A l'écoute de la Parole de Dieu

Publié le par Garrigues et Sentiers

13e Dimanche du temps ordinaire A 28/6/2020

2 R 4, 8-11. 14-16a ; Ps 88 ; Rm 6, 3-4. 8-11

 

La première lecture, tirée du deuxième livre des Rois, raconte la vie du prophète Élisée. Hébergé chez une femme riche, il se demande ce qu’il peut faire pour elle. Son serviteur lui apprend qu'elle n'a pas d'enfant et que son mari est âgé. Élisée lui dit que dans un an, elle aura un fils.

 

Le psaume chante l'amour du Seigneur, l’amour pour le Seigneur, l’amour du Seigneur et sa fidélité pour chacune des personnes et pour l’ensemble du peuple.

 

L'épître, tirée de l'épître aux Romains ( Rm 6,3-4.8-11) exprime le" dur », le cœur de la foi . Il énonce ce qu'est le baptême : il nous plonge dans la mort du Christ, nous unit au Christ mort et ressuscité, vivant pour Dieu, pour que nous vivions une vie nouvelle, « morts au péché et vivant pour Dieu ».

 

L'Évangile,( Mathieu 10, 37-42) énonce aussi « du dur » : « celui qui aime son père ou sa mère, son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi…,. Celui qui ne prend pas sa croix…… celui, qui donnera à boire à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, ne perdra pas sa récompense ».

Sans doute ces différentes paroles n’ont-elles pas été prononcées en même temps. Mais comment comprendre ces différences de niveaux, entre des gestes simples de la vie quotidienne, la relation aux parents et aux enfants et la mort au péché ?

 

Dans ces 4 textes, la liturgie décrit différents niveaux de la vie chrétienne.

Être croyant, c'est d'abord être sûr de la fidélité de Dieu. C’est de chanter sans fin l'amour du Seigneur : Telle est la toile de fond de la vie chrétienne.

Être croyant, c'est participer à « l'aventure » de Jésus-Christ. Cet homme, que Dieu a reconnu comme son fils, qui n'a pas vécu d'abord centré sur lui-même mais vivant pour Dieu, son Père et pour ses frères. Il a été jusqu'au bout et a donné sa vie sur la croix par fidélité à son père et à ses frères. Ce faisant, « Dieu l’a établi comme son Fils, car Dieu lui-même est don .Cette vie donnée est la vraie vie dont vit Jésus-Christ ressuscité vivant pour Dieu et pour que nous ses frères, vivions de cette vie-là.

Nous sommes nous-mêmes entraînés par le baptême dans cette aventure de mort, appelée à devenir source de vie. Par le baptême, nous sommes « métamorphosés » et appelés à ce que notre vie ne soit plus centrée sur nous, mais vivante pour Dieu et pour nos frères. C’est déjà la vie éternelle commencée aujourd’hui.

La liturgie abonde en gestes de la vie quotidienne traduisant cette vie nouvelle. En réponse aux gestes d'hospitalité de la femme riche qui le reçoit, Élisée ne cherche pas d'abord à l’endoctriner en lui prêchant Yahvé plutôt que Baal, mais cherche ce qu'il peut faire pour elle. C'est la « bienveillance » à l'état pur (vouloir du bien à quelqu’un). C'est en dialoguant avec son serviteur qu'il apprendra le drame de cette femme. Être chrétien, c'est aimer le Christ plus que son père, sa mère, son fils ou sa fille. C’est avoir une vie non d’abord centrée sur soi et ses relations naturelles familiales, mais centrée sur l’Autre, Dieu et ses frères. La preuve de cet amour sera dans les petits gestes vis-à-vis de ses disciples : accueillir, donner un verre d'eau. Qui sont aujourd'hui ces « petits ». ? Viennent spontanément à l’esprit, les millions de migrants et d’exclus. Mais je pense aussi à des prêtres notamment âgés qui traversent aujourd’hui une période difficile : suspectés par l'opinion publique, après avoir été mis sur un piédestal, mais souvent "sans contacts" vrais avec la communauté chrétienne, parfois mis sur la touche par un clergé plus jeune. Quel verre d’eau les rafraîchira ?

                                                                       Antoine Duprez

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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