Still Walking

Publié le par Garrigues

d’Hirokazu Kore-Eda (Japon)

 

Une journée, en famille. Comment il est possible, avec un sujet apparemment fort mince et une œuvre toute en délicatesse et en subtilité, de proposer un très grand film.

Le cinéaste japonais Hirokazu KORE-EDA était déjà connu des cinéphiles, en particulier depuis Nobody knows (2004). Il nous présente ici son meilleur film, et s’impose comme le chef de file d’une nouvelle génération de cinéastes au Japon. On retrouve chez lui les qualités de mise en scène du grand maître des années 50 et 60, Yasujiro Ozu : l’élégance, l’intérêt pour la famille, la capacité à faire sourdre les émotions à partir de détails finement observés : le carrelage de la salle de bains qui se délite dans la maison des parents, le père médecin toujours renfrogné depuis qu’il est à la retraite : « la vieillesse, c’est des petites choses comme cela » écrit l’auteur.

C’est un film sur la famille, mais la famille dans sa situation actuelle, avec ses complexités et ses tensions cachées : le fils a épousé une veuve, mère d’un enfant ; c’est donc une « famille recomposée », où le garçon découvre d’un regard neuf ses nouveaux grands parents. Et le fils est au chômage, ce qu’il tient à cacher à ses parents.

Et puis il y a le fils aîné, mort dans un accident il y a 15 ans ; c’est lui qui provoque cette réunion de famille et reste de multiples manières très présent. On pourrait longuement analyser tous les aspects de la vie de famille abordés par ce film, ;chacun de nous pourra se reconnaître dans un des personnages.

L’humour discret, la beauté des images, la précision dans l’évocation des sentiments : tout incite à retenir le titre de ce film pourtant tout de retenue.

Jacques Lefur

12 mai 2009

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