Chemin d’Emmaüs, chemin d’Éden

Publié le par Garrigues

Le deuxième dimanche après Pâques, on lit dans les églises l'évangile des Disciples (ou Pèlerins) d'Emmaüs (Luc 24,13-35), texte bien connu qui a donné matière à un nombre faramineux de tableaux, gravures et sculptures.

Le thème tient en quelques mots : ressuscité, Jésus rejoint sur la route deux disciples, blessés et humiliés par la condamnation et la mort de l'homme dans lequel ils voyaient le Messie d'Israël qui devait les libérer. Pensant n'avoir plus rien à faire à Jérusalem, ils rentrent dans leur village, Emmaüs.

Emmaüs

Emmaüs, Emmaous en grec de Luc, est un village que beaucoup de savants très savants ont essayé de localiser avec précision pour savoir à combien de stades il se situait de Jérusalem, afin d'évaluer la crédibilité chronologique du récit, comme dans une enquête policière : les disciples ont-ils eu le temps matériel de faire l'aller-retour Jérusalem-Emmaüs dans la journée ?! Une fois de plus, l'arbre de l'historicité cache la forêt de la catéchèse....

Tout à leur savante recherche archéo-chronographique ils ne se sont apparemment pas intéressé à la signification symbolique et théologique du toponyme Emmaüs.

Ils ne se sont donc pas aperçus qu'on trouve dans le Premier Testament en grec un lieu appelé Ammaous et la construction d'une ville forte en ce lieu (1Maccabées 3,40 et 1Maccabées 9,50-51) : de retour à Jérusalem, Bacchidès se mit à construire des villes fortes en Judée : la forteresse qui est à Jéricho, Emmaüs, Bethoron, Béthel, Tamnatha, Pharathôn et Tephôn, avec de hautes murailles, des portes et des verrous, laissant en chacune d'elles une garnison pour sévir contre Israël.

Pas plus qu'ils ne se sont aperçus qu'on trouve dans le Premier Testament en hébreu le mot hama'oz (Juges 6,26 et Daniel 11,31) signifiant la forteresse, le rocher. Hama'oz a pour valeur 47, nombre de l'Incarnation (cf. l'article Qui et l'agneau de Dieu incarné) : c'est bien Jésus incarné et ressuscité qui rejoint les disciples sur leur chemin de mort qui sera - à leur retour - un chemin de vie, une renaissance dans le monde réel.

Dans ce contexte, on pourrait imaginer aussi que les disciples se posent une question : 'ey hama'oze, c'est-à-dire : où est la forteresse, le rocher... sur lequel nous pensions pouvoir nous appuyer ?, question dont la valeur est 58, nombre de Jésus. La réponse est donc dans la question : leur forteresse, leur rocher, c'est Jésus !

Mais pour l'instant, ces hommes ne savent pas tout cela ; ils sont tristes et abattus...

Le visage sombre

Certaines bibles - Segond, par exemple - écrivent que Jésus leur demande pourquoi ils sont tristes ; mais on peut, et de loin, préférer une version qui utiliserait une expression plus populaire : mauvaise figure !

En effet, cela rappelle une question tout à fait semblable qu'on trouve dans le Premier testament : pourquoi faites-vous mauvaise figure - peneykhem ra'iym ? (Genèse 40,7 : question de Joseph aux eunuques de Pharaon qui sont avec lui en prison).

Et ce qui suit cette question est très intéressant : les eunuques répondent à Joseph qu'ils ont fait un songe et n'ont personne pour l'interpréter, et Joseph leur répond : n'est-ce pas pour Élohim que sont les interprétations ? Ici, c'est pour Jésus que les interprétations sont réservées, lui qui va expliquer longuement aux disciples rencontrés sur le chemin pourquoi il est venu dans le monde. La guematria confirme cela avec éclat, puisque la réponse de Joseph aux eunuques a pour valeur 222 (le nombre 2 représentant, on le sait, la deuxième personne de la Trinité, Jésus, qui est Dieu).

Sous l'affirmation de Joseph dans la Genèse, on peut entendre que Jésus a le monopole de l'interprétation des Écritures à l'humanité.

Le nom des disciples

On ne connaît pas le nom des deux disciples, mais le texte dit que l'un d'eux, nommé Cléopas, en grec Kléopas, prend la parole et dit (à Jésus) : tu es bien le seul habitant de Jérusalem à ignorer ce qui est arrivé !

Les savants expliquent que cet homme est le même que celui qui est nommé en Jean 19,25 : Marie, femme de Clopa - et non Clopas, comme écrit la Bible de Jérusalem - en grec Klôpa, est citée parmi les femmes qui étaient près de la croix de Jésus. En tant que proche de Jésus, Cléopas aurait donc été au Cénacle et aurait vu les femmes qui sont revenues [leur] dire qu'elles n'ont pas trouvé le corps de Jésus et qu'elles ont même eu la vision d'anges qui le disent vivant (Luc 24,23)

Cela est bien... Mais ce qu'en général on oublie - une fois de plus - c'est de se demander pourquoi cet homme s'appelle ainsi, puisque Luc prend la peine de le nommer, alors qu'on ne connaît pas le nom de l'autre disciple.

On peut envisager que le patronyme Cléopas soit formé de deux mots grecs, kléo et pas, qui signifient :

- le premier : bruit, nouvelle qui se répand

- le second : ce qui est important, la chose principale (sens dérivé du mot grec pas : tout, comme on trouve en français l'expression être tout pour quelqu'un).

Ce Cléopas serait donc fait pour entendre interpréter par cet homme la Bonne Nouvelle - depuis la création de l'homme jusqu'à sa propre résurrection - découvrir que cet homme est Jésus ressuscité, puis aller vers les autres disciples pour répandre cette nouvelle, la nouvelle la plus importante pour l'humanité tout entière !

Mais on peut aussi envisager que ce disciple ait un nom qui ait quelque chose à voir avec l'hébreu, comme d'habitude... Et il suffit de consulter un dictionnaire d'hébreu talmudique pour découvrir que le mot qalpha' (p et ph sont la même lettre en hébreu ; c'est pour cela que Cléopas est aussi Cléophas) désigne les quatre parchemins placés dans les tefilin utilisés par les juifs pour la prière (les tefilin sont des petites boîtes cubiques en cuir, que les juifs se placent sur le front et le bras pendant la prière). Ces parchemins contiennent les textes des quatre passages de la Torah où Dieu donne ses instructions concernant les tefilin

Ces instructions invitent le peuple juif à se souvenir :

-    du jour de leur libération d'Égypte : célébrer la Pâque et offrir à Dieu ses premiers-nés mâles, enfant et bêtes (Exode 13,1-10 ; Exode 13,11-16).

-    de la loi de Dieu : tu aimeras le Seigneur de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir... et de ne pas servir d'autres dieux (Deutéronome 6,4-9 ; Deutéronome 11,13-21).

Ces quatre textes de la Bible se terminent tous - à peu de chose près - par : ces paroles que je vous dis, mettez-les dans votre cœur et dans votre âme, attachez-les à votre main comme un signe, à votre front comme un bandeau.

Ce disciple qalpha' est bien celui qui devait être appelé à faire mémoire et à inscrire au plus profond de lui-même cette instruction divine : inscris au fond de toi - pour que les générations après toi se souviennent qu'il leur a donné la vraie liberté et sa loi d'amour - que Jésus est annoncé dans toute la Torah, du début à la fin, qu'il est venu, qu'il est mort et ressuscité ; et proclame au monde - pour que les générations après toi se souviennent et qu'elles perpétuent cet acte - que le Seigneur prit du pain...

L'ignorance (présumée) de Jésus

La présentation de l'ignorance de Jésus ne manque pas d'humour et peut rappeler à celui qui a les yeux assez ouverts pour le voir (ce qui n'est pas le cas des disciples !), le récit dit de Jésus au milieu des Docteurs de la Loi (Luc 2,41-50), où Jésus âgé de douze ans discute avec les Docteurs de la Loi. On démontre aisément (mais ce n'est pas vraiment notre sujet) qu'il est l'épisode symétrique de celui des disciples d'Emmaüs dans l'évangile de Luc  (la construction de l'évangile de Luc est symétrique, en « chiasme », par rapport au verset 9,51). 

Les principaux points communs entre Jésus au milieu des Docteurs de la Loi et Les disciples d'Emmaüs sont les suivants :

- les deux épisodes se passent au moment de la fête de la Pâque

- dans les deux épisodes, les personnages s'en retournent de Jérusalem chez eux puis reviennent à Jérusalem : ici les disciples, là les parents de Jésus

- dans les deux épisodes il est question de 3 jours : ici voici le troisième jour, là au bout de trois jours

- dans les deux épisodes Jésus est celui qui pose les questions à « ceux qui savent » :

o  ici Jésus questionne les disciples : quels sont donc les propos ?... mais il est écrit : il leur interpréta dans toutes les Écritures...

o  là Jésus enfant est montré écoutant et interrogeant les docteurs... mais il est écrit : tous ceux qui l'entendaient étaient stupéfaits de son intelligence et de ses... réponses !

- l'émotion gagne ceux qui le reconnaissent : ici les disciples ont eu le cœur brûlant en l'écoutant, là ses parents furent saisis d'émotion.

Et ici aussi Jésus va montrer sous peu, par son Ascension, qu'il doit être aux affaires de son Père...

Jésus, le Docteur de la Loi par excellence, va maintenant se livrer à un exercice d'exégèse unique au monde dont tout chrétien devrait rêver d'être le bénéficiaire !

La réponse de Jésus : l'interprétation des Écritures

Les yeux des disciples étaient empêchés de reconnaître Jésus ; il les traite de cœurs sans intelligence, eux qui pensent savoir (tu es bien le seul à ignorer, dit Cléopas à Jésus). Ils sont comme les hommes dont parle Isaïe 44,18 : ils ne savent pas, ils ne comprennent pas, car leurs yeux sont incapables de voir, et leur cœur de réfléchir. 

Ces hommes incapables de réfléchir mais qui, tout à l'heure, auront le cœur embrasé par le feu de la Parole de Jésus ont, pour l'instant, les yeux empêchés de le reconnaître, parce qu'ils espéraient que l'homme qu'ils ont vu sur la croix était celui qui venait pour délivrer Israël. Ils l'ont vu crucifié par les chefs des juifs, et - en bons Juifs - ils ne peuvent pas reconnaître le Messie annoncé dans cet homme supplicié de façon infamante.

Alors Jésus interprète pour eux les Écritures et tout ce qui le concernait, en commençant par Moïse (c'est-à-dire le Pentateuque, dont la tradition juive dit qu'il a été intégralement écrit par Moïse) et en parcourant tous les Prophètes (c'est-à-dire le reste du Premier Testament). Il leur prouve ainsi qu'il fallait que le Christ souffrît pour entrer dans sa gloire.

N'importe quel lecteur pense certainement qu'à la fin de ce long enseignement sur l'annonce du Messie dans l'Écriture les disciples vont reconnaître Jésus, et en Jésus le Messie ! Eh bien, non : ils ne le reconnaissent pas encore...

Mais ils l'invitent à entrer avec eux dans un lieu de paix, à l'écart du monde.

Quel est le rôle de la fraction du pain ?

Alors qu'il était à table avec eux, Jésus prit le pain, prononça la bénédiction, le rompit et le leur donna, et leurs yeux furent ouverts et ils le reconnurent...

Avec un peu de mauvais esprit, on pourrait se demander pourquoi ces disciples, qui n'étaient pas à la Cène car ce ne sont pas des apôtres, ont réagi à la vue d'un acte auquel ils n'avaient pas assisté et qu'ils ne connaissaient sans doute pas !

Mais il est préférable de se poser une vraie question : pourquoi la reconnaissance de Jésus par les disciples - précédée de l'ouverture de leurs yeux - n'est-elle intervenue pour eux qu'à ce moment tardif de la fraction du pain et non au cours, ou même à la fin, de la - brillante - démonstration qu'il leur a faite ?

Pour trouver la réponse, il suffit de rechercher dans le Premier Testament une concordance sur l'un des trois mots ouvrir, œil-yeux ou (re)connaître. Le premier texte que l'on trouvera sera toujours celui de la Genèse où il est dit d'Adam et Ève, après qu'ils eurent mangé le fruit de l'arbre de la connaissance, que leurs yeux furent ouverts et [qu']ils connurent qu'ils étaient nus (Genèse 3,7).

Chemin d'Emmaüs, chemin d'Éden

Il semble donc apparaître dans le texte de Lc un parallèle (évident, encore une fois, pour qui sait le voir, mais qu'on n'évoque jamais dans les églises et qu'on ne lit jamais dans les ouvrages savants...) avec le texte du chapitre 3 de la Genèse, celui du Jardin d'Éden, que je me refuse à appeler de la Chute ou du péché originel.

En mettant en regard les récits d'Emmaüs et du jardin d'Éden on remarque que ces deux textes développent leurs thèmes de façon tout à fait parallèle :

 

 

Genèse 3

Luc 24,13-35

une question de connaissance

l'homme et la femme n'ont ni la connaissance ni le droit de manger de l'arbre qui la donne

les deux disciples ont la connaissance : tu es bien le seul à ne pas savoir, dit Cléopas à Jésus

un aveuglement devant une évidence

l'homme et la femme ne voient pas leur nudité

les deux disciples ne reconnaissent pas Jésus

une idée erronée

l'homme et la femme sont dans l'erreur en croyant, d'après la défense divine, qu'ils mourront s'ils mangent l'arbre 1

les deux disciples se trompent en pensant, selon l'opinion commune, que le Messie doit libérer Israël de la domination romaine

une question du personnage qui arrive alors qu'on ne l'attendait pas

le serpent interroge : alors, Dieu a dit... ?

Jésus interroge : quels sont donc ces propos... ?

l'affirmation du personnage qui sait

le serpent détrompe la femme : vous ne mourrez pas !

Jésus détrompe les disciples : ne fallait-il pas que le Christ souffrît... ?

les explications du personnage qui sait

vos yeux seront ouverts et vous serez comme des dieux connaissant le bien et le mal, dit le serpent

Jésus interprète aux disciples, dans toutes les Écritures, ce qui le concernait

l'acte qui ouvre à la connaissance

la femme prit le fruit, en donna à son mari (...) et leurs yeux furent ouverts et ils (re)connurent qu'ils étaient nus : la manducation du fruit défendu leur ouvre les yeux.

Jésus prit le pain (...) en donna aux deux disciples et leurs yeux furent ouverts et ils le reconnurent : la manducation du pain leur ouvre les yeux.

la disparition

l'homme et la femme disparaissent de devant Dieu en se cachant sous un arbre

Jésus disparaît de devant les disciples

le départ du Paradis vers le monde

l'homme et la femme sont chassés par Dieu du jardin d'Éden pour entrer dans la vie du monde réel

les disciples quittent l'auberge pour aller à Jérusalem, dans le monde, et retrouver les Onze et leurs compagnons pour témoigner.

 

1 Cela peut paraître choquant, mais il est écrit que Dieu - après la manducation du fruit de l'arbre interdit - redoute que l'homme mange de l'arbre de Vie et vive pour toujours (Genèse 3,22), ce qui prouverait que l'homme n'a pas été créé immortel.


Nous sommes en présence d'une nouvelle vocation de l'homme : l'ouverture à la connaissance par l'homme de sa petitesse devant Dieu au tout début du Premier Testament est réécrite pour ces deux disciples à la toute fin du Second Testament, sous la forme de leur ouverture à la connaissance de la grandeur du Christ, fils de Dieu envoyé sur Terre.

Eux, qui croyaient connaître la destinée de Jésus, sont simplement appelés à reconnaître Dieu en Jésus, comme Adam et Ève, qui voulaient connaître comme Dieu, étaient simplement appelés à connaître Dieu.

Une fois encore l'évangile reprend un thème fondateur de la foi juive pour le transcender, sans l'abolir (on se rappelle que Jésus a fait de même avec le pain et les coupes, à son dernier repas ; cf. l'article Une coupe, des coupes ; une Pâque, des Pâques) : aux disciples qui pensent avoir la connaissance Jésus se présente comme ignorant avant de leur livrer la connaissance à laquelle tout croyant rêve d'être initié : où et comment le Premier Testament annonçait la venue de Messie Sauveur, Jésus.

Connaissance que je souhaite de toutes mes forces acquérir, sinon ici-bas mais au moins dans l'au-delà !

La seule vraie connaissance fondamentale est bien de savoir que nous sommes sauvés gratuitement, par la seule action de l'amour infini de Dieu !

Illuminés par la révélation de la Résurrection de Jésus, les disciples vont, comme Adam et Ève, quitter le Paradis - le havre de paix de la maison - pour retourner dans le monde annoncer Jésus ressuscité, en pleine unité avec Dieu qui s'est approché d'eux, mais eux aussi dans la peine et la sueur de leurs narines... (cf. Genèse 3,16-18).

 

René Guyon

 

Deux clins d'œil surnuméraires :

- Je n'ai pas parlé d'une autre racine hébraïque du patronyme Cléopas : en hébreu talmudique, on peut le rapprocher de kelouphesiyn, qui désigne... une sorte de figue ! Cf. Genèse 3,7, verset de l'ouverture des yeux de l'homme et de la femme qui connurent qu'ils étaient nus et qui, dans la version officielle, cousirent des feuilles de figuier et se firent des pagnes (Bible de Jérusalem) !

- Un article en forme de poisson d'avril, qui annonçait celui que vous venez de lire, évoquait la possibilité que le second disciple d'Emmaüs soit une femme ; cela n'était pas si farfelu, puisque on vient de voir que ce texte est un midrash du récit du jardin d'Éden, dont les héros sont bien le premier homme et la première femme !

 

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Jérôme 19/09/2011 14:53



Cher René Guyon,


Je viens de prendre connaissance de votre article sur les compagnons d'Emmaüs. Je dois dire que votre méthode d'approche du texte biblique à la fois linguistique et exégétique est l'expression
d'une grande rigueur méthodologique.


Je trouve tout à fait instructif la comparaison que vous faites entre le texte qui relate la rencontre du Christ sur le chemin d'Emmaüs avec le récit de la rencontre de Satan par Adam et Eve.
Cependant, je ne partage pas vos scrupules à qualifier le récit de la Genèse de récit de la chute ou du péché originel.  Et ce d'autant plus que la comparaison entre ces deux textes montre
qu'en consommant le fruit défendu Adam et Eve désobéissent à Dieu et prétendent lui égaler par la troupérie diabolique qui les sépare de Dieu d'une part, et d'autre part qu'en consommant le pain
de vie les hommes sont appelés à être guéris et libérés de ce péché originel qui défigure les hommes et les femmes au cours de l'histoire.


La comparaison entre les deux textes montre aussi l'ambiguité de l'acte de consommer qui peut soit corrompre, soit revivifier l'homme. Le fruit défendu a corrompu la nature humaine, alors que le
pain de vie ouvre la voie de la guérison. On pourrait faire le même parallèle avec les mânes qui tombent du Ciel pour nourrir le peuple hébreux qui erre dans le désert.


L'eucharistie catholique s'inscrit dans la continuité de ce rapport salvifique à la manducation de ce qui est divin, reçu comme don, ce qui implique une réceptivité empreinte d'humilité et de
repentance. On ne guéri pas un patient qui refuse de se soigner ou qui n'adhère pas avec confiance au traitement et aux soins qu'on lui propose...


D'ailleurs, il serait intéressant d'analyser le consumérisme actuel à la lumière de ces textes bibliques.


Fraternellement dans le Christ!



Michel Louis Lévy 11/12/2008 13:00

Je vous rappelle que Marie Vidal, dans "Jésus et virounèka" consacre un chapitre (4) à Cléophas. Elle en rapproche le nom, p. 44, de "Aleph" la première lettre de l'"alphabet", et de "Calife". Toutes ces étymologies, apparemment différentes, ne se contredisent pas. Elles illustrent ce que Maurice Mergui appelle le phénomène de "condensation". 

Passant 05/04/2008 08:06

Alors, si je comprends bien, le fruit défendu c'est le pain eucharistique ! Scandaleux...
Sauf si on comprend, ce que je commence à faire à force de vous lire, ce que veut dire que Jésus est venu "non pas abolir, mais accomplir", remplir de sens, l'Ancien Testament. Tout l'Ancien Testament, y compris le péché originel.
Le fruit de l'arbre de la connaissance de Jésus, c'est l'Eucharistie. Mes yeux sont ouverts, non plus sur ma pauvre nudité, mais sur la grandeur du sacrifice de Jésus.
Merci de nous l'avoir révélé si simplement et si complètement. J'ai l'impression que je mourrai moins idiot (au moins au niveau de ma foi).
P.S. : bravo aussi pour le "coup" de l'épouse de Cléophas.