Écrivons à nos prêtres !

Publié le par G&S

La Conférence catholique des baptisé-e-s de France invite les catholiques à écrire à leur(s) prêtres(s) à l’occasion du Jeudi Saint pour leur témoigner leur soutien dans les moments difficiles qu’ils vivent actuellement.

À Garrigues & Sentiers, nous pensons que vous proposer cette démarche est conforme à la vision que nous avons d’un blog comme le nôtre.

Voici donc le message de la C.C.B.F. suivi d’un modèle de la lettre que vous pouvez envoyer, en la mettant en forme comme vous l’entendez, avec vos propres mots et en fonction du prêtre auquel vous écrirez, tout en gardant – si possible – la teneur du message proposé.

Fidèlement vôtres

G&S

Message de la C.C.B.F.

Cher ami, chère amie,

Les révélations autour de crimes de pédophilie perpétrés par des prêtres catholiques nous ont tous beaucoup choqués. Il y a beaucoup à dire, non sur les crimes, ils relèvent hélas, pour l’essentiel, d’une tragique réalité statistique, mais sur le silence qui les a entourés et qui n’a pas permis aux victimes d’être reconnues comme telles.

L’Église, dans son fonctionnement institutionnel a à réfléchir sur ce qui s’est joué dans les silences et les complicités de silence.

Mais aujourd’hui, au début de la semaine sainte, il nous semble important de d’abord manifester notre soutien et notre amitié à nos amis prêtres, qui se retrouvent injustement visés par un soupçon global.

C’est pourquoi nous avons écrit une lettre que nous vous joignons et que nous vous suggérons de faire parvenir aux prêtres que vous connaissez. Vous pouvez bien sûr y ajouter des mots personnels d’amitié.

Vous pouvez aussi confier cette lettre à des amis qui ne font pas partie de la CCBF, mais qui trouveront dans nos formules une façon de dire à leurs prêtres les mots de soutien que peut-être ils ne trouvaient pas. Nous voudrions former ainsi une chaîne d’amitié afin de toucher un maximum de prêtres. Ne tardez pas, car la semaine de Pâques nous paraît le moment rêvé pour leur renouveler notre confiance et notre amitié.

Nous vous souhaitons une belle et sainte semaine et de belles fêtes pascales.

Pour la CCBF, Anne et Christine, co-fondatrices, Françoise, secrétaire

Proposition de texte de lettre (que vous pouvez copier-coller)

Chers amis prêtres

Parce qu’il célèbre l’instauration de l’Eucharistie, le Jeudi saint est traditionnellement la « fête des prêtres », votre fête. Quelques jours plus tôt, vous aurez été rassemblés autour de votre évêque pour la messe chrismale. Pour chacun d’entre vous, cette rencontre est un temps de ressourcement, une sorte de fête de famille, où se renouvelle, dans le Christ, votre engagement pour le service du peuple de Dieu.

Or, cette année, les révélations concernant des affaires de pédophilie assombrissent l’atmosphère. Comment ressentir la joie d’être prêtre quand des soupçons pèsent sur « les prêtres », faisant de cette généralité une menace durable et insupportable ?

Et, plus largement, comment ressentir la joie d’être « catholique » devant un tel désastre ?

Nous pourrions nous taire, attendre que s’apaisent nos troubles sentiments de honte, d’humiliation et de colère.

Mais nous entendons résonner les paroles du Christ : « Ceci est mon Corps », et nous entendons que nous sommes tous membres de ce Corps. Quand l’un de ses membres souffre, c’est tout le corps qui souffre.

Cette souffrance que nous ressentons avec vous, nous prenons conscience qu’elle s’enracine aussi dans notre propre responsabilité devant ce qui arrive. Le silence qui est reproché à « l’Église » est aussi notre silence.

Nous non plus, nous n’avons pas su voir, pas voulu entendre, pas osé parler. Aussi prenons-nous notre part et partageons le poids de ce qui arrive. Si chacun de nous « est l’Église », qu’il le soit pour le meilleur et aussi pour le pire.

Il faudra comprendre, ensemble, que si le crime fut celui de quelques-uns, le silence fut le fait d’un « système » qui a généré la sous-estimation du forfait, et préféré défendre la structure de l’institution au détriment des victimes.

Instruits douloureusement par ces événements, il faudra que vous, prêtres, et nous, fidèles du Christ, reconstruisions la communion ecclésiale sur la transparence, l’humilité et la sagesse, pour que notre Église puisse continuer à annoncer l’Évangile et aussi pour qu’elle soit simplement plus « humaine ».

Mais d’abord, aujourd’hui, à l’occasion du Jeudi Saint, nous voulons vous redire notre ferme et chaleureuse amitié. La révélation de crimes isolés qui sont le fait de personnalités perverses n’entache en aucune façon l’estime que nous vous portons ni la confiance que nous vous faisons.

Nous baptisés catholiques, nous rendons grâce à cause de vous, qui avez choisi de servir le corps du Christ dans le sacerdoce presbytéral, et nous vous remercions d’être parmi nous ces signes spécifiques de la présence du Christ.

Vous êtes nos prêtres et nos amis, soyez assurés que vous nous trouverez à vos côtés dans les moments de joie comme dans les épreuves, dans la fraternité que fonde le Christ.

Bonnes et heureuses fêtes de Pâques, chers amis et chers frères.

Votre signature
Semaine Sainte 2010

Sur la proposition de la C.C.B.F. (Conférence catholique des baptisé-e-s de France)

 

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jcrois 13/04/2010 17:02



Je n'adhère pas à tout ce qui est écrit . Je veux simplement dire la souffrance et l'isolement dans lesquels doivent se trouver ces prêtres coupables (je refuse les termes "pervers" ) et pour
lesquels il nous faut prier intensément . Il n'y a pas de faute impardonnable pour Dieu . Sommes nous assez "purs" pour parler de perversité !.... dans notre jardin intime ignoré de tous , au
delà de notre masque , pouvons nous prendre la pierre et lapider . Que la Justice passe , certes , mais ne nous dédouanons pas du désert affectif dans lequel nous tenons certains prêtres , et
celà depuis le séminaire , certains séminaires, et leur enfermement . Pitié pour les victimes mais pitié aussi pour ces prêtres (et laïcs, n'oublions pas , dont on ne parle pas )


Rappelons nous , sur la croix : Pardonnez leurs car ils ne savent ce qu'ils font .


Au jardin des oliviers , IL s'est retrouvé seul !...


Et Pierre : NON , je ne Le connais pas .


Au nom de toutes mes trahisons , je pleure sur les victimes mais aussi sur tous ces prêtres isolés dans leur faute .


    Un laïc pècheur