Dimanche 3 juin
Sainte Trinité
Deutéronome 4,32…40
Psaume 32
Lettre aux Romains 8,14-17
Matthieu 28, 16-20
« Je suis avec vous
pour toujours,
jusqu’à la fin du monde ».
Avec vous
c’est la traduction même
du nom donné à Jésus,
Emmanuel, d’après Matthieu,
au début de son évangile.
Dieu est
« Père, Fils, Esprit »,
il est trine
disent les spécialistes.
Bien sûr,
je peux
comprendre cela
en mon esprit,
par mes facultés mentales.
Le petit d’homme accède
à la vie psychique
du moment
qu’il peut accéder
à la représentation symbolique
de la mère absente.
Il pourra alors
dire « je »
ce qui implique
qu’il y a un « tu »
et qu’il y a
une relation de
« je » à « tu ».
Schéma modèle
sur lequel va s’ériger
la personne adulte.
Soit.
Cela explique l’homme.
C’est tout.
Pour valide qu’il soit,
le modèle
ne me paraît pas
épuiser ce qu’est
mon mari ou ma fille
et la relation que
j’ai à l’un et à l’autre.
Les théories évolutionnistes
ou cognitivistes
ne me satisfont pas.
La question de la Trinité
ne peut se réduire
à toutes les discussions
qui ont fait rage
aux premiers siècles
du christianisme.
Ce qui traverse
et anime ce « dogme »
(tardif d’ailleurs)
c’est que Dieu est vie
et que s’il est vie,
il est
relation et présence
(ce sont, du reste,
ces deux mots qui sont
dans le « je » et le « tu »)
et non
pure conscience
réflexive et statique.
L’incarnation,
autre « dogme » est alors
ce Dieu venu
en notre chair
pour répandre
dans le créé
le « modèle »
ou l’essence même
de son être,
pour se répandre
de la seule façon
qu’il pouvait le faire,
par l’amour
qui « circule »
entre lui et son Fils.
L’Esprit est désormais
dans l’Histoire pour
la transformer en Trinité.
Tout compte fait,
par ce baptême
que j’ai reçu
au nom du Père,
du Fils et de l’Esprit,
je suis entré seulement
dans une relation
d’amour universelle
qui fait de moi
un fils et un frère,
un ami et non plus
un esclave.
Me voilà donc
libéré du sacré
et même du religieux.
Ouf !
Je n’y avais jamais pensé.
Angelo Gianfrancesco
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