À l'écoute de la Parole de Dieu dimanche 29 septembre

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26e dimanche du temps ordinaire Année C 

(Amos 6, 1a. 4-7 ; Ps 145 (146) ; Première épitre à Timothée 6, 11-16 ; Luc 16, 19-31)
Quel pamphlétaire était le prophète Amos à en juger par la première lecture qui nous est proposée ce dimanche ! Le moins qu’on puisse dire est qu’elle interpelle. Comme elle a interpelé bien des générations avant nous. Car ce tableau de « vautrés » qui ne pensent qu’à leur or et à leur ventre et « ne se tourmentent guère du désastre de leur peuple » est de tous les temps. Simplement, en ce temps qui est le nôtre, nous croyons entendre dans le cri d’Amos celui des « gilets jaunes ». Et au désastre du peuple s’ajoute celui de notre planète qui brûle. Car la crise écologique et climatique qui nous menace tient largement à la financiarisation de l’économie et à la fracture sociale qu’elle entraîne, comme l’a justement souligné le pape François dans son encyclique Laudato si’.
Passé le choc de l’interpellation, nous serons cependant nombreux sans doute à nous rassurer, pensant qu’après tout, « les riches, c’est les autres ! ». Et oubliant que, quel que soit notre niveau de revenu, nous sombres membres d’une nation qui est une des plus riches de la planète. Mais la parabole du Christ dans l’Évangile de Luc aura tôt fait à nous ramener à nous-mêmes. Et très durement : comme un coup de poing dans l’estomac. Car qui ne peut se reconnaître peu ou prou dans ce riche qu’on a tort d’appeler souvent « mauvais » : il ne fait rien de mal en profitant de son train de vie, il donne même des banquets pour ses amis. Simplement, il n’a même pas remarqué le pauvre Lazare, devant lequel il passait pourtant tous les jours en entrant et sortant de sa maison. Comme nous passons si souvent, sans même les regarder, devant les mendiants de nos rues…
On comprend donc bien pourquoi, dans ce que Paul nous invite à rechercher dans l’Épître, « la piété, la foi, la charité, la persévérance, la douceur », la charité – l’Amour si on préfère – est placée au cœur de l’énumération. Car c’est l’Amour qui nous permet, ici et dès maintenant, de nous « emparer de cette vie éternelle à laquelle nous sommes appelés », que Paul évoque aussitôt après.
Et seul l’Amour permet aussi d’entendre réellement le psaume qui ne passerait que pour une évocation des temps messianiques si on l’écoute distraitement : « Le Seigneur fait justice aux opprimés ; aux affamés, il donne le pain ; le Seigneur délivre les enchaînés. » C’est l’œuvre du Seigneur, certes, mais elle passe aussi par nous. Par ce que nous faisons pour les opprimés, les affamés, les enchaînés.
Dieu a besoin des hommes. De tout homme. De vous, de moi.
 
Benoît Lambert

Publié dans Fioretti

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