Le Christ et l'Homme : Maisons de Dieu

Publié le par Garrigues et Sentiers

« Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. »
(Jean 2,16)
 
Bœufs, brebis, colombes, monnaie, comptoirs n’ont pas à encombrer la maison de Dieu. Tout cela a certainement son importance dans la vie de la cité mais n’a pas à transformer la maison de Dieu en un espace commercial. Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place !
 
Le Verbe de Dieu joint le geste à la Parole : il chasse du temple ce qui en pervertit l’image, le symbole, le sens, le ‘sacrement’. Ce n’est pas d’abord pour purifier un espace ‘sacré’ de la religion, c’est avant tout, comme il le dira lui-même, parce que son corps est temple de Dieu, lieu d’offrande, de communion, de relation, de salut pour les autres qu’il est indispensable de le mettre hors trafic.
 
Le commerce est normal dans les relations entre personnes, il favorise même les échanges, mais quand

  -
il envahit tout et motive tout au point de rendre esclave,
  - il se sert du divin pour asservir les terrestres appétits sordides,
  - il sacralise et tue par la loi du marché la souplesse de la foi,
 

il devient, alors, urgent de réagir et de faire le ménage.
Débarrasser l’Homme Temple de Dieu des pesanteurs liberticides de l’économie, de la politique ou de la religion est un devoir d’amour.
 
En prenant Visage parmi nous, en devenant l’un de nous, en devenant semblable à nous, en partageant gloire et faiblesse avec nous, en nous invitant à vivre dans son intimité, le Christ fait de l’homme un signe pour l’homme, un sacrement pour l’homme, un appel pour l’homme, une ‘Icône’ vivante, un ‘Temple’ de chair et de sang. Chaque homme est pour tous les autres une convocation au respect et à la responsabilité.
 
L’esclandre du Christ, à Pâques, dans le temple de Jérusalem relaie un combat que la sagesse avait déjà entrepris et le rénove avec éclat. De plus elle inaugure une révolution qui ne peut s’arrêter tant que le monde sera monde :

  - libérer les hommes des pesanteurs aliénantes des ‘religions’,
  - proposer la foi dans le Christ Ressuscité qui magnifie les humains et les associe au divin,
  - susciter des communautés chrétiennes qui épousent la culture de leur temps,
  - utiliser des symboles et des gestes de libération au sein des sociétés civiles.

Ces quelques points, et beaucoup d’autres de ce genre, devraient être aujourd’hui et toujours les préoccupations essentielles des Églises chrétiennes. Si elles n’en ont sans doute pas le monopole, elles en ont certainement l’obligation. Mais à elles il revient de clamer partout la phrase que Saint Paul écrit aux Corinthiens au verset 17 du troisième chapitre : « Le temple de Dieu est sacré, et ce temple c’est vous. » 
 
© Christian Montfalcon

Publié dans Réflexions en chemin

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article