Exhortation apostolique du Pape François

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L’EXHORTATION APOSTOLIQUE
EVANGELII GAUDIUM
DU PAPE
FRANÇOIS
AUX ÉVÊQUES
AUX PRÊTRES ET AUX DIACRES
AUX PERSONNES CONSACRÉES
ET À TOUS LES FIDÈLES LAÏCS
SUR L'ANNONCE DE L'ÉVANGILE
DANS LE MONDE D'AUJOURD'HUI

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Publié dans Réflexions en chemin

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Pierre Locher 07/12/2013 11:11


 


Sortir une phrase de son contexte est quelques fois trahir la pensée de l'auteur, mais les extraits ci-dessous
manifestent, me semble-t-il, une parole débarrassée de toute langue de bois, et une pensée incarnée et enracinée dans une terre ...non européenne :


 


La société technique a pu multiplier les occasions de plaisir, elle a bien du mal à secréter la joie.(§ 7)


 


L’Église doit accepter cette liberté insaisissable de la Parole, qui est efficace à sa manière, et sous des formes très
diverses, telles qu'en nous échappant elle dépasse souvent nos prévisions et bouleverse nos schémas.(§ 22)


 


En certaines circonstances, il (l’évêque) devra marcher derrière le peuple pour aider ceux qui sont restés en arrière et –
surtout - parce que le troupeau lui-même possède un odorat pour trouver de nouveaux chemins.(§ 31)


 


Si un curé durant l'année liturgique parle dix fois de la tempérance et seulement deux ou trois fois de la charité ou de
la justice, il se produit une disproportion […] (§ 38)


 


Les énormes et rapides changements culturels demandent que nous prêtions une constante attention pour chercher à exprimer la vérité de
toujours dans un langage qui permette de reconnaître sa permanente nouveauté. […] en certaines occasions, nous leur donnons un faux
dieu ou un idéal humain qui n’est pas vraiment chrétien. (§ 41)


 


Aux prêtres je rappelle que le confessionnal ne doit pas être une salle de torture […] (§
44)


 


Sortir vers les autres pour aller aux périphéries humaines ne
veut pas dire courir vers le monde sans direction et dans n’importe quel sens. (§ 46)


Nous nous comportons fréquemment comme des
contrôleurs de la grâce et non comme des facilitateurs. Mais l’Église n’est pas une douane […] (§
47)


Que Dieu nous libère
d'une Église mondaine sous des drapés spirituels et pastoraux ! (§ 97)


 


J’arrête là,
avant qu' Overblog-sekatorne coupe mon texte



 


Pierre Locher


 

Robert Kaufmann 06/12/2013 18:17


Je n'en attendais pas moins de personnalités plus qualifiées que moi pour analyser et évaluer la portée de cet important document qui fera date sans doute.          
                                                       
                                           Je me rallie d'autant plus volontiers à
l'avis positif et délibérement optimiste des jugements de Pierre et Francine que, en dehors de cette récente exhortation, nous avons eu déjà plusieurs fois l'occasion au cours des derniers mois
d'observer les signes très positifs du Pape François en direction du mouvement.


Robert Kaufmann

Francine Bouichou-Orsini 05/12/2013 09:23


Revenant sur l’exhortation du pape François, j'aimerais  souligner les aspects auxquels j’ai été particulièrement sensible, notamment sa tonalité : une tonalité juvénile, joyeuse et
libre.
Considérant l’état actuel du monde, François adresse un appel vibrant au peuple chrétien,  appelé à vivre au sein même de ce monde, ici et maintenant. D'emblée, il exprime une mise en garde
impérative : « le grand risque du monde d’aujourd’hui, avec son offre de consommation multiple est une tristesse individualiste qui vient du cœur bien installé et avare, de la
recherche malade des plaisirs superficiels, de la conscience isolée », refermé sur ses propres intérêts.
Mais, « avec Jésus Christ la joie naît et renaît toujours ». Or « il y a des chrétiens qui semblent avoir un air de Carême sans Pâques » (…). C’est pourquoi, il « invite chaque chrétien (…) à
renouveler aujourd’hui même sa rencontre personnelle avec Jésus Christ. (…). Il nous permet de relever la tête et de recommencer. (…) revenir à la source pour récupérer la
fraîcheur originale de l’Evangile. (…). Alors, "surgissent de nouvelles voies, des méthodes créatives (…) des paroles chargées de sens renouvelé pour le monde d’aujourd’hui ».
Ainsi, cet engagement doit conduire à la conversion, c’est à dire au renouvellement profond du peuple chrétien, à tous les niveaux : depuis la paroisse jusqu’à la papauté. Nous
devons tous affirmer le lien de notre foi avec le souci des pauvres, et nous efforcer, dans le discernement de l’Esprit, de vivre concrètement la collégialité. La condition
préliminaire consiste à : "procéder à  une décentralisation salutaire, laissant leur place aux conférences épiscopales". Poursuivant, il rejette aussi tout ce qui
relèverait  d’une « mondanité spirituelle ». S'opposant à ce qu'il nomme «la  théologie de bureau », ce pape latino américain rend longuement hommage à la « force évangélique de
la religiosité populaire ».
Il s’agit donc d’entrer dans un processus de « dialogue » avec les autres personnes, les Etats, la société, les cultures et les sciences, et avec tous les autres... Ainsi,
participant activement aux différentes initiatives de rencontre, nous pouvons écarter toutes les dérives hégémoniques. Par là, nous répondrions à la prière du Seigneur Jésus qui demande que tous
soient un, (Jn 17,21) ».
Je me réjouis que la très lourde charge de la fonction papale n'ait pas atténué l'enthousiasme de son responsable général. Je constate aussi que ce témoignage a été accueilli favorablement :
autour de moi et dans la presse (même non catholique, telle Le Monde) ou les radio-télévision publiques. Tout cela incite à faire s'élever en nous une prière d'action de grâce et de gratitude à
la pensée du réconfort apporté à tous ceux qui, au sein du monde, souffrent encore de l’image négative donnée souvent jadis par l’institution catholique.
Francine Bouichou-Orsini

Pierre Locher 04/12/2013 16:56


 


(suite du commentaire 2 coupé car...trop long )


Si le pape François est – partiellement - en continuité avec ceux qui l'ont précédé, on a rarement vu condamnation aussi vigoureuse du systémique économique dominant. Si
l'humanité vit un tournant historique, certains sont oubliés, et la précarité augmente. Et après avoir rappelé le sixième commandement :


« non à une économie de l'exclusion et de la disparité sociale : une telle économie tue ».
(§ 52)


Mais quelque chose de nouveau est apparu : l’exclusion.


« Il ne
s'agit plus simplement du phénomène de l'exploitation, mais de quelque chose de nouveau : […] les exclus ne sont pas des 'exploités' , mais des 'déchets', des
'restes'. (§ 53)


 


Et le pape François de dénoncer une confiance grossière et naïve dans la bonté de ceux qui détiennent le pouvoir économique et dans
les mécanismes sacralisés du système économique dominant (§ 54) :


« Nous
avons créé de nouvelles idoles. L'adoration de l'antique veau d'or a trouvé une nouvelle et impitoyable version dans le fétichisme de l'argent et dans la dictature de l’économie sans visage
[…].(§ 55)


Il fait sienne la notion de péché collectif mis en évidence par les théologiens de la libération :


« Un mal
niché dans les structures d'une société comporte toujours un potentiel de dissolution et de mort ».(§
59)


Peut-être pas révolutionnaire (quoi que...), mais une insistance qui le démarque nettement de ses prédécesseurs et un ton prophétique que l'on n'avait pas entendu depuis
longtemps .


 


Beaucoup d'autres commentaires sont à faire sur ce texte à la fois touffu et riche, je retiens cette citation pour rassurer Robert
Kaufmann :


« L’Églisene grandit pas par prosélytisme, mais par attraction ».


 


Pierre Locher


 


 


 

Pierre Locher 04/12/2013 11:28


 


Robert Kaufmann s'est lancé le premier dans un commentaire à cette longue exhortation, ce qui me donne l'occasion de
manifester un point de vue un peu diffèrent sur le coté « révolutionnaire » du texte.


 


Le pape François nous prévient d'entrée :


« Je me suis étendu sur ces thèmes avec un développement qui pourra peut-être paraître ex­cessif. Je ne l’ai pas fait dans l’intention d’offrir un traité
[…] (§
18)


Effectivement, 240 pages, c'est presque un livre, mais pourtant ce n'est pas une conférence,
ni un traité théologique, mais une invitation pastorale qui devient par moments supplication. Mais qu'on ne s'attende pas à trouver auprès du pape des solutions toutes faites aux questions qui
nous sont posées :


« Je ne crois pas non plus
qu’on doive attendre du magistère papal une parole définitive ou com­plète sur toutes les questions qui concernent l’Église et le monde. »
(§ 16)


« Ce n'est pas la tâche du pape de présenter une analyse détaillée et complète de la réalité contemporaine
[…] (§ 51)


Chacun est renvoyé à sa propre responsabilité : exit toute tentation de cléricalisme.


 


Que le propos ne soit pas révolutionnaire, peut-être, mais il est suffisamment nouveau (le mot nouveauou nouveauté
est utilisé 72 fois …) dans le style et sur le fond pour interroger des médias habituellement agnostiques, voire anticléricaux, pour prendre un exemple
 : http://www.rue89.com/2013/11/27/cette-fois-cest-pape-francois-est-socialiste-247911


L'analyse y est peut-être sommaire, mais révèle bien un tournant dans les positons vaticanes, à défaut d'une vraie rupture avec les
prédécesseurs.


 


Ses prédécesseurs, le pape François les cite justement à longueur de pages, de Benoit XVI à Jean XXIII, comme pour nous dire :
voyez je suis
dans la continuité de Vatican II, façon habile de faire passer quelques ruptures, mais aussi message à peine déguisé à ceux qui
voudraient remettre en cause le concile Vatican II. Le dialogue avec la FSSPX semble un non-sujet (alors que la division des chrétiens le préoccupe cf. § 244), rupture d'attitude avec Benoit XVI
:


« aux défenseurs de 'l'orthodoxie' on adresse parfois le reproche de passivité, d'indulgence ou de complicité coupable à l'égard de
situations d'injustice intolérables et de régimes politiques qui entretiennent ces situations »(§
194).


 


 


Si le pape François est – partiellement - en continuité avec ceux qui l'ont précédé, on a rarement vu condamnation aussi vigoureuse du systémique
économiq

Robert Kaufmann 29/11/2013 00:41


Il serait sans doute bien ambitieux de faire une analyse et porter des jugements de valeur devant un document aussi considérable. Surtout lorsqu'on n'est pas théologien.


On peut néanmoins faire quelques remarques en survolant rapidement les textes.                                
                                                       
                 Tout d'abord, je ne suis pas sûr que François aie choisi ce terrain s' il ne répondait à l'attente des Pères synodaux d'Octbre 2012,
synode qu'il ne présidait pas.("La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne" )


Je suis un peu surpris et presqu'inquiet devant cette apparente nouvelle charge en direction de l'oeuvre évangélisatrice et missionnaires de l'Eglise. On sait ce que cette attitude a provoqué
dans le passé et les retombées dont nous souffrons encore aujourd'hui. Mettons que cette attitude évangélisatrice doit davantage se manifester à travers nos comportements et non dans un
néo-prosélytisme actif. Sinon, ce serait encourager de nouveaux conflits, alors que nous nous étions accoutumés à un christianisme apaisé, respecteux des autres religions et y puisant même
nombreuses réflexions.     Heureusement, François atténue sensiblement cette 1ère impression en insistant plus loin sur la nécessaire diversité religieuse, le dialogue oecuménique, les
relations avec le Judaïsme (racine), le dialogue interreligieux ...                                    
                                                     Je
lis: "la vie...s'affaiblit dans l'isolement et l'aisance" . Ce qui semble répondre à notre récent échange sur l"institution".


En cet Avent 2013, il parle d"une éternelle nouveauté...qui rend ses fidèles toujours nouveaux, bien qu'ils soient anciens...'                                      
      Concernant le côté autoritaire de l'institution, Il affime..."il n'est pas opportun que le Pape remplace les épiscopats locaux dans le discernement de toutes les
problêmatiques qui se présentent sur leurs territoires. En ce sens, je sens la nécessité de progresser dans une "décentralisation" salutaire..." CECI EST PEUT-ÊTRE LA PHRASE CLÉ DU DOCUMENT, qui
semble annoncer un alégement de l'autorité romaine.  Il reprend le propos de Paul VI :"...face à des situations aussi variées, il nous est difficile de prononcer une parole unique, comme de
proposer une solution qui aie une valeur universelle"...


Il rappelle aussi la nécessité d'avoir des églises "portes ouvertes", au sens matériel du terme.                            
                                                       
    Il exhorte à avoir "l'attention constamment éveillée aux signes des temps"


En résumé, (provisoire) je dirais qu'il n'y a rien de vraiment révolutionnaire dans tout cela mais que l'on discerne un certain nombre de portes qui s'entre-ouvrent. Au petit peuple de Dieu de
s'engouffrer !


Robert Kaufmann