Psy et Foi ou Foi ou Psy ?

Publié le par Garrigues et Sentiers

 
Témoignage
 
Je tiens mon âme en paix et silence… (Ps 131,2) Cette affirmation du psalmiste m’a toujours fait rêver, moi qui ai toujours eu tant de mal à me reposer…
Toujours en quête de la satisfaction des autres, depuis mon plus jeune âge (parents, grands-parents), mon adolescence (parents, professeurs), et jusqu’à l’âge adulte (épouse, enfants, employeurs) – puisqu’on m’avait appris qu’il fallait chercher cela d’abord – j’en suis arrivé, vers la quarantaine (quel drôle de mot, quand je suis en train de parler de la maladie contagieuse du déterminisme familial !), à être un peu fatigué…
C’est alors, tout le monde vous le dira, qu’on fait le plus de bêtises… et j’en fis… Qui me menèrent à rien (sans négation, rien n’étant pas l’absence de quelque chose, mais la manifestation du néant).
La mort entra dans ma vie, d’abord par une absence de la vraie vie – celle qui fait grandir – puis par celle de mon père, et celle de ma mère, emportés chacun à sa façon par un cerveau devenu ingérable. Entre-temps, la perte du travail dans ma ville du midi, celle où j’avais grandi, m’obligea à partir pour la lointaine capitale, éloigné de ma famille pendant un an. Vite obligé de quitter mon nouveau travail après un trop long calvaire – sous le poids d’un harcèlement moral invivable – je criai au Seigneur : C'en est assez maintenant, Seigneur ! Prends ma vie, car je ne suis pas meilleur que mes pères !
 
Cf. le cri d’Élie en 1Rois 19,4.
 
Mais grâce à Dieu, au cours de cette trop longue période de combats et de chutes, j’ai pu user (et quelquefois abuser) de l’appui de deux accompagnements, l’un psychiatrique, l’autre spirituel.
J’ai pu parler de ma vie, de mes peurs, de mes combats, de mes espoirs, de ma culpabilité, de mes désillusions, de mon espérance…
Chacun de mes accompagnateurs a pu me soutenir grâce à sa vision de ce qui m’habitait ou de Qui m’habitait, de ma vie ou de la Vie en moi. 
Chacun a pu me dire les mots que mon corps et mon psychisme attendaient, que mon âme et ma foi espéraient.
Et chacun fut irremplaçable…
 
Grâce à l’un j’ai pu retrouver le sommeil, ce moment privilégié où Dieu ouvre les yeux de l’homme ;
 
Cf. Jacob, en Genèse 28,16 : le Seigneur est en ce lieu et je ne le savais pas ! ;
 
grâce à l’autre j’ai pu trouver l’Eucharistie quotidienne, cette nourriture qui fait se remettre en marche.
 
Cf. Élie, encore, en 1Rois 19,7 : lève-toi et mange, sinon le chemin sera trop long pour toi.
 
La psychiatrie a ouvert mon âme endormie à la voix de Dieu ; la foi a ouvert mon esprit à la voie de la recréation.
 
C’est grâce à l’une et à l’autre – aux uns et aux autres – que j’ai pu écrire au Seigneur, un soir, alors que je participais à l’animation d’une retraite, près de Waterloo… : Je refuse enfin toute tristesse et toute angoisse parce que toi, Dieu, tu ne me tourmentes pas mais veux ma joie. Je te demande pardon d’avoir trop longtemps accepté la défaite (…). Conscient que je ne peux me dégager par moi-même, je me confie à toi, Seigneur, qui t’es chargé de ma maladie pour m’en délivrer AUJOURD’HUI. JE LE CROIS. Je dépose mon fardeau, mes problèmes, mes angoisses et mon désarroi et te les donne, Jésus, qui en retour me donnes ta paix. (…) S’il le faut je reviendrai à toi, instant après instant, tout à l’heure, demain, toujours, pour te confier mon âme assiégée.
 
Quelques semaines après, je me mettais à rechercher du travail, après quatre mois d’inactivité totale ; et en trouvais, huit mois plus tard…
 
Voilà en quelques lignes pourquoi je me refuserai toujours à opposer Psy et Foi.
 
Saint Louis-Marie Grignion de Montfort disait : « Je n'ai qu'une âme qu'il faut sauver »… Personnellement, j’ai un esprit et une âme, et j’espère sauver les deux, avec l’aide du Seigneur et de mes frères !
Matthieu Lambert

Publié dans DOSSIER PSY ET FOI

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
A
Je te conseille un truc : cesse de rechercher un apisement intérieur ou autre fadaise de ce genre, car il ne s'agit en fait qu'un endormissement de ton esprit et de ton corps. Confronte toi plutôt à tout ce qui est dur dans l'existence, abandonne la Bible pour les philosophes, lutte contre tes affects afin d'être libre de choisir par toi même ce qui est bon et ce qui ne l'est pas au lieu de laisser ton corps en décider, moque toi de la souffrance, et peut-être alors comprendras tu pourquoi il te fallais passer par là.
Répondre
G
Il semble que l'auteur de ce témoignage s'est confronté à de vraies difficultés de l'existence et a choisi librement ce qui était bon pour lui : faire confiance à Dieu. Et cela semble lui avoir réussi. Il a sans doute compris pourquoi il est passé par là, sinon il n'aurait pas écrit ce témoignage.Lire les philosophes ET la Bible n'est sans doute pas ingérable.Je te souhaite de découvrir (si tu ne l'as pas encore fait par la voie de ton choix) ce qu'est la vraie paix intérieure, qui est un éveil de tout l'être à la beauté de la création et de soi-même, très loin de l'endormissement ou de l'excitation qu'on trouve avec les drogues de tout genre.Merci pour ce vrai commentaire qui permet un vrai dialogue. A bientôt ?<br /> Le blogmestre de G&S