Terre de Margeride : la fable de la Genèse

Publié le par Garrigues et Sentiers

Chapiteau de la luxure, église abbatiale Saint-Gervais & Saint-Protais, Langogne (Lozère)

Chapiteau de la luxure, église abbatiale Saint-Gervais & Saint-Protais, Langogne (Lozère)

Crucifix fichés dans le granit, 

Trio du Golgotha en surplomb sur le village

Chapelles disséminées des hameaux

Héritage du passé ? hiéroglyphes du temps présent ? 

Sous les chapiteaux romans: 1

Adam rongé par le destin de pierre,

Tous les saints du Paradis pourchassent le Serpent,

Tapi, lové dans le cou d’Eve

Eve amoureuse passe le porche vers l’avenir

Dieu, père divin, soupire

« Le choix de l’homme,

 la douleur et  la connaissance.

 Laissons croître notre humanité »

Dieu, père divin, comprend

« L’ennui éternel du Paradis, 

Les Passions mortelles de l’Enfer, 

Ils auront besoin de moi »

Au carrefour des vents,  le cyclone l’ emporte,

Les désir des hommes, le désir de Dieu 

Se pétrifient dans les Âges

 

Christiane Giraud-Barra

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lévy 19/09/2020 21:50

"Eve amoureuse passe le porche vers l’avenir", puis « L’ennui éternel du Paradis, Les Passions mortelles de l’Enfer (...) » : oui la terre de Margeride est si belle, si sauvage et si attachante !
Quant à "la fable de la Genèse", elle renvoie à Spinoza, frappé d'exclusion, de herem, pour avoir pensé, dit et écrit (et sans doute le premier), que tout dans le Livre était fait de métaphores.
Celles-ci, qui s'ouvrent sur un paysage de "Crucifix fichés dans le granit,(de) Trio du Golgotha en surplomb sur le village, (de) Chapelles disséminées des hameaux" composent un très beau chant.
Et une saisissante interrogation : ''Héritage du passé ? hiéroglyphes du temps présent ?". D'autant plus saisissante que sous la musique de ce chant, se glisse l'idée que ces hiéroglyphes-là sont indéchiffrables et donc inaltérables.