À l'écoute de la Parole de Dieu

Publié le par Garrigues et Sentiers

Méditation pour le dimanche de PÂQUES (année A)

Ac 10, 34a.37-43 ; Ps 117 (118), 1.2, 16-17, 22-23 ; Col 3, 1-4 ; Jn 20, 1-9

 

Pâques constitue le sommet du cycle liturgique chrétien. Mais pendant longtemps, au terme du Carême, l’attention, disons même la foi des fidèles a été un peu confinée dans le mystère douloureux du Vendredi saint, avec son exaltation de la Croix et en insistant tellement sur son côté sacrificiel, qu’on en oubliait le sens vital. La Croix ne peut être un « signe » authentiquement chrétien qu’interprétée à la lumière de la Résurrection.

La « vocation » de Jésus-Christ n’était pas de mourir, mais — « pour la Gloire de Dieu », comme ce fut le cas de Lazare (Jn 11,4 et 40) — d’être de nouveau vivant, et de nous entraîner dans cette vie nouvelle. En même temps, Pâques révèle la puissance de l’intercession du Fils comme seul médiateur entre nous et celui qu’il appelle « son père et notre père » (Jn 20,17), ce Dieu dont saint Jean nous dit qu’il est Amour.

L’amour de l’Éternel est … éternel (Ps 117). Or la Résurrection de Jésus manifeste que ce Dieu, qui nous aime, a pouvoir sur la vie et la mort, et nous fait espérer à nous aussi une « vie éternelle ». Il a promis de nous arracher « à la fosse » (Cf. Job 33,28 ; Ps. 103,4 et 107,20).

Le « statut » de ressuscité, nous l’obtenons, d’après saint Paul (Col 3,1-4), en croyant au Christ, ou mieux en croyant le Christ et sa parole, et en vivant « caché avec lui en Dieu ».

Mais manifestons-nous vraiment cette foi et cette espérance, transparaissent-elles dans notre comportement ? Entendons et prenons au sérieux l'interpellation de Nietzsche : « Si les chrétiens avaient des gueules de ressuscités, j’y croirais ». Nous sommes trop sombres, trop timorés, trop peu sûrs de notre « foi » pour qu’à notre vue, ceux dont nous décrétons qu’ils sont à évangéliser puissent s’interroger et se « convertir ».

Au fond, ne nous le cachons pas, beaucoup d’entre les chrétiens doutent de la Résurrection de Jésus comme un fait, comme une réalité. Et c’est en effet « incroyable ». Le tombeau vide, avancé comme preuve de la résurrection par une apologétique paresseuse, n’est pas, dans le cas d’une enquête « scientifique » donc rationnelle, très convaincant. Tout au plus était-ce un constat, qui pouvait passer pour un premier repère : le corps de Jésus mort sur une croix n’était plus là. Mais les disciples auraient très bien pu « dérober le corps et (dire) au peuple : il est ressuscité d’entre les morts » (Mt 27,63-64).

En revanche, nous étonne, nous questionne profondément et devrait nous bouleverser l'élan que vont retrouver les apôtres. Abattus et peureux après la mort du Seigneur, ils vont, après leurs multiples rencontres avec le « Ressuscité », se lancer à corps perdu, c’est le cas de le dire, dans l’annonce au monde de cette Résurrection qui authentifiait l’annonce de la Bonne Nouvelle d’un salut individuel et collectif de l’humanité. Ils le font au prix de leur vie et comme dit Blaise Pascal : « Je ne crois que les histoires dont les témoins se feraient égorger ».

 

Marcel Bernos

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