ÉDITORIAL

Publié le par Garrigues

Garrigues & Sentiers on the Net

Dossier n° 8

 

 
CHEMINS DE CONVERSION

 
Pour beaucoup d'entre nous (espérons-le du moins !) les vacances seront l'occasion de découvrir de nouveaux chemins ; parmi eux, pourquoi pas aussi des chemins de conversion, comme y invite ce huitième dossier de notre blog, que nous ouvrons par l'image d'un Janus bifrons ? Clin d'œil aux antiquités dont nos garrigues sont parsemées, bien entendu, mais façon, surtout, de signifier par cette image - pourtant empruntée à une tradition tout autre - la volte-face, le retournement radical de l'être qu'implique la conversion.

Un retournement qui revêt bien des significations, ainsi que nous le rappelle d'emblée la contribution de Marcel Bernos, Conversion : un mot, des réalités spirituelles très diverses, au point de ne plus guère être signifiant pour nos contemporains, comme le souligne le titre faussement désabusé de l'article de Claude Florival, Aujourd'hui encore, parler de conversion ?, qui vaut en réalité invitation à... convertir notre regard afin de faire retour sur la plus authentique tradition chrétienne et puiser largement dans l'eau vive des Écritures auxquelles nous avons choisi de laisser une large place dans ce dossier.

Comment faire à moins ? La Première Alliance ne cesse de poser cette interrogation fondamentale ainsi formulée par René Guyon, Se convertir : se retourner ou se détourner ? et la Seconde Alliance conduit à y répondre selon Angelo Gianfrancesco, À chacun sa voie. Cela dans un article en forme de polyptique à cinq volets qui sont autant de méditations (bouleversantes) de séquences évangéliques, que l'on complètera par la contribution de Marcel Bernos, L'enfant prodigue est-il un converti ? qui montre le grand usage de cette parabole au XVIIe siècle, siècle de « convertis » s'il en fut. Non sans déchirement pour ceux qui quittaient alors une confession chrétienne pour une autre car la question pour eux était, comme le montre un autre article de Marcel Bernos, Conversion ou apostasie ?

Reste alors à pénétrer plus précisément ce qu'est un cheminement de conversion. Pour cela, nous avons choisi de suivre les pas d'Augustin, dont les Confessions offrent la première autobiographie d'un converti que le monde ait connue. Elles font ici l'objet d'un double éclairage : celui de Nathalie Gadea, De la voix extérieure à la voie intérieure et celui de Francine Bouichou-Orsini, La conversion selon Augustin : une évolution choisie. Reste surtout à entrer dans un cheminement personnel de conversion, et pour cela, une voie des plus sûres est celle sur laquelle deux éclairages complémentaires nous sont offerts par Nathalie Gadea, Lorsque les tout-petits nous convertissent et Se convertir : devenir tout-petit.

Mais la grande question est bien, comme le souligne Francine Bouichou-Orsini, Ce que les convertis disent à l'Église. Pour y répondre de façon plurielle, nous avons fait appel à des témoignages, qui dessinent autant d'itinéraires très personnels : un retournement qui l'a conduit au Christ pour Karim, membre de la Fraternité Saint-Paul, à Marseille ; une illumination qui a donné sens à son long cheminement intérieur pour Jacques ; un retour au terme d'une longue vie pour Nicole ; un progressif enracinement dans la foi pour Jeannette et Jean-Pierre, grâce notamment à leur compagnonnage avec d'autres chrétiens. À quoi répond l'affirmation par Jean de son agnosticisme, qui n'est pas moins éclairante pour les Églises en ce qu'elle leur rend l'immense service d'une remise en question.

Cette dernière rubrique de notre dossier, amis lecteurs, vous est librement ouverte. À vous maintenant de nous partager aussi vos expériences de conversion. Et de nous dire en quoi les témoignages que nous avons recueillis vous interpellent.

Pour nous, à Garrigues & Sentiers, nous en avons surtout retenu cette leçon : chaque jour, l'occasion nous est donnée de nous convertir, car chaque jour Dieu frappe à notre porte pour que nous l'ouvrions à son amour et celui de nos frères.

Et si nous devions nous décourager de ne pas savoir lui répondre, François d'Assise nous rappelle heureusement que « Chaque matin est un commencement ».

G&S

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