Religion de l’État ou religion du Royaume : choisissons !

Publié le par G&S

Le monde a besoin de religion, la fête de Noël en est la preuve. On est passé du petit Jésus des chrétiens au père Noël introduit par Coca Cola.

Le christianisme a été renvoyé à la sphère privée, la religion d'État est devenue celle de Wall Street, avec ses dogmes (intouchables comme tout dogme), ses célébrations (Noël, 14 juillet...), ses commémorations et son culte des martyrs (le soldat inconnu tombé sur l'autel de la Patrie et surtout de "la" guerre de partage du monde marchand), ses "ministres" et ses scandales de ministres qui rappellent une certaine époque de la papauté, ministres dont l'action est valide ex opere operato et donc inamovibles quelles que soient leurs fautes... On peut continuer l'énumération.

Celui qui refuse ce culte est un mauvais citoyen et doit être exclu, condamné par les ministres de cette église et donc exclu de la communauté, voire remis au bras séculier. Les premiers chrétiens ont connu cela dans Rome, puis l'ont fait subir aux autres depuis Constantin. Une seule religion d'État est possible sous peine de perdre la protection des dieux et de faire éclater la société.

Alors entrons en résistance. Les élections peuvent être l'occasion d'améliorer les ministres, pas de changer la religion d'État, mais elles sont un premier pas. Notre résistance doit être beaucoup plus opiniâtre, comme celle des premiers chrétiens, ou celle de tous ceux qui se sont élevés au cours des siècles contre le dévoiement du christianisme en religion d'État.

Nous ne sommes pas seuls, isolés. Noël est la fête de tous ceux qui luttent pour accueillir l'irruption de Dieu dans nos vies, pour accueillir l'autre ; quel qu'il soit il nous donne Dieu. Noël est la fête de tous ceux pour qui nous agissons et sont alors source de notre propre vie. Réjouissons-nous, même seuls chez nous, nous fêtons Noël parmi une multitude qui nous est proche.

Et que l'espérance fondée sur cette venue de Dieu parmi nous, encouragée par celle de bien de nos prédécesseurs en résistance, cette espérance "eschatologique" qui nous invite à combattre dès maintenant et nous assure qu'alors tout sera repris pour le Royaume, que cette espérance ne nous quitte jamais, qu'elle illumine nos vies en chassant les ténèbres qui nous bouchent si souvent la vue.

Marc Durand

Note de G&S

Il y a deux expressions latines dans l’Église Catholique Romaine pour décrire comment un rite liturgique produit son effet de grâce :

ex opere operato : la grâce est produite par l’opération de l’acte rituel lui-même; elle ne dépend pas de l’état de grâce de l’opérateur (s’applique aux 7 sacrements)

ex opere operantis : la grâce produite dépend en partie de l’état de grâce de l’opérateur (s’applique aux autres rites liturgiques)

Publié dans Signes des temps

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Robert Kaufmann 16/01/2012 14:49


Le dogmatisme,qu'il soit politique,religieux,social,syndical....est pratiquement toujours négatif et mène à l'impasse.Et ceci plus encore dans un monde d'une complexité croissante,fluctuant,qui
impose une adaptaion rapide et permanente,une flexibilité indispensables.


Aussi,religions d'Etat ou du Royaume,elles ne peuvent y échapper.


Dans l'affrontement Robespierre-Danton,on aurait mieux fait de laisser agir Danton,cela aurait épargné quelques crimes à la République.  Isabelle"la Catholique" et le Prêtre qui avait pris
la tête de la République de St.Domingue il y a quelque années n'ont guère fait mieux.


Aussi ,la séparation de l'Eglise et de l'Etat est une bonne chose,qui évite aux cultes de mettre les mains dans le cambouis et aux Politiques de dire des bêtises sur Dieu.


Pour revenir à LA POLITIQUE,et en tenant compte des contraintes qu'impose la démocratie,(la règle majoritaire)elle est aussi une science.Certes la compétence,l'intégrité,le charisme,la vision de
l'avenir,voire l'intuition sont-ils nécessaires.Mais dans ce monde qui ressemble toujours à un marigot,a-t-on quelque chance de se faire élire et d'atteler une majorité de citoyens au char de
l'Etat si on n'a pas lu Machiavel ?? On ne peut faire d'angélisme dans la politique.On peut penser au dicton