménisme devrait effectivement apporter un peu de « remue-méninges » :
pour commencer , nous catholiques , devrions enfin comprendre que le mot Église n'est pas synonyme d'église catholique...


Pierre Locher

M-O 27/06/2012 23:23


F O R M I D A B L E  !  J'aime beaucoup ce texte. Je signe tout de suite ! Une vraie Eglise de témoins, des humains qui font envisage la Création en toute simplicité. Un monde où
l'Homme serait enfin la plus belle réussite de Dieu. Pour avancer, nous avons besoin d'idéal, du souffle créateur !

Albert Olivier 27/06/2012 23:11


Oui,  Pierre, Robert, l'autre Pierre et Fanfan. 1° On peut rester dans son Église (elles ont toutes leurs lourdeurs et leurs errances), à condition de ne pas fermer sa
gueule ; 2° le plus important est d'essayer de vivre l'Évangile dans des communautés vivantes. Sur ce point bien des clercs, y compris des évêques, prônent ce
christianisme « à la base », qui ne s'embarrasse plus des finasseries de la Curie ; et ils ne lisent plus eux-mêmes les textes pontificaux ni les décrets de la pénitencerie. «Laissons les
morts enterrer les morts ».


Restons attentifs à ce que l'œcuménisme pourra apporter de remue-ménage dans le monde chrétien. G&S nous promet un dossier sur la question et, bientôt, une surprise…

fanfan 27/06/2012 17:21


Bonjour  Pierre Namasse et Albert Olivier,


Vous faites messieurs une constatation semblable , mais plus optimiste pour Albert.
Et vous avez raison l'un et l'autre...Notre nature humaine est imparfaite parce qu'humaine justement...Mais nous aspirons à la Perfection qui comme chacun sait n'est pas de ce monde!Or l'Eglise
est humaine très humaine bien qu'Elle regarde vers le Ciel,Elle a les pieds à terre. ou en terre..et parfois Elle est très terre à terre comme nous toutes et tous...


Alors oui vivons d'Espérance et agissons aussi pour que cette Espérance ne soit pas qu'un vain mot!" Dieu nous avise alors avisons-Le"...comme disait ce brave homme au curé d'Ars! Et tous les
monseigneurs pape ou pas ne pourront rien dans ce dialogue constructif entre Lui et Nous.


fanfan

Pierre Locher 26/06/2012 23:15


 


L’Église du Christ oui, mais quel rapport avec l'église de la curie ? avec  l'église des couloirs vaticanesques ? avec l'église des lieux de pouvoir cléricaux ? avec  l'église des
compromissions avec les Pilate modernes ?


Toute la question est là : pourquoi continuer à maintenir et entretenir la confusion ? qui y a intérêt ?


"Celui qui cherche à gagner sa vie la perdra »


Pierre Locher


 

Robert Kaufmann 26/06/2012 22:46


Même si l'Eglise "idéale" n'existe pas ,je ne vois pas pourquoi le peuple de l'Eglise n'affirmerait pas=c'est cette Eglise-là que nous voulons;c'est vers Elle que nous marchons!=


RK

Albert Olivier 26/06/2012 17:43


Certains évêques, authentiquement chrétiens, gardent malgré tout l'espérance, encourageons-les. Bien sûr, l'Église idéale, celle dont on rêve à G&S, ne
sera jamais réalisée, sinon à l'avénement du Royaume. Alfred Loisy, exégète réputé et excommunié, l'a bien dit : « on attendait le Royaume, on a eu l'Église »…


L'Église ne peut pas être idéale, parce que nous sommes imparfaits, attachés à nos petits (ou grands) pouvoirs, aux honneurs, même lorsqu'on proclame
hautement notre humilité (" servus servorum Dei" se disent les papes), voire même au fric (Cf. Les petits problèmes financiers au Vatican) …


En attendant le Royaume, précisément, travaillons à rendre nos Églises un peu plus pures, un peu plus libres, un peu plus simples, même si ça ne plait pas à
tout le monde. Amen

Pierre Namasse 26/06/2012 16:50


Hélas!


Quel rapport entre cette Eglise idéale et celle de Joseph Ratzinger ?