On n’est pas chrétien tout seul

Publié le par Garrigues

« Ils racontaient ce qui s’était passé sur la route. »

Luc 24,35.

 

Quand ils eurent reconnu le Christ à la fraction du pain et que le Seigneur eut disparu à leurs yeux, les deux compagnons qui étaient à Emmaüs retournèrent à Jérusalem…

Pour quoi faire : pour raconter

À qui : aux onze et leurs compagnons

Quoi : ce qui s’était passé sur la route et à table.

Les « onze » étaient réunis (ils n’étaient peut être que 10 disciples à cette réunion) et avaient déjà rapproché entre eux les divers témoignages des femmes, de Pierre, de Jean, de Marie-Madeleine et en avaient déduit dans leur foi en construction (la foi est toujours en construction) que « le Seigneur est vraiment ressuscité ». D’ailleurs, ils se souviennent : Jésus lui-même leur avait dit, il n’y a pas si longtemps des choses mystérieuses qui allaient dans le même sens !

Les deux arrivants en ‘rajoutent’… Ils joignent leurs témoignages aux autres témoignages… Tous ceux qui sont présents tissent ensemble la toile de leur foi commune en Christ ressuscité.

Tandis qu’ils disaient entre eux la Bonne Nouvelle, et rapprochaient les signes de la Résurrection qu’ils avaient chacun repérés dans leur vie, Jésus ressuscité se trouve présent au milieu d’eux et leur donne sa paix.

Les disciples « racontent » et  Jésus « se tient au milieu d’eux ».

Jésus parle, montre les cicatrices de la mort traversée, mange car il est convive et toujours invité, son couvert est mis (!)… les disciples doutent, hésitent, croient…

Le Ressuscité les invite à se référer aux Écritures pour confronter leurs témoignages cueillis au long de leur expérience à ce qu’ils avaient déjà lu, entendu commenter par d’autres, savaient par cœur et par intelligence… et ce qu’ils espéraient sans bien savoir.

Pour consolider tout cela et le rendre opératoire en vue de l’organisation de la mission commune, Jésus leur promet le « Souffle » qui vient d’en haut et féconde les approximations laborieuses des croyants et leur permet de prendre des risques.

Le déroulement de ce « moment fondateur » pour une poignée d’hommes et de femmes réunis dans une petite communauté de l’Église chrétienne hésitante, simple et pauvre, se réalise encore chaque jour, maintenant, ici ou là dans le monde, à peu près selon le même protocole :

- Se déranger et sortir de chez soi pour retrouver les frères et les sœurs de la foi,

- Se réunir avec eux et avec elles dans l’écoute spirituelle et la parole vivifiante,

- Pour raconter les germes de Résurrection repérés et lus par chacun au long de son parcours personnel

- Pour les rapprocher des témoignages des autres membres de la communauté,

- Pour chercher comment les éclairer par la méditation communautaire de l’Écriture,

- Pour adorer le Christ ressuscité présent au milieu d’eux, le prier,

- Pour accueillir de Lui le don de l’Esprit qui fortifie, rénove et envoie ensemble au large.

- Pour célébrer leur action de grâce et leur humble merci.

Christian Montfalcon

Publié dans Réflexions en chemin

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