Appel œcuménique en faveur de « Saint Oscar Romero »

Publié le par G&S

Nous savons bien, à Garrigues & Sentiers,
qu'il ne faut pas proclamer "saint" un homme ou une femme avant le "procès" officiel.
Sinon cela interrompt la procédure et le candidat ne peut plus être reconnu  "saint"
(excepté dans un groupe restreint tel que la congrégation d'un religieux, par exemple).

Mais
, au début de l'Église,
les martyrs étaient considérés comme des saints ipso facto
(par exemple par des proclamations comme celle de Jean-Paul II : « santo subito »).
 
La "conversion" d’Oscar Romero,
passé d’un conservatisme tranquille à l’héroïsme jusqu’à
la mort,
nous incité à publier (bien en retard) cet appel,
non sans rappeler que le 9 mai 2007 le pape Benoît XVI
s’est déclaré favorable à sa béatification
(cliquer ICI)…
que l’on attend toujours 4 ans plus tard.

(le titre de l’article est de G&S)

o O o
« Commémorez la canonisation du martyr Saint Oscar Romero
par les pauvres de ce monde »

En ce 1er mai 2011, plutôt que de critiquer la béatification de Jean-Paul II
et le système de canonisation lui-même,
ouvrons-nous à l’intuition des petits et des pauvres d’Amérique
qui reconnaissent d’eux-mêmes en Oscar Romero
un artisan de la Bonne Nouvelle. »

 

Mgr-Romero.jpgPar cet appel, nous vous invitons à commémorer – le 1er mai 2011 – la canonisation du martyr Saint Oscar Romero prononcée par les peuples pauvres d’Amérique latine et par toutes les amies et tous les amis de Jésus de par le monde.

Cette commémoration doit être pour nous un encouragement sur le chemin de l’Évangile, ainsi qu’une injonction aux églises des riches à revenir sur ce même chemin.

En 1977, peu après avoir été désigné pour veiller sur les âmes comme archevêque de San Salvador, l’homme d’Église conservateur Oscar Arnulfo Romero fut confronté à la persécution sanglante des chrétiens au Salvador.

Les catéchistes, enfants de chœur et prêtres assassinés, les larmes versées sur eux et leurs cercueils ont fait de lui un évêque intrépide, défendant les petites gens, les torturés et les persécutés.

À partir de ce moment-là, le régime de son pays, le conseiller à la sécurité du président des Etats-Unis et les puissants cardinaux de la curie romaine se sont opposés à lui.

Au printemps 1979, l’évêque Romero, menacé de toutes parts, ne trouva auprès du pape Jean-Paul II ni écoute, ni soutien. Profondément déçu, il dit : « Je ne pense pas revenir à Rome une deuxième fois. Le pape ne me comprend pas. » Jean-Paul II n’avait pas prêté attention à la photo d’un prêtre indien récemment assassiné, ni aux documents sur la persécution des chrétiens par les sbires des nantis. Au lieu de ça, le pape se contenta de l’exhorter à une coexistence harmonieuse avec le gouvernement salvadorien.

Conscient d’être en danger, Saint Romero d’Amérique élevait sa voix contre l’injustice, excommuniait des hommes politiques du régime et rappelait à la résistance, la non-violence de Jésus de Nazareth.

Après un des innombrables assassinats de chrétiens, il prêcha : « Que le désir de vengeance s’éloigne de nous. Prions avec Jésus : Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. »

Chaque être humain étant enfant de Dieu et sa vivante image, pour Saint Oscar Romero la messe était indissoluble de la défense intrépide de la dignité humaine. Avec un courage inébranlable, il s’est adressé aux tueurs à gages et aux nervis de la junte en ces termes : « Un tortionnaire aussi est un meurtrier… Nul n’a le droit de porter la main sur autrui, car l’homme est à l’image de Dieu. »

Un jour, avant son propre assassinat, le 24 mars 1980, il appela publiquement les soldats à désobéir aux ordres : « Au nom de Dieu et au nom de ce peuple tourmenté, je vous implore, je vous donne cet ordre : Arrêtez cette oppression ! »

La balle d’un tueur à gages l’atteignit lors de la célébration de l’action de grâce devant l’autel.

Nous ne nous arrogeons pas la canonisation de Saint Oscar Romero, par l’église d’en bas.

Nous savons bien que seul Dieu peut regarder dans le cœur de l’homme, tandis que nous-mêmes ne pouvons que partiellement apprendre à jeter un regard neuf sur les choses à travers les yeux de Dieu. Pourtant, cette « béatification » qui s’est faite sans une coûteuse procédure des autorités ecclésiastiques, répand une bonne nouvelle, accompagnée du souffle de l’esprit de Dieu : l’exemple de Saint Oscar Romero nous montre combien nous autres humains pouvons devenir beaux et courageux quand nous commençons à prêter l’oreille au message de Jésus.

Extrait de la lettre n°3 aux adhérents N.S.A.E. (Nous sommes aussi l’Église)

Traduit ici par Michel May (France) et Gerd Roggenbach (Allemagne)
et signé par un grand nombre de personnalités et d’associations dans divers pays (dont N.S.A.E. et Parvis)

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