Pourquoi restez-vous à regarder le ciel ?

Publié le par Garrigues

Jésus est mort, Jésus est ressuscité, Jésus est venu à la rencontre de ses disciples, hommes et femmes ; puis Jésus a disparu - certains disent dans une nuée - et depuis ce jour les chrétiens attendent son retour.
C'est à ces apparitions et à ce qu'on a appelé son Ascension que je vous invite à nous intéresser.

Les apparitions de Jésus après sa Résurrection

Les récits des apparitions de Jésus après sa Résurrection sont aussi différents ou contradictoires que ceux de son procès (dont on parlera un jour) ou de la mort de Judas (cf. l'article Si Judas avait été Juda) !
On peut les résumer en un tableau, où sont notés en italiques, dans Marc et Jean, les passages contenus dans les « rajouts » qui suivent la fin des évangiles originels, qui se terminaient en Marc 16,8 et en Jean 20,31 (on a évoqué le rajout en Jean dans l'article Les 17 peuples et les 153 poissons).

 

Matthieu

Marc

Luc

Jean

aux saintes femmes près du tombeau

28,9-10




à Marie de Magdala


16,9-11

lieu non précisé


20,14-18

près du tombeau

à deux disciples sur la route (Emmaüs)


allusion (16,12-13)

récit (24,13-33)


aux apôtres

 

annoncée en 26,32 ; 28,7.10

Décrite en 28,16-20
(les 11, en Galilée)

annoncée
en 14,28 et 16,7
décrite
en 16,14-18
(les 11, à Jérusalem ou en Galilée)

24,36-49

à Jérusalem

20,19-23 (sans Thomas)
20,24-28 (avec Thomas)

 21,1-23 (six)
lac de Tibériade

Ascension

 

16,19
(Jérusalem ou Galilée)
date indéterminée

24,50-51
(Béthanie)
AU SOIR DE PÂQUES

 


Il faut ajouter à ce tableau le texte de saint Paul (1e lettre aux Corinthiens 15,3-8) : Je vous ai donc transmis en premier lieu ce que j'avais moi-même reçu, à savoir que le Christ est mort pour nos péchés selon les Écritures, qu'il a été mis au tombeau, qu'il est ressuscité le troisième jour selon les Écritures, qu'il est apparu à Céphas, puis aux Douze. Ensuite, il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois - la plupart d'entre eux demeurent jusqu'à présent et quelques-uns se sont endormis - ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres. Et, en tout dernier lieu, il m'est apparu à moi aussi, comme à l'avorton.

On doit faire deux remarques importantes à propos des dires de Paul ; selon lui :

- Jésus est apparu à Céphas (Pierre), ce qu'il est le seul à dire
- il est ensuite apparu aux Douze, donc à Judas (cf. l'article
Si Judas avait été Juda).

De leur côté, les synoptiques racontent des faits qui ne coïncident pas du tout :

- Matthieu rapporte des apparitions au tombeau et en Galilée
- Luc rapporte des apparitions sur le chemin d'Emmaüs (cf. l'article
Chemin d'Emmaüs, chemin d'Éden) et à Jérusalem.
- Marc (qui est un rajout) rapporte une apparition au tombeau (à Marie de Magdala), qui contredit la fin de l'évangile principal (Marc 16,8) et évoque brièvement l'épisode développé par Luc (les disciples d'Emmaüs), puis décrit une apparition aux onze (se terminant par sa montée au ciel)

On se limitera donc à comparer deux des apparitions : celles décrites par Matthieu en Galilée et Luc à Jérusalem, puisqu'on a déjà étudié celle à Emmaüs (Luc ).

L'apparition aux disciples en Matthieu (28,16-20) et Luc (24,44-49)
Les différences entre ces textes sont évidentes, Matthieu présentant un discours « ecclésial » (enseignement, baptême trinitaire) et Luc un discours beaucoup plus « évangélique » (Écritures, témoignage, conversion) :

 

Thème

Matthieu : ecclésial

Luc : évangélique

le langage de Jésus

commandant : enseignez, baptisez...

enseignant
(comme il le sera avec les disciples d'Emmaüs) :
il faut que s'accomplisse... il est écrit...

le contenu du discours de Jésus

la communauté chrétienne s'est déjà développée et Mc a introduit la notion de Douze, que Mt reprend et développe

repentir pour la rémission des péchés

les garants du message des apôtres

la formule s'est développée : le baptême de repentir doit être administré au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit (28,19) : face au baptême dans l'eau des baptistes, le baptême chrétien est dans la Trinité

repentir est prêché au nom de Jésus (24,47)

le rôle des disciples

apprendre aux autres à observer tout ce que Jésus leur a prescrit (28,20)

témoins de la réalisation des prophéties

(Lc 24,48)

soutien de Jésus aux disciples

 

leur promet d'être - lui - avec eux jusqu'à la fin des temps (28,20)

envoie sur eux la force d'en haut (24,49) venant de Dieu, à la droite duquel il est assis


En comparant ces deux textes on peut imaginer que le texte primitif devait être celui dont Luc s'est inspiré, beaucoup plus simple, et que celui de Matthieu, beaucoup plus « élaboré », s'inscrit dans le mouvement d'une Église qui avait sans doute bien besoin de se structurer pour subsister au milieu du monde juif et païen. Mais je ne suis pas qualifié pour en parler (peut-être les historiens parmi vous pourront le faire) et vous invite donc à regarder le ciel...


L'Ascension de Jésus

L'épisode de l'Ascension n'est évoqué ni par Matthieu ni par Jean et les différentes versions divergent sensiblement.
On le trouve :
- dans le rajout de Marc (16,19), qui le situe à Jérusalem (ou en Galilée ? Quand ?) et écrit : le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s'assit à la droite de Dieu. Pour eux, ils ‘en allèrent prêcher...
- en Luc (24,50-51), qui situe l'épisode à Béthanie, AU SOIR DE PÂQUES, et écrit : comme [Jésus] les bénissait il se sépara d'eux et fut enlevé au ciel.
- dans les Actes des Apôtres (1,6-11), attribués à Luc, qui situe l'épisode au mont des Oliviers (1,12) QUARANTE JOURS APRÈS PÂQUES (1,3) et dit : il s'éleva et une nuée le déroba à leurs yeux. Il fait ensuite apparaître un ange qui annonce le retour de Jésus, de la même manière qu'ils l'ont vu s'en aller vers le ciel...

Ni le lieu, ni le moment, ni les circonstances matérielles ne sont les mêmes ! Alors...

 

Que penser de tout cela : faut-il rester à regarder le ciel ?


Il paraît évident que les événements qui ont suivi la Résurrection de Jésus ne peuvent pas tous être frappés du sceau de l'historicité, compte tenu des divergences très importantes qu'ils renferment, ne serait-ce que sur les lieux de leur survenance.
Cependant, nous disons tous les dimanches, sans sourciller, que Jésus Christ est monté aux cieux et est assis à la droite de Dieu le Père tout puissant, d'où il viendra juger les vivants et les morts... Nous disons aussi : notre Père qui es aux cieux...
Est-ce que ces paroles ont un sens pour nous ? Je vous en propose un, symbolique mais fort.

Jésus disparaît dans une nuée

La nuée... celle qui prend tous les assistants de la Transfiguration
sous son ombre avant qu’une voix dise : celui-ci est mon fils bien-aimé... celle sur laquelle viendra le fils de l'homme avec puissance et grande gloire... (Luc 21,28), celle dans laquelle montent vers le ciel les deux témoins de Dieu de l'Apocalypse (11,12)... la colonne de nuée qui était sur la tente du Rendez-vous, le lieu de la présence de Dieu, pendant la marche du peuple hébreu au désert et qui disparut après leur passage vers la Terre promise... Cette 'amoud ha'anan a pour valeur 99, le nombre de la Résurrection pour les kabbalistes chrétiens. Nombre du retour du Christ ?
Au-delà de la question historique, l'Ascension est pour nous le signe indéfectible de notre salut dans la mort de notre Seigneur et de son retour (Actes 1,11)
, que nous sommes invités à attendre.

Jésus Christ, le témoin fidèle, le Premier-né d'entre les morts, le Prince des rois de la terre (...) nous aime et nous a lavés de nos péchés par son sang, il a fait de nous une Royauté de Prêtres, pour son Dieu et Père : à lui donc la gloire et la puissance pour les siècles des siècles. Amen. Voici, il vient avec la nuée ; chacun le verra, même ceux qui l'ont transpercé... Oui, amen ! Je suis l'aleph et l'aleph (cf. l'article
L'alphabet hébreu, alphabet de la vie), dit le Seigneur Dieu, Il est-Il était-Il vient, le Maître-de-tout... (Apocalypse 1,5-8)
Amen, viens, Seigneur Jésus ! Que la grâce du Seigneur Jésus soit avec tous ! Amen ! (Apocalypse
22,20-21).

René Guyon


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Jérôme 03/06/2011 22:57



Bonsoir,


L'Ascension est un moment particulier de la vie des apôtres. Voilà que le Christ s'en va en s'élevant dans le Ciel où Il disparaît emporté par une nuée. Voilà qu'ils auraient pu penser qu'Il les
abandonnait, ou que la ta^che des chrétiens aurait été d'attendre son retour le nez levé au Ciel.


Le Ciel, qu'est-ce? Il ne faut pas entendre ce mot au sens littéral mais au sens métaphorique. Le ciel par son immensité, sa pureté, ses couleurs tantôt bleue, noir ou gris symbolise l'Infini,
l'insondable...Le ciel c'est l'image du royaume de Dieu. Le Ciel de Dieu c'est l'au-delà, ce qui dépasse les apparences, c'est cette autre dimension de la réalité, une réalité supérieure,
surnaturelle, qui transcende le temps, c'est l'éternité.


La tâche des chrétiens c'est d'incarner leur rôle de fils de Dieu en annonçant la venue du royaume de Dieu. Le chemin de foi du chrétien se situe entre ciel et terre, aux confins de cette ligne
d'horizon que dessinent ces deux réalités.


Aussi depuis la venue du Christ parmi nous, des hommes et des femmes l'ont suivi en cherchant à l'imiter. La tradition de l'Eglise catholique a été bâtie par ces hommes et ces femmes, connus ou
inconnus. Au cours de son histoire, cette tradition a mis en évidence des dogmes par l'approfondissement des Saintes ecritures où Dieu se révèle. Ces dogmes permettent de formuler le mystère de
Dieu sans le dévoiler. Un mystère, disait Saint Augustin, c'est que l'on n'a jamais fini de comprendre. Il y a sur ce lien un article très instructif sur l'émergence et la fonction d'un dogme
dans l'Eglise catholique:


http://fr.wikipedia.org/wiki/Dogmes_catholiques


Enfin, la soif de Dieu et d'absolu anime tous les hommes, mais ils vivent dans un monde qui leur fait prendre des vessies pour des lanternes. Avez-vous remarquer que tous les produits de
consommations dont on fait la publicité se voient attribués des qualités divines? Il arrive ainsi qu'un film rencontre cette soif, interpelle, étonne et laisse songeur voire méditatif. Le film de
Terrence Malick peut en effet provoquer une réflexion sur le sens de la vie, inciter à la contemplation en invitant à un autre regard sur la vie. Sortons de cette caverne consumériste,
productiviste, et affairiste où nous enferme ce monde, comme ce père de famille dans Tree of Life travaillé par ses ambitions et son individualisme forcené!


Par ailleurs, je suis frappé de voir que Tree of Life, le Grand silence, ou des Dieux et des hommes s'inscrivent largement dans une perspective chrétienne. On ne va pas vraiment vers Dieu si on
ne connaît pas la voie qui y mène vraiment. Toutes les religions du monde portent en elle ce désir de Dieu, mais aucune ne le formule et ne le vit comme le judéo-christianisme, où Dieu vient à la
rencontre des hommes.


Il est sans doute commode pour certains jésuites de préconiser une approche de Dieu en faisant abstraction des rites (ces jeux sacrés), des dogmes, de la culture catéchétique voire théologique.
Mais il ne faudrait pas qu'ils oublient qu'ils ont eu, eux, une formation d'excellence en ces domaines avant de parvenir aux limites du mystère, là où la pensée est confrontée à l'impensable, à
l'insondable. Si de tels théologiens existent, ils me font penser ces pédagogistes qui ont dévalorisé la transmission du savoir pour promouvoir l'épanouissement individuel de l'élève, et on
connaît le résultat, qui n'est pas folichon!


Or, il est important d'enseigner aux enfants les rites, les dogmes, la culture catéchétique et théologique, car sans ces bagages, la foi ne va pas trés loin. L'intelligence de la foi se cultive.
Certes, il y a eu une rupture de transmission dans les héritages et dont les causes sont multiples (idéologiques, sociologiques, historiques, institutionnelles), mais cela ne doit pas vouloir
dire qu'il faut faire table rase de cet héritage. Ce serait faire injure à nos ancêtres, à la Tradition, et à l'Esprit Saint...


Fraternellement dans le Christ!



Francine Bouichou-Orsini 03/06/2011 18:05



On pourrait prolonger la méditation sur l’Ascension, proposée par René Guyon et par les commentaires qui l’ont suivie immédiatement, en insistant sur deux notions : l’Esprit
Saint et la nuée,   ; ce qui, d’ailleurs croise aussi l’article de G. Piétri sur  « Le silence de Dieu ».

Devant ses disciples réunis, Jésus leur annonce : « Vous allez recevoir une puissance, celle du Saint Esprit qui viendra sur vous et vous serez alors mes témoins (…) jusqu’aux extrémités de la
terre. A ces mots, sous leurs yeux, il s’éleva et une nuée vint le soustraire à leurs regards » (Ac 1, 8-9).

Oui, notre représentation de Dieu ne peut se réduire à aucune image donnée, à aucun dogme, aucun rite, c’est un mouvement de dépassement, orienté par L’Esprit qui, à chaque
époque, à chaque moment, vient à nous pour nous réveiller de  notre torpeur reposante, pour nous inciter à Le découvrir, sous la forme qu’Il désire ; là où Il demeure
aujourd’hui.

Et je pense à quelques  films primés qui ont, inopinément,  présenté l’occasion d’éveiller le sens de la transcendance, souvent enfoui sous d’autres considérations,  ordinairement
majorées par les médias. Outre le  film de  Terrence Malick (que je n’ai pas vu encore), j’évoquerai deux autres films qui ont capté l’attention du public : « Le grand silence » 
(film cependant  assez austère), et « Des hommes et des Dieux ». J’avais été frappée par l’attention et le silence de la salle, pendant et après leur projection. Or, cela se passait en
Avignon,  une ville où les Eglises, pratiquement  désertées par les jeunes, reçoivent essentiellement une population restreinte de « cheveux blanc ».  Et, de surcroît, il s’agit
d’un diocèse  -récemment découvert par moi, venue vivre ici pour rejoindre mes enfants et petits enfants-  qui se caractérise par une division mortifère au sein du peuple de Dieu (tant
au sein des laïcs que des clercs), suite aux provocations d’une hiérarchie très rigide. L’accueil de ces films représente des faits encourageants et confirme les travaux récents de théologiens
jésuites éminents : Dieu ne peut être réduit à une représentation religieuse désuète, ; cette  représentation –pour être vivante- doit répondre à des exigences toujours nouvelles,  à
inventer et à reconnaître. C’est ce que Jésus nous a clairement indiqué, Lui qui n’a pas craint d’étonner les autorités religieuses de son temps en s’intéressant à ceux qui n’étaient pas reconnus
alors (l’étranger, la femme prostituée, l’enfant…). Ce Jésus ressuscité, nous demande de ne pas rester à regarder vers le ciel, pas davantage vers un passé révolu, mais d’aller au milieu du monde
réel et actuel, pour aider  à construire cette dignité humaine  qu’Il a aimée à un prix inouï…
Francine Bouichou-Orsini



Nathalie GADEA 02/06/2011 16:15



Depuis le jour où le ciel s’est de nouveau entrouvert notre vocation de devenir
témoins a été suscitée.


Depuis le jour où à l’invisibilité de notre Dieu a succédé la visibilité de
l’Eglise, nous avons reçu notre appel à la mission, grâce  au don promis de l’Esprit Saint.


Témoins, témoigner de quoi ? La croix, la mort, la Résurrection, la conversion pour le pardon des péchés…Comment dire
cela, pourquoi, pour qui et comment  ? Ces mêmes questions nous habitent encore aujourd’hui si nous voulons répondre à cet appel personnel et communautaire.


 


 Vous êtes, vous serez mes témoins… un présent, un futur, un ordre qui concerne ces disciples, présents là à Jérusalem, mais futurs
aussi « jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac1, 8) C’est bien de nous dont il s’agit…


 


Regarder Jésus le Témoin par excellence nous donne cependant des bribes de
réponse car nous sommes témoins d’un Témoin de Dieu, d’un Fils qui a aimé de l’amour fou d’un Dieu pour sa création, qui est venu lui dire le pardon, la tendresse, le guérir de ses blessures de
tous ordres, lui apprendre que Dieu est un Père patient qui l’attend, que les violences n’auront pas le dernier mot sur l’amour, et que cette victoire sur le mal culmine sur la croix. La
vie est du coté de l’amour qui est éternel…


 


C’est nous qui  en sommes les
témoins… des témoins bénis par le Seigneur depuis l’Ascension, des témoins revêtus de puissance
depuis la Pentecôte…


 C’est nous qui sommes les témoins d’un Dieu d’amour qui s’est retiré discrètement pour nous laisser toute la place à sa suite…Il
s’est retiré et nous appelle à notre responsabilité.


 Alors regardons ce Témoin, contemplons-Le et nous resplendirons de Celui que nous, nous savons nous  habiter et qui n’a quitté cette  terre que  pour rejoindre par son
Esprit chaque homme du monde entier  au plus intime de son  intime.


 


Mais alors, depuis ce jour-là : le Ciel, c’est la
terre !!!  Sans doute, puisqu’elle  est désormais habitée sur toute son étendue par  l’Amour qui triomphe de  tout….


 


En serons nous
les signes? Il ne tient qu'à nous sous le Souffle de l'Esprit.  



madeleine 06/05/2008 22:12

Je ne partage pas la phrase:"notre salut dans la mort de N.S. Jésus et son retour que nous sommes invités à ATTENDRE"
Sur l'Ascension : 2 réflexions:
Le ciel n'est pas un espace interstellaire. C'est un mouvement, une dynamique ; une dynamique divine dans laquelle Jésus s'accomplit après être descendu sur terre, dans la matière et dans la souffrance des enfers. Montée après descente au plus profond de l'être incarné, dans les ténèbres de l'être et l'angoisse de l'agonie.
L'ascension de Jésus NOUS invite chacun à descendre dans notre Pâques, notre souffrance et notre incarnation pour nous élever ensuite à sa suite vers la lumière et l'Esprit.
Descendre dans nos ténèbres en les acceptant et les transfigurer par l'Esprit d'amour et d'abandon du Christ. DESCENDRE ET MONTER. Verticalité entre terre et ciel, appelé à partager avec le Christ cet état divin

Dans les Actes, (comme dans Luc auprès du tombeau): les 2 hommes en blanc : ils NOUS invitent à ne pas rester figés les yeux vers le ciel, idolâtres du Christ; ils invitent au mouvement, à chercher ailleurs, à ne pas rester figés dans nos représentations.
Ainsi devant le tombeau: "pourquoi cherchez vous parmi les morts celui qui est vivant?
Le mouvement est inverse: les femmes regardent en bas, dans la terre-mort: les anges invitent à le chercher dans la vie, parmi les hommes.
Résurrection: passer de la terre-matière,sans le souffle = mort => la Vie spirituelle
Ascension: passer du ciel, symbole de lumière => la Vie incarnée
Les 2 anges NOUS repoussent hors de nos fascinations, qu'elles soient morbides-désespérées ou mystiques-désincarnées, à la recherche d'un Jésus, toujours ailleurs.
"Ne me retiens pas" dit Jésus à Marie-Madeleine
La saisie de Dieu l'éloigne toujours.
Pas d'arrêt sur image...!!
L'arrêt, et la fixation sont Mort.
Chercher, désirer toujours ailleurs que dans nos attentes, nous réveiller (ressusciter).
Ad-tendre oui, vers Lui, déjà là, encore là, toujours là en nous, invisible.

René Guyon 07/05/2008 15:32



Merci Madeleine pour ce grand commentaire plein de vie !
Je crois comprendre que vous ne partagez pas le fait qu’il faille attendre le retour du Seigneur. Mais nous disons quand même à chaque messe : «
nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus, nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire » (ou d’autres formules équivalentes).
Sans doute pensez-vous que je mets dans ce mot une connotation d'attitude passive. Mais je suis particulièrement touché par le verset « mon âme attend le Seigneur plus que les veilleurs
l’aurore » (Psaume 130,6 dit De Profundis que malheureusement on ne dit pratiquement qu’aux messes des morts !). Et je crois fermement qu’une attente peut être active : peut-on être
passif quand on attend la rencontre de l’être qu’on aime par-dessus tout ? Le Cantique des cantiques dit cela admirablement : « Montre-moi ton visage, fais-moi entendre ta voix… Je
me lèverai donc… dans les rues et les places je chercherai celui que mon cœur aime » (Cantique 2,14.3,2).
L’attente du Seigneur doit être le moteur de notre vie, nous sommes entièrement d’accord sur ce point.
Et Marie-Madeleine nous apprend que nous devons constamment TENDRE vers le Seigneur, sans vouloir mettre la main sur Lui…


P.S. : vous parlez de « descendre et monter » et cela me pousse à vous inviter à (re)lire l’article Descendons dans le Jourdain, l'avant-dernier article en page 8 de la Rubrique
D'une Alliance à l'autre !