À tous les nostalgiques du passé

Publié le par G&S

Partition-1.jpgJ’aime mon Église conciliaire, parce que c’est l’Église de la miséricorde.

Pendant que les médias se font les gorges chaudes sur les crimes pédophiles qui nous rappellent ô combien notre Église sera toujours un ramassis de pécheurs aimés, pour qui le Christ a livré sa vie, ce qui bien évidemment ne crédite en rien les criminels… Une famille airoise vit un drame : la maman de 80 ans vient en pleine nuit de se jeter dans la Lys. Pendant deux jours des moyens importants, plongeurs, hélicoptère ont recherché la mamy, le corps était retrouvé hier en milieu de journée.

Voilà une famille attachée plus que tout à la Tradition, aux rites antéconciliaires que j’accompagne pour célébrer les funérailles, Faute d’un ministre qui célébrerait le rite extraordinaire, on se contentera de mes services. Ils exigent bien entendu une Eucharistie et la prière eucharistique N° 1 et sans-doute encore d’autres petites obligations liturgiques incontournables que je découvrirai d’ici samedi… peu importe, j’essaie de me faire proche comme je le fais de toute famille qui porte son histoire, ses souffrances, ses incohérences et ses richesses. Heureuse Église de la miséricorde.

Comment ne pas penser que si cet événement était arrivé avant le concile,les funérailles de la maman, après suicide, n’auraient pu avoir lieu dans l’église ?

Cette femme pieuse plus que tout qui autrefois était sans cesse à l’affût de mes « incapacités liturgiques », sous le coup d’une dépression, d’un surplus d’angoisse a quitté le lit conjugal en pleine nuit, pour se donner la mort, est-elle victime ? Responsable ? Autrefois l’Église condamnait cela.

Oui, en rien nous n’avons envie de revenir à ce temps où par ailleurs les horaires et les fastes des offices comme ceux des mariages et des enterrements s’alignaient sur le niveau social et la contribution financière des familles.

Tout cela contribuait sans-doute, du moins c’est ce qu’ils disent, au sens du sacré mais cherchez l’Évangile. Aujourd’hui le sacré n’est peut-être plus au même endroit mais l’Évangile se vit, et Dieu n’en est pas moins grand, il se fait proche en Jésus-Christ.

Bruno Dubreucq
Prêtre, curé de Aire-sur-la–Lys (62)
Son blog : http://brunocharles.typepad.fr/patatipatata/

Publié dans Signes des temps

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