La Transcendance, une réalité cachée dans notre vie

Publié le par Garrigues et Sentiers

Ce n'est pas vraiment une réponse que j'apporte à l’article de Didier Lévy, Regards sur un Messie chrétien : réévaluer la frontière judéo-chrétienne ? et aux commentaires qui en ont déjà été faits dans ce blog, mais simplement un point de vue sur ce que je vis et sur ce que je crois.

Je vais partir de l'idée de transcendance qui pour moi, contrairement à Didier, est primordiale.

La définition sur internet de la transcendance c'est tout ce qui se situe ou qui s'élève au-dessus. Elle indique l'idée d'un dépassement ou de franchissement... Le terme de transcendance s'applique essentiellement à Dieu. Il est donc inutile d'employer ce mot si l'on ne croit pas en Dieu ou en une puissance supérieure à la nôtre. En niant la transcendance on nie toutes les croyances dans les autres religions et tout ce qui est du domaine du mystère, du caché, la transcendance n'étant pas propre seulement à la religion chrétienne.

 

Depuis son existence sur terre, l'être humain croit en un au-delà de cette vie. La civilisation égyptienne était très avancée sur ce plan là et nous en avons eu souvent des échos dans des documentaires ou dans des expositions dans les musées.

D'après les religions comme le Bouddhisme surtout Tibétain, l’Hindouisme et les religions animistes qui pratiquent le culte des ancêtres, c'est l’être lui-même qui se transcende, qui possède en lui cette faculté.

Dans la religion chrétienne nous disons que Dieu nous sauve par son Fils Jésus mais pas qu'Il nous transcende. La simple décorporation est donc une faculté humaine.

De quoi nous sauve Jésus ? Non pas de la mort matérielle inévitable mais du Mal, de ce qui pourrait nous conduire à un Enfer Éternel. L' Enfer comme le Paradis existent aussi dans les religions monothéistes comme le Judaïsme et l'Islam ; dans le Bouddhisme et l'Hindouisme cet Enfer se présente sous l'aspect de multiples réincarnations. Le Paradis appelé Nirvana n'est obtenu qu'après une succession de vies qui doivent aboutir à une transformation de l'être humain tourné entièrement vers le bien, la dernière de ces vies.

La transcendance est un don de Dieu pas seulement à l'humanité mais à toute la Création. Il faut se rappeler la parabole des lys des champs et des oiseaux du ciel. Si Dieu habille les lys des champs et nourrit les oiseaux, c'est qu'Il habille et nourrit toute la Création selon son espèce et son niveau de créature. Nous définissons aussi Dieu comme Dieu de l'univers. Il faut donc considérer qu'une forme de Vie Éternelle est donnée à tout l'univers. La transcendance ne peut que s'engendrer sur terre c'est pour cela que nous disons que nous possédons déjà la Vie Éternelle en nous.

Le chien pressent, « flaire » la transcendance lorsqu'il se met à hurler à la mort lors d'un décès ou même (comme je l'ai entendu) lors d'une réunion sur l'existence de Dieu quand un des participants prononçait le mot Dieu. Les animaux ont souvent un sixième sens plus développé que le nôtre.

 

Ce don d'expérimenter la transcendance nous pouvons l'avoir ou ne pas l'avoir. Et dans ce dernier cas nous restons incroyants ce qui ne veut pas dire que nous ne serons pas sauvés. Un don ne donne pas de préférence, au contraire, il requiert plus d'exigence mais il fait un être humain un peu plus heureux sur cette terre. Si nous ne croyons pas à l'existence de Jésus Fils de Dieu nous pouvons toujours croire à son message d'amour pour l'humanité et cela reste l'essentiel car le deuxième commandement est semblable au premier, celui-ci étant la foi en Dieu. Nous pouvons aussi faire l'expérience d'une conversion qui peut survenir à chaque instant de notre vie. Cette conversion se fait par la rencontre de Jésus-Christ sans quelquefois que nous le sachions car elle peut marquer un certain flou au début et se préciser au cours de nos années à venir.

Une fois Jésus-Christ entré dans notre vie, Il n'en sortira jamais de lui-même. Nous pouvons le renier mais Il sera toujours là pour nous pardonner. Souvent nous croyons avoir perdu la foi si nous ne ressentons plus sa présence en nous mais il y aura toujours des signes qui nous prouveront que cette foi s'est seulement modifiée, transformée en actes plus qu'en contemplation.

 

Jésus-Christ possède des dons bien au-dessus des nôtres, ça ne fait pas de Lui une idole Nous savons tous qu'il y a des idoles bien plus séduisantes et perverses que je n’énumérerai pas.

Je ne crois pas que les récits évangéliques soient symboliques car ils s'ouvrent sur plus de vie, plus de foi, plus de considération pour les autres et en particulier pour les plus petits.

Ils ne sont pas qu'une copie, qu'un Midrash du premier testament. Jésus crée le symbole par la parabole. Ainsi l'ivraie devient symbole du Mal ; le blé, les fruits de la vigne symboles de la richesse du Royaume apportée par les élus. Il y a toujours des guérisons inexpliquées à Lourdes ou dans d'autres lieux visités par Marie.et encore j'ai été témoin d'une guérison spontanée dans une famille hors de toute religion mais où régnait l'amour entre les membres de cette famille.

Seuls les récits de la Résurrection posent cette question : Le Christ peut-il se matérialiser ou se dématérialiser comme ces récits le donnent à penser ? Tout est possible puisqu'il est Fils de Dieu. Il dit lui-même que sa vie il peut la donner et qu'il peut la reprendre.

Les apôtres, comme nous l'aurions fait, ont vécu cela à échelle humaine. La Pentecôte les a fait entrer dans la transcendance à échelle divine. Il a fallu cette étape ultime pour qu'ils partent témoigner au péril de leur vie, mais ils étaient accompagnés très souvent par l'Esprit-Saint (voir Actes des apôtres) instrument indispensable à l'époque pour que le christianisme se répande dans le monde entier.

Malgré les pouvoirs que nous reconnaissons à Jésus-Christ, nous refusons tous la magie car elle est douteuse sur le plan chrétien et surtout car elle est illusion, hors de la réalité. Dans l'Eucharistie Jésus symbolisait par le pain et le vin son corps et son sang et en créait une mémoire. L’Église en a fait une réalité palpable et pire elle s'y accroche comme étant le sommet de la foi chrétienne alors que l'essentiel c'est la Parole de Dieu, pour moi la présence réelle du Christ étant dans cette Parole adressée à la communauté : « Là où deux ou trois sont réunis en mon Nom, je suis au milieu d'eux »

Dans ce symbole peut-être certains fidèles y trouvent une nourriture pour leur foi. Une sainte comme Marthe Robin a fait découvrir au monde qu'on pouvait se nourrir seulement d'une hostie par jour pendant des années. Jésus, peut-être, dans son amour pour l'humanité, se sert de temps en temps de ce geste symbolique pour se faire connaître et ce geste illusoire, il le transforme en une réalité matérielle afin d'amener les gens à la foi, c'est peut-être ce qu'il a fait à la Cène avec les apôtres mais personnellement je n'y suis pas très sensible. Il y a aussi les pouvoirs insoupçonnés du corps humain qui peut dépasser certaines limites selon les circonstances.

 

En ouvrant la porte de la transcendance nous ouvrons la porte à tous les possibles et cela a quelque chose à la fois de fascinant et d'un peu inquiétant aussi car ça responsabilise. Et pourtant nous sommes tous invités à ouvrir cette porte et à la garder ouverte en nous tournant tout simplement vers Jésus.

Un jour, Abraham a cassé toutes les idoles de terre et de bois de son père et a choisi de partir à la rencontre de ce Dieu qui l'invitait, un Dieu vivant et aimant et il n'a jamais regretté son choix.

J'ai rarement vu quelqu'un adorer Jésus sans y croire.

Les Musulmans ne pouvant reconnaître en Lui le Fils de Dieu, l'ont rangé parmi les prophètes ce qui n'est quand même pas un simple objet, Jésus lui-même s'étant aussi considéré comme un prophète et plus souvent encore Fils de l'Homme que Fils de Dieu.

Pour les Juifs, Jésus n'était pas le Messie attendu mais pas au point de ce que m'a répondu un jour une femme juive à qui je demandais qui était Jésus pour elle. Et la réponse a fusé sans l'ombre d'un doute : « C'était un renégat ». Là il n'avait même pas la qualité d'idole ! Mais j'ai connu des personnes juives à l'esprit beaucoup plus ouvert et respectueux.

J'ai connu quelqu'un qui se disait chrétien et qui ne croyait pas du tout à la transcendance. Il croyait simplement au deuxième commandement : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». Pour lui Jésus était un philosophe, un savant, quelqu'un qui détenait une vérité pour l'avancée de l'humanité. Pour sa compagne, il acceptait d'aller à la messe le dimanche avec elle sans adhérer à la foi en Dieu. Pour lui Jésus était un humanitaire et non le Fils de Dieu.

Il y eut une seule fois au cours d'une conférence, un psychiatre athée qui nous a dit : « Vous les chrétiens, vous projetez un objet devant vous et vous l'appelez Dieu mais c'est seulement une projection de votre imagination » Là, nous avons frôlé la croyance en une idole mais définie par un étranger à la foi chrétienne.

En niant la transcendance, nous nions l'avenir de chacun, nous nions cette ouverture qui supprime les limites de notre existence, nous choisissons l'enfermement et la mort. Quand je dis "ouverture" c'est une simple fêlure comme dit Danielle Nizieux ; mais cette fêlure nous fait entrevoir un univers, l'horizon d'un avenir heureux illimité.

Cependant je continue à penser que si l'on n'a pas fait une expérience de rencontre avec Jésus-Christ, il est difficile de croire en une transcendance.

 

Je vais essayer de définir cette transcendance dans ma vie :

 C'est un contact qui s'établit soudain avec Dieu sous quel effet ? Quelquefois aucun, quelquefois à la suite d'une question qu'on se pose sur le décès d'un proche ou sur une expression évangélique ou encore une inquiétude qu'on manifeste pour un déplacement, pour la santé de quelqu'un ou encore au contact de la nature. Il y a soudain un espace de joie lumineuse qui vient vers toi et qui se laisse cueillir au passage. Elle est très fugitive et sur le moment tu n'arrives pas à savoir ni d'où elle vient ni où elle va. C'est une présence, elle passe comme une caresse et t'inonde de son amour. Elle peut aussi demeurer en toi plus ou moins longtemps mais c'est très particulier à chacun.

Il est vrai, Didier Lévy a raison sur ce point, la transcendance ne peut s'exprimer que dans l'art. La peinture lui met un visage, la musique la transporte, la poésie la transcrit de nos cœurs et la prière surtout la prière nous met en communication avec elle.

 

Christiane Guès

 

 

 

 

 

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