Création de la « Conférence des Baptisés de France »

Publié le par G&S

Amis Internautes,
Attentifs à ce qui se passe dans l’Église,
nous avons estimé qu’il était bon
de vous tenir informés de cette initiative originale

qui nous paraît en conformité avec ce que nous essayons de faire sur ce blog.

Car c’est bien un « espace de foi, de liberté et de réflexion chrétiennes »

que veut être la « Maison de parole », « l’Assemblée commune »

de la toute nouvelle Conférence des Baptisés de France.
N’hésitez pas
à manifester en commentaires
votre sentiment personnel.
G&S

Discours tenu par Anne Soupa le 11 octobre 2009
à l’issue de la Marche des Cathos Citoyens.


« Aujourd’hui, en ce lieu, maintenant, je rends grâce à cause de vous qui êtes venus, poussés par votre conscience, vous qui avez marché jusqu’ici, où nous sommes ensemble.

Notre diversité est évidente. Nous ne sommes pas « que des femmes », ou « que des laïcs ». Parmi nous, il y a des prêtres, des religieux, des religieuses, des diacres, des gens de tous âges, des Parisiens, des Bordelais, des Dijonnais, des Lyonnais, des Nantais, des Strasbourgeois, des Vendéens… Et plus largement encore, des groupes se sont rassemblés aujourd’hui dans différentes villes de France, en communion avec nous.

Je rends grâce pour ces échanges qui ont ponctué notre marche. Il est trop tôt pour en connaître l’ensemble. Mais voici quelques paroles, fortes, que nous rapporte Danielle : (des exemples d’échanges produits par les marcheurs sont donnés)

Il nous est impossible désormais d’en rester à la question particulière portée au début par le Comité de la jupe, celle de la dignité des femmes. Notre cause, maintenant, est plus vaste : l’horizon s’élargit. Qu’avons-nous en commun ? Notre baptême ! Et à cause de ce baptême qui nous a donné l’Esprit, nous croyons en la force de la parole et nous n’avons pas peur.

Un sentiment profond me pousse à rendre grâce pour notre Église qui nous a transmis le trésor de l’Évangile, ce trésor que nous devons, à notre tour, annoncer.

Mes ami-e-s, il est temps ! Oui mes ami-e-s, il est temps de rendre compte de l’espérance qui est en nous.

Espérance ténue… mais déjà violente… Oui, violence d’une espérance qui nous pousse à prendre nos responsabilités.

On nous dit : vous voulez le pouvoir. Eh bien oui :

Nous / voulons / pouvoir / prendre / nos responsabilités.

Nous l’affirmons ici : le pouvoir est une responsabilité et la responsabilité est un pouvoir.

Alors à ceux qui nous disent : « Vous prenez le pouvoir ? »… Nous répondons : « nous  / prenons / nos responsabilités ! »

Quelles responsabilités ? En France, les laïcs, mais aussi les prêtres et les diacres, disons « les baptisés », n’ont aucun lieu pour débattre tous ensemble, aucune instance où décider de l’avenir de leur Église et de ses missions.

Pour savoir ce qu’ils pensent, n’y aurait-il que le sondage ?

Est-il décent d’enfermer dans les cages des statistiques la voix des ces baptisés qui portent le nom incomparable de « fidèles du Christ » ? Non cela ne suffit pas !

C’est pourquoi… Oui c’est pourquoi nous créons ici, devant vous, avec vous, pour nous tous, la Conférence des Baptisés de France, notre maison de parole, notre assemblée commune.

Laïcs fidèles du Christ, prêtres, diacres, religieux et religieuses, évêques et cardinaux y sont conviés, je dirais même plus, ils y sont… convoqués.

Désormais, nous tous, nous sommes la Conférence / des Baptisés / de France.

Notre projet est ambitieux, mais nous nous confions au Christ, que nous voulons servir. Nous lui offrons toutes nos forces, toute notre patience, tout notre enthousiasme.

Dieu veuille que cette œuvre soit vraiment, pour nos frères et pour nos sœurs, source de liberté et de richesse.

Mais que sera La Conférence / des Baptisés / de France ?

Elle sera à l’image de l’ensemble des catholiques qui veulent une Église vivante.

Le premier chantier que nous ouvrons est celui de la représentativité. Et donc nous lançons un appel à ceux qui le souhaitent pour qu’ils nous rejoignent dans une instance constituante. Pour ce faire nous réunirons dès que possible des États généraux.

La Conférence des Baptisés de France qui naît aujourd’hui a trois fondements :

- D’abord un attachement indéfectible à nos sources, la Bible et la grande Tradition catholique.

- Ensuite, le respect fidèle de la lettre et de l’esprit de Vatican II – qui s’est ouvert il y a 47 ans jour pour jour.

- Enfin, bien évidemment, la stricte parité entre les hommes et les femmes.

La Conférence des Baptisés de France aura besoin de moyens. Car… même si nous sommes pleins d’ardeur, il nous faudra des bonnes volontés, un minimum de ressources, beaucoup de discernement et beaucoup, beaucoup de créativité… Elle aura besoin de vous et de beaucoup d’autres…

La Conférence des Baptisés de France se donne pour commencer trois missions, qui sont trois véritables ministères : les ministères de l’Écoute, de la Bénédiction, de l’Espérance.

- Un ministère de l’Ecoute : Si nous voulons encourager la liberté de la parole pour les catholiques, nous voulons aussi écouter les souffrances, les joies et les aspirations profondes des hommes et des femmes de ce temps. Il importe que l’Évangile leur soit annoncé, vraiment, au cœur de leur vie.

- Un ministère de la Bénédiction : Nous voulons sans nous lasser reconnaître ce qui se fait de bon et de beau dans le monde, les actes d’amour, de générosité, de compassion, de pardon et de partage. Tout simplement / voir / Dieu / à l’œuvre… Et le louer !

- Un ministère de l’Espérance : Nous croyons que l’être humain aspire profondément à rencontrer Dieu, et que Dieu lui offre la vie en abondance. Nous devons annoncer cette sollicitude de Dieu envers chacun et chacune, et pour l’humanité toute entière.

Ce soir, ce 11 octobre 2009, en cette place St Sulpice de Paris, d’où partit au 17e siècle un nouvel élan missionnaire, tous ensemble, nous sommes la première expression de la Conférence des Baptisés de France.

Désormais, vous / en êtes / les ambassadeurs !

Portez l’appel ! Portez-le à tous et à toutes !

Ils sont nombreux ceux qui vous attendent, dans les paroisses, dans les mouvements, dans les services, dans les communautés, dans vos familles.

Vous êtes venus dans la confiance, repartez dans l’espérance.

Et que Dieu, dans sa bienveillance, nous accompagne et nous bénisse ! »

Anne Soupa
Dimanche 11 octobre 2009 à 16 h 40

On peut se reporter au site du Comité de la Jupe :
http://www.comitedelajupe.fr

Publié dans Signes des temps

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madeleine 13/11/2009 09:27


merci pour cette contribution en citations... auxquelles j'adhère.. Effectivement, se nourrir aussi de la parole de ceux qui réflechissent  sur leur foi et en vivent est essentiel. C'est ce
que j'ai trouvé en G&S et qui m'a conforté dans mon cheminement.


Pierre Locher 08/11/2009 17:48



Bonjour,

Le commentaire ci-dessous est une réponse, ou plutôt une prolongation  du commentaire n°3 de  Francine  Bouichou-Orsini  sur la Conférence des baptisés de France ; je m'éloigne
du sujet initial , c'est pourquoi je me demande si ce n'est pas plutôt quelques petits "  coups de cœur "  : je vous laisse le soin de le mettre dans la " bonne case ".

Coups de cœurs théologiques, au sens, non d'une discipline universitaire - par ailleurs nécessaire -, mais d'une parole sur Dieu, d'un témoignage pensé de la foi chrétienne. En effet, je voulais
parler, à la suite des deux auteurs cités par Francine  Bouichou-Orsini, de personnes dont la parole a été un coup de cœur pour moi - pardon d'être un peu personnel -, dans le sens où elles
m'ont apporté de grands bols d'air frais – qui font repartir le cœur ?  - , des personnes qui vont dans le sens d'un langage théologique audible pour les hommes et les femmes
d'aujourd'hui. 

François VARILLON est cité : je l'ai rencontré à plusieurs occasions dans la région lyonnaise où nous assistions à des conférences données par un jésuite qui n'est pas très connu, bien qu'ami des
pères CONGAR, CHENU, URS von BALTHASAR. François VARILLON en parlait en disant  : " lui va à l'essentiel ", il s'agissait de Pierre GANNE. Il a peu écrit, mais ses conférences enregistrés ont
fait l'objet de publications dont plusieurs viennent d'être éditées ou réédités dont :  " Notre raison d'espérer " et " Révélation de Dieu, révélation de l'homme " dont un chapitre s'intitule
" La révélation de Dieu est la révélation de l'homme à lui-même " , où l'on voit que Pierre GANNE faisait peu de cas d'une révélation tombée du ciel, " comme la pluie ", ajoutait-il, car il ne
manquait pas d'humour.

D'autres noms me viennent à l'esprit, ils appartiennent à des sensibilités et des traditions spirituelles diverses : Maurice BELLET, Marie-Christine BERNARD, Bernard FEILLET, Adolphe GESCHÉ, Pierre
JAY, Véronique MARGRON, Joseph MOINGT, Jean-Marie PLOUX, Robert SCHOLTUS, Bernard SESBOUË, Christoph THEOBALD sans compter ceux que j'oublie ou que je n'ai pas rencontrés.

Quelques paroles prononcées ou écrites par ces témoins, en précisant qu'il ne s'agit pas de nouvelles formulations dogmatiques et définitives, mais peut-être – en empruntant le nom de votre blog
-  de sentiers à explorer pour redécouvrir la garrigue dont nous avons hérité ? Certaines phrases peuvent nous heurter, nous désorienter, mais si le chemin nous paraît incertain, n'est-ce pas
que nous aurions oublié notre boussole ?

Sur le langage chrétien, la parole humaine, le silence et la Parole de Dieu, nos représentations de Dieu et nos  idolâtries religieuses, quelques sentiers de traverse en commençant par un
préambule d'Adolphe GESCHÉ: " Pourquoi des citations ? [...] parce que nous sommes des êtres de culture, parce que nous avons été faits par des pensées transmises, et que ce sont bien eux, et non
nous-mêmes, qui les ont inventées [...] Qui donc peut prétendre se nourrir de soi-même ? Citer, finalement, c'est, contrairement à ce qui paraît, ne pas être prétentieux et faussement érudit " . Et
Adolphe GESCHÉ de citer Origène : " Autant il est mal de dérober le bien d'autrui, autant j'estime qu'il est naturel d'user à découvert de ce qu'un autre a dit de bien. "

" Le message chrétien est devenu inaudible ou illisible. Tous les mots - qui balisent le discours chrétien – sont en effet soumis à des malentendus ; leur sens souvent technique n'est plus
accessible et doit être retrouvé à partir de ce qu'ils désignent sur le plan de l'expérience humaine ". Par ailleurs, certains concepts peuvent être instrumentalisés par un pouvoir clérical et
contribuer ainsi à maintenir ceux qui en dépendent dans un état de soumission et de minorité. [...]
Se conduire et penser par soi-même est devenu une requête habituelle, souvent accompagnée du soupçon que les institutions ecclésiales infantilisent les sujets. " (Christoph THEOBALD)

" La seule chose qu'en définitive j'ai du mal  à pardonner aux hommes d'Église mes frères, c'est de retarder cette naissance – celle d'un style pour le christianisme à venir – par leurs
bavardages et la façon qu'ils ont de charrier des vocables définitivement morts. [...] On pourrait imaginer qu'après Vatican II, qui fut un événement de parole, le pape décrète un samedi saint d'un
an, appelle tous les catholiques , à commencer par ceux qui exercent un ministère de la Parole, à célébrer, une année durant, la liturgie de ce jour saint qui est sans liturgie [...]. Il s'agirait
tout bêtement de se taire pour écouter l'inouï de la Parole que nos paroles ont étouffé. " (Robert SCHOLTUS)

L'Écriture n'est pas la Parole de Dieu, elle ne reflète que ce que les hommes en ont compris, elle est un témoignage d'hommes de foi, et c'est déjà beaucoup. "(Pierre JAY)

" Les textes saint ne sont pas des preuves, ils sont des traces ; ils ne sont pas des livres de recette, mais des livres de vie. [...] La Parole de Dieu, ce n'est pas les Écritures dans leur
textualité, mais ce fruit de lumière que les mots et les images de la Bible, tombés dans l'humus d'une existence, produisent. " (Marie-Christine BERNARD)

" C'est à l'homme qu'il revient d'interpréter le silence de Dieu ". (Bernard SESBOUË)

Quand Dieu se tait, la tentation est grande de le " ventriloquer ", c'est-à-dire parler à sa place [...]. Lire la Bible, c'est d'abord affronter le silence de Dieu. (Robert SCHOLTUS)

" Qu'est-ce qui empêchait les disciples de Jésus de comprendre ce qu'il disait de Dieu et de l'homme ? Leur croyance religieuses, leur représentation de Dieu. [...] Toute représentation de Dieu qui
va contre l'homme, contre sa vie, contre son humanité, qui l'amoindrit ou le détruit est une fausse représentation de Dieu. [...] Les gens cherchent un Dieu qui intervient sans les hommes dans
l'histoire des hommes [...]. Il est malheureusement plus facile de croire en un Dieu qui agit sans nous. " (Jean-Marie PLOUX)

" Il n'y a qu'une manière de défendre Dieu à propos du mal, c'est de dire qu'il a été surpris. Et qu'il n'est pas tout-puissant à la manière que nous croyons (il peut tout empêcher, etc.), mais à
la vraie manière : des choses arrivent contre sa volonté, mais il les battra. Un Dieu surpris par le mal est peut-être un Dieu naïf, mais au moins il n'est pas ce Dieu inqualifiable qui permet le
mal." (Adolphe GESCHÉ)

" Une religion cède à l'idolâtrie quand elle se définit comme le seul chemin vers la vérité [...]. Elle devient idolâtre quand elle se prend pour Dieu. [...] Il y a tant d'images de Dieu et tant
d'idolâtrie derrière ces images, qu'il faut espérer que tout homme puisse à la fois être le croyant et l'athée de ces dieux-images. " (Bernard FEILLET)

" Se convertir, c'est changer de Dieu, quitter le dieu idole. La Révélation est le combat de Dieu contre les fausses images de Dieu, c'est la lutte de la Parole contre l'idolâtrie spontanée de
l'homme. " 
" Le Salut, c'est l'homme libéré, ce n'est pas un billet pour l'au-delà. "(Pierre JAY)

" En transformant la foi chrétienne en religion d'observance, en morale de la loi ou en éthique de l'engagement, en dissolvant la mystique dans le rituel, les clercs ont détourné les croyants de la
sagesse évangélique. [...] Croire en la Résurrection, ce n'est pas m'enfermer dans la certitude illusoire que je serais plus fort que la mort [...]. La Résurrection de Jésus n'exauce pas nos rêves
puérils d'immortalité. Elle nous révèle que dans la mort même s'opère une œuvre de vie.  " (Robert SCHOLTUS)

J'arrête là les sentiers à explorer...il va falloir un topo-guide !

Cordialement
Pierre Locher


Bouichou-Orsini Francine 06/11/2009 08:26


Le commentaire ci-dessus critique une polarisation excessive sur les aspects institutionnels et les méthodes de gouvernance. Cette critique aurait, cependant, mérité une formulation plus nuancée,
car ces aspects ne sont pas du tout négligeables.
Mais l’Auteur du commentaire préfère porter l’attention sur d’autres points et, là-dessus, son analyse me paraît très pertinente.  En effet, les questions théologiques qu’il évoque s’imposent
comme fondamentales. Elles n’ont pas été mentionnées dans le texte d’Anne Soupa. Quel est l’objet de notre foi ? En quel Dieu croyons-nous ? Pour nous, quelle est la position de l’homme face à Dieu
? Qu’est-ce que l’éternité ?… Tout cela concerne la vie de foi.  Et l’Evangile ne nous appelle pas à autre chose, pour nous-mêmes, comme pour les autres, tout autant concernés.
Aujourd’hui, il faudrait  savoir suggérer la nature de notre Dieu : Relation  vivante, Le Père créateur qui appelle l’homme à partager  sa vie divine.
Dans le mystère inouï de l’Incarnation,  un Dieu qui  « descend » et s’approche pour nous inviter au partage fraternel avec le Christ,.
Un Dieu qui, par son Esprit,  nous révèle à nous-même, au plus intime de notre être ; nous révèle les autres et le monde, dans une éternité qui peut commencer aujourd’hui, chaque fois que
l’homme consent à sortir librement de son enfermement.
Il me semble que la lecture d’ouvrages, accessibles et éclairants, comme ceux de François Varillon et Maurice Zundel pourraient constituer  une source de formation/méditation fructueuse. Mais
les homélies, dans les paroisses s’y réfèrent peu.


Pierre Locher 04/11/2009 23:08


Bonjour,

J'ai déjà fait part à la "Conférence des baptisés" de ma réaction à leur initiative, mais, comme vous abordez le sujet, je vous en communique certains éléments.
Pour le dire briévement, même si elle manifeste une certaine prise  de conscience, cette initiative ne me semble pas répondre aux priorités du vécu et du contenu de la foi chrétienne
aujourd'hui et peut être suspectée d'ambiguité  : pourquoi ?

Ambiguité quand un appel est lancé aux baptisés de France qui ne concerne que les catholiques (lettre adressée aux évéques ) . Les orthodoxes et les protestants français ne sont-ils pas aussi des
baptisés ?

Ambiguité sur l'utilisation des mots :  Église ou église (majuscule ou minuscule ?) . Vous allez me dire : je "chipote" ? non, c'est toute la différence entre les églises chrétiennes (la
catholique romaine , mais aussi les orthodoxes , les protestantes , etc.) et l'Église du Christ : " Les églises chrétiennes tendent à refléter l'Église du Christ", nous dit une théologienne, mais
elles ne se confondent pas avec. La tentation est constante chez les catholiques  de se considérer comme la seule Église !

Priorité du vécu et du contenu de la foi aujourd'hui  ? ceci est en relation avec ce qui précéde, car si l'on se polarise sur le fonctionnement de l'institution église, on perd  de vue
l'essentiel qui est l'Église du Christ de Dieu. Pour faire un peu d'humour, l'Esprit souffle où il veut, mais je ne pense pas qu'il souffle sur une institution...fût-elle chrétienne, sur une
assemblée de croyants, peut-être.

Quelles sont les priorités ? Sont-elles de nature écclésiologique  ? de nature liturgique ? de nature biblique ? de nature théologique ?
J'opterai pour la dernière et je m'explique. Il est beaucoup fait allusion depuis quelques temps, et pas seulement par la "Conférence des baptisés" au concile Vatican II, en général pour s'en
servir comme d'une sorte de bouclier contre des "possibles retours en arrière". Quelles constitutions a promulgué ce concile , dont je ne nie pas l'importance bien au contraire :
 -  Dei verbum, sur les Ecritures (questions bibliques)
 -  Lumen gentium, Gaudium et Spes, sur l'Église (questions ecclésiologiques)
 -  Sacrosanctum concilium, sur les questions liturgiques

Il ne me semble pas que ce concile ai été un concile théologique, comme l'ont pu être ceux de Nicée ou Constantinople pour remonter aux débuts de la chrétienté. Lorsqu'on lit certains textes de
Vatican II, on sent qu'ils sont l'objet de compromis entre les CONGAR, CHENU, de LUBAC, etc. (qui étaient, faut-il le rappeler, interdits de paroles quelques années avant le concile) 
récapitulant tout le travail théologique effectué depuis le début du siècle et d'autres qui voulaient remettre en selle une théologie de la contre-réforme (rappelez vous le Christ venant apaiser le
courroux de son Père dans le "minuit chrétien ou le Christ-plombier venant "réparer" les dégats d'un dénommé Adam). Le débat théologique n'a pas vraiment eu lieu ou qu'à demi-mots à travers les
textes sur la liturgie, l'Église ou l'interprétation de la Bible, dans lesquels plusieurs "visions de Dieu" ont pu cohabiter.

Depuis 40 ans, les travaux des théologiens ont continué, mais la majorité du peuple chrétien n'a pas suivi, malgré le travail des vulgarisateurs, des pédagogues qui ont essayé de dire la foi en
langage d'aujourd'hui, de dire qui est le Dieu de Jésus-Christ pour les hommes et les femmes du 21° siècle. Si tout le travail théologique du siècle précédent n'est pas mis à la portée des fidèles,
aura-t-il été inutile ?

Mêm questions pour le language : le langage chrétien n'est plus compréhensible, il ne parle plus à notre siècle, ce n'est pas la Parole qui est en cause , c'est sa traduction, sa transmission. Des
exemples ? il y en a des dizaines : que signifie aujourd'hui ou quel contre-sens faisons-nous sur des notions comme vie éternelle, salut, rédemption, trinité ? qu'est-ce que le Royaume de Dieu ?
que veut dire ressusciter ? quel est le statut de la vérité de foi ? A quelle liberté sommes-nous appelés ? etc. Ne faut-il pas en même temps redonner du sens aux mots (ou en inventer d'autres) et
redonner sens au contenu de la foi chrétienne ?

Comme le dit le titre d'un livre récent : "Dieu n'est pas ce que vous croyez", mais en quel Dieu croyons-nous ? La question n'est-elle pas plus importante que celle des institutions catholiques et
de leur gouvernance  ? C'est en tous cas ce que m'inspire la démarche de la "Conférence des baptisés".

Cordialement.





Francine Bouichou-Orsini 20/10/2009 19:49


La « Conférence desВaptisés de France » insiste sur la reconnaissance de l’action des laïcs au sein de l’Eglise, et en particulier des femmes,dans un partage consenti des responsabilités.
Evidemment, le titre choisi risque toujours d’pparaître réducteur.
Dans les objectifs évoqués, il en est un, général, qui me semble répondre à un déficit inacceptable dans l’organisation traditionnelle de l’Eglise : le manque effectif de collégialité. Ce déficit
est à l’origine de plusieurs carences :
- Insuffisance dans la circulation de l’information et dans le degré de communion, au sein même de la hiérarchie (seule dépositaire de l’autorité
- Coupure entre la hiérarchie et le monde (le monde bien éloigné de la bureaucratie vaticane).
La mise en œuvre de la rénovation entreprise par Vatican II traîne. Et c’est là que la voix des laïcs peut se faire entendre ; car pour les laïcs, mieux insérés dans le monde, cette conscience est
ressentie le plus vivement.

Les moyens de répondre à ce besoin profond sont à élucider ensemble : statut du (ou des prêtres) (célibataire et/ou marié, engagé dans une profession ?), statut des laïcs engagés effectivement. Des
échanges sur ces sujets seraient utiles, Г  partir d’expériences en cours dans certaines paroisses, des pratiques en vigueurs chez nos frères protestants et orthodoxes, etc..

La recherches de ces moyens, comme la réalisation des « trois ministères » évoqués par Anne Soupa, pour aboutir, devrait s’inspirer d’une rigoureuse fidélité à l’Esprit, seul Guide promis par
Jésus, seul capable d’assurer une unité créatrice reconnue par tous et de discerner les signes du temps. N’oublions pas que l’Institution n’a pas pour but de défendre un dépôt sacré, bien ficelé et
communiqué une fois pour toutes. La découverte du mystère trinitaire s’est étendue sur les premiers siècles de la vie ecclésiale, juqu’au IVe siècle... A l’heure où le chrétien, comme les autres,
se trouve projeté dans un monde planétaire, il se doit de mieux préciser sa fonction d’homme, dans ses relations avec les autres, au sein d’une histoire qui devient de plus en plus complexe
(histoire collective et individuelle).