Devoir de vacances (3) : Mon Œcuménisme à moi

Publié le par G&S

J’ai longtemps hésité à parler de mon œcuménisme car il est assez primaire.

Soit je ne connais pas assez les différences qui séparent les trois principales religions chrétiennes, soit les différences que je connais m’apparaissent si minimes qu’elles sont pour moi peu dignes d’intérêt.

Mon neveu par alliance étant Arménien Orthodoxe, j’ai eu l’occasion de participer à une messe dans la cathédrale Arménienne. J’avoue ne pas avoir trouvé de grands changements avec nos célébrations. J’y ai d’ailleurs communié. L’Eucharistie ne se présente pas sous forme d’hostie mais sous forme d’une sorte de gélule imbibée de vin évoquant un petit pain.

Lors du baptême, les jeunes enfants reçoivent en même temps la confirmation et la communion (on leur met une goutte de vin sur la langue). Plus tard, les parents peuvent leur faire suivre un catéchisme dans des écoles Arméniennes où on les instruit sur les deux testaments (le deuxième surtout) dès leur plus jeune âge.

Dernièrement j’ai appris par mon neveu que la plus grande différence se trouve dans l’existence de l’Esprit-Saint. Nous, catholiques, disons que l’Esprit-Saint procède du Père et du Fils ; eux disent qu’Il ne procède que du Père. Pour mon neveu cela a peu d’importance. Je dois avouer que pour moi aussi.

Avec les Protestants, dans ma paroisse, nous avons eu en commun, il y a quelques années, des temps de prière à l’occasion des moments forts de l’année mais jamais de célébration car la séparation est plus grande à ce niveau là.

Le mythe de la « Présence réelle » est très fort, mais, pour moi, il n’y a pas de présence spirituelle dans la matière inerte car il ne peut y avoir de magie.

Par le « faites ceci en mémoire de moi » le pain et le vin sont destinés à devenir symboles d’une mémoire vivante. Ce ne sont pas ces éléments « pain/vin » qui sont vivants mais la mémoire de Jésus qu’ils signifient et projettent en nous.

Ce n’est pas cette nourriture matérielle qui va demeurer en nous mais c’est cette présence d’une mémoire vivante. Ces éléments pain/vin sont justement choisis pour pouvoir être dépassés. Ils deviennent ainsi mémoire et partage.

Nous retrouvons ce « dépassement » du pain nourriture matérielle en « pain de vie » nourriture spirituelle dans l’Évangile de Jean, le seul Évangile qui ne rapporte pas le déroulement de la Cène.

Donc, pour ma part, je ne serais pas du tout gênée de participer à une célébration de la Cène chez les Protestants à la place d’une célébration Eucharistique.

Mais je ne suis pas d’accord avec tout ce que professent les Protestants.

Les Protestants ne vénèrent pas les saints ; moi non plus. Mais le récit de la vie et les écrits de certains saints sont pour moi une nourriture spirituelle et contribuent à me rendre le Royaume de Dieu plus proche de l’humanité.

J’ai aussi ouï dire, mais je ne sais pas si ce sont les termes et le sens exacts, que les Protestants maintiennent que le salut vient de la foi en Dieu et non des œuvres.

Là, je soutiens le contraire. Pour moi, le salut vient d’abord des œuvres car, à mon avis, il nous sera demandé d’avoir aimé à la mesure de l’amour reçu en nous. Or la foi est un don de Dieu. Nous n’en sommes donc pas responsables. Nous ne pouvons donc pas être jugés sur ce que nous n’avons pas reçu. Pour les œuvres, c’est différent. Nous avons tous reçu la capacité d’aider, d’une façon ou d’une autre et plus ou moins, notre prochain quel que soit notre degré de foi. Même un athée peut pratiquer la solidarité. Ce n’est plus, alors, la volonté de Dieu qui entre ici en jeu mais la nôtre et la responsabilité nous incombe.

Mais ces divisions, à l’origine, sont-elles justifiées ? Ne sont-elles pas de simples points de vue ? Il faudrait alors une division pour chaque chrétien car nous avons chacun des points de vue différents.

« Là où deux ou trois sont réunis en mon Nom, je suis au milieu d’eux ». On peut voir et étendre cette affirmation à un Christianisme en trois religions.

À mon avis, on peut voir dans ces deux ou trois personnes réunies en Son Nom le symbole d’une vision beaucoup plus élargie de l’ensemble de l’Église.

Et Il ajoute : « Soyez un comme le Père et moi sommes un », c’est-à-dire soyez unis au Nom de cet Amour qui m’unit au Père, ce Père qui n’est qu’Amour.

Cela peut même encore aller plus loin et être élargi aussi aux trois religions monothéistes si on considère que le Père et Jésus ne font qu’un. 

En Son Nom ce peut-être aussi au Nom du Père puisqu’ils sont un. Si nous arrivions tous à formuler ce credo : «Je crois en Celui qui n’est qu’Amour », alors petit à petit, les séparations s’effaceraient d’elles-mêmes et nous nous retrouverions tous enfants d’un même Père.

Et même, si les athées ajoutaient : «je crois en ce qui n’est qu’Amour » sans pouvoir désigner un être supérieur, ils engloberaient aussi, sans le savoir, le Père, Jésus, l’humanité. Et n’est-ce-pas une des meilleures visions du salut et du Royaume de Dieu, ce Royaume de Dieu avec ses différentes demeures ?

Christiane Guès

Publié dans Signes des temps

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Jean 15/07/2012 09:01


Un p'tit bonjour en passant...
Jean