À l'écoute de la Parole de Dieu

Publié le

Les textes du 4e dimanche de l'Avent 22/12/2019 Année A

Isaïe 7, 10-16 Psaume 23 Romains 1, 1-7 Matt 1, 18-24

 

 

Noël est proche : la liturgie nous prépare à une intervention extraordinaire de Dieu

 

Dans la première lecture, Achaz, roi de Juda, encerclé à Jérusalem par le tout puissant roi d’Assyrie se désespère de ne pas avoir d'héritier. Le prophète Isaïe lui annonce un fils.

 

Dans l’Épître (Romains, 1, 1-7), Paul énonce l’essentiel de la Bonne Nouvelle de l'Évangile : « le Fils de Dieu, né de la descendance de David a été établi Fils de Dieu par sa résurrection ».

 

Mathieu, (I et 2) avec le langage de son temps relate la naissance de Jésus vue du point de vue de Joseph, comme Luc (1 et 2) le fera de celui de Marie.

 

 

Comment comprendre ces textes ?

À toutes les époques, les croyants ont tenté d’interpréter l’intervention de Dieu dans leur histoire en fonction de leur culture.

 

En langage de l’Ancien Testament, Dieu ne promet pas à Achaz l’envoi de troupes pour lutter contre l’Assyrie : il lui promet un héritier, signe que Dieu n’abandonne pas son peuple, même dans des situations catastrophiques. La septante (traduction grecque de la Bible hébraïque) fera d’une « jeune fille » une « vierge », signe pour les Pères qu’à travers cet héritier s’annonce l’avènement d’un autre Enfant.

 

Chez Matthieu, dans les Évangiles de l’Enfance, genre littéraire bien particulier, Dieu envoie son ange à Marie et à Joseph pour leur annoncer ce qui va advenir : reprenant la façon de s'exprimer de l’époque, Dieu va par son Esprit féconder Marie. Son enfant sera appelé Fils de Dieu

 

Le langage dogmatique du XIXe siècle précisera que Marie est vierge, « avant la naissance, pendant la naissance, après la naissance » (ante, in, post partum).

 

Un psychologue moderne soulignerait que Joseph a fait confiance à sa jeune femme malgré des apparences contraires : pour lui, elle n'a pu le trahir et lui est resté fidèle ; contrairement au « qu’en dira-t-on » de l’époque, il ne la dénonce pas ni ne la chasse : à travers la foi en sa jeune épouse il approfondit sa foi en Dieu et découvre son intervention dans leur vie de couple.

 

 

Quel est l’essentiel  du message ?

La bonne nouvelle du salut passe par l’histoire humaine, dans ce qu’elle a de plus fondamental, la naissance d’un enfant. Dans toute naissance, il y a le mystère de la vie qui dépasse le couple concerné. Il y a déjà quelque chose d'infini dans toute naissance.

 

Quand Dieu intervient dans une vie, il la bouscule radicalement : il lui donne une autre dimension, une dimension de plénitude que la Bible appelle la vie éternelle. Joseph et Marie seront complètement transformés par cette « advenue de Dieu » dans leur vie. Paul à sa façon fera aussi l'expérience de cette « conversion » radicale dans sa rencontre avec Dieu.

 

L’essentiel n'est pas dans le comment mais dans le résultat de cet amour, que Joseph soit le père biologique ou non.

 

L'essentiel n'est-il pas que dans cet amour d'un homme et d'une femme, Dieu se soit fait l’un de nous : il s'appellera  « Emmanuel » au sens fort, « Dieu avec nous ». Jésus, fils d’homme, s’entendra dire par le Père :   « Tu es mon Fils bien-aimé en qui j'ai mis tout mon amour ».  Dieu l'a établi Fils par sa résurrection. Il est l’Homme Nouveau, le nouvel Adam, frère d'une multitude.

 

Cette bonne Nouvelle concerne tous les hommes. À travers ce Nouvel Adam, tout homme, qu’il soit grec ou juif selon les grandes catégories de l’époque, est appelé à être Fils de Dieu. Les Pères préciseront : « Dieu s’est fait homme pour que l’Homme devienne Dieu ». Par Jésus-Christ, Fils de Dieu, tout homme est appelé à entendre : « Tu es aujourd’hui mon fils bien-aimé » ; c’est-à-dire que nous ne sommes pas le fruit du hasard mais le fruit d’un amour paternel et maternel qui vient lui-même de plus loin, de l’amour d’un Père.

 

 

Comment en vivre et en être témoin ?

Si Dieu intervient chez nous c’est d’abord dans notre histoire personnelle et collective, d’abord comme père et mère biologiques ou adoptifs, situation de plus en plus fréquente dans notre société de familles recomposées. C’est, entre autre, à travers notre propre paternité et filiation que nous pouvons approfondir cette réalité que nous sommes fils de Dieu.

 

Tout couple traverse un moment des difficultés pouvant aller jusqu'au désir de séparation, de divorce. Que les conjoints prient dans ces cas, l'Esprit-Saint, Joseph, et Marie, qu'ils les aident à franchir ces difficultés en découvrant dans celles-ci mêmes la possibilité d'une Bonne Nouvelle pour chacun !

 

Cela ne peut se faire que par l'écoute de l'Esprit-Saint.

 

Esprit-Saint donne nous de découvrir la venue de Dieu dans nos vies !
Esprit-Saint, aide nous à entendre et à vivre « Tu es mon fils bien aimé » !

Donne-nous de dire comme Paul « J'ai cru et c’est pourquoi j’ai parlé » !

 

Antoine Duprez 

Publié dans Fioretti

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article