À l’écoute de la parole de Dieu dimanche 21 juillet

Publié le par Garrigues et Sentiers

Seizième dimanche du « temps ordinaire » (Année C)

(Gn 18, 1-10a ; Ps 14 ; Col 1,24-28 ; Lc 10, 38-42)

 

Abraham est assis à l'entrée de sa tente, à l'heure la plus chaude du jour, fatigue, résignation ou plutôt temps de repos, temps de silence, position d'accueil. Pour Élie Dieu était dans une brise légère. Or le Seigneur choisit cet instant pour lui apparaître sous l'aspect de trois visiteurs. Abraham n'est pas dupe. Il commence à s'adresser à eux en disant : « Seigneur ne passepas sans t'arrêter ». C'est sa première réaction.

 

L'icône bien connue d'André Roublev représente ces trois anges envoyés à Abraham aux traits du visage rigoureusement identiques. Les Pères de l’Église les ont identifiés à la Trinité car il est question plus loin d'un seul envoyé. Ces trois visiteurs viennent promettre un fils à Sara alors que déjà âgée, elle est dans l'impossibilité d'enfanter. C'est la même annonciation faite à Marie qui, elle, ne connaissait pas d'homme. Mais « rien n'est impossible à Dieu ».

 

L'accent est mis sur l'hospitalité et les efforts et les dépenses déployés pour recevoir ces visiteurs dans les meilleures conditions. De plus Abraham leur demande s'ils veulent recevoir cette hospitalité en commençant par de l'eau jusqu'au fromage, au lait et au veau gras : « Permettez-moi de vous apporter un peu d'eau ». On peut souligner cette délicatesse et cette humilité de demander à ceux que l'on accueille s'ils veulent bien être accueillis. La récompense sera grande puisque « le voyageur », on reprend le singulier à la fin du texte pour bien montrer qu'il s'agit de Dieu seul en trois visiteurs, promettra au « temps fixé pour la naissance » un fils à Sara.

 

De même Jésus va être reçu par Marthe qui va s'activer pour bien le recevoir. Marie, elle, s'est assise comme Abraham devant sa tente et écoute la Parole. Marthe c'est un peu l'image du premier Testament, honorer celui qui vient, bien recevoir l'invité par la préparation d'un bon repas. C'est un peu le monde ancien. Marie, elle, préfigure le monde nouveau par l'écoute de la Parole. Marthe préfigure la loi observée, Marie, elle, préfigure l'accomplissement de la loi. Bien que différentes, elles déploient la même quantité d'amour envers Jésus et toutes deux restent cependant indispensables en matière de salut comme Moïse et Jésus. « Marie a choisi la meilleure part ». Jésus aurait-il dit cela à Marthe si celle-ci ne lui avait pas fait la réflexion : « Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur m'ait laissé faire seule le service ? »On sent que ce jugement sur Marie n'a pas plu à Jésus qui veut que l'amour soit gratuit et ne compte pas la dépense comme Abraham.

 

Marthe a cependant choisi la part nécessaire pour que « cette meilleure part » puisse exister et se développer. Sans nourriture matérielle, la nourriture spirituelle se réduirait très vite. Il faut cependant donner toute sa place à la dimension spirituelle de l'être humain, ce qui est loin d'être le cas dans nos sociétés matérialistes.

 

Christiane Guès

Publié dans Fioretti

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Didier LEVY 18/07/2019 19:11

"... promettre un fils à Sara alors que déjà âgée, elle est dans l'impossibilité d'enfanter. C'est la même annonciation faite à Marie qui, elle, ne connaissait pas d'homme. Mais « rien n'est impossible à Dieu ».".
Une même annonciation qui inclinerait à interroger sans cesse - car la question échappe bien évidemment à une réponse assurée, si elle ne comporte pas, plus probablement encore, une multitude de réponses (dont des contradictoires à l'aune de notre intellection) - en quoi, en quels sens, et par quels détours, le NT se configure comme un copier-collé du premier..
Quant à l'image donnée de la Trinité par les trois visiteurs, et à l'encontre de la thématique du copier-collé référée ci-dessus, on concevra que pour celle ou celui qui n'entre pas dans le dogme trinitaire, elle renvoie plutôt à ces "reconstitutions historiques" qui en disent davantage sur le temps où elles ont été dessinées que sur celui où se tient le sujet en cause. Et, en l'espèce, que sur le temps de la figuration où siège l'allégorie à laquelle on est confronté.
Ce qui, naturellement, ne retire absolument rien à la très belle démonstration que Christiane Guès tire de son "écoute", et qui nous conduit au paragraphe conclusif de sa méditation sur la « meilleure part » dont il importe de faire bonne mémoire et si possible bon et intelligent usage.
Une méditation qui, s'il existait une chance d'y parvenir, suffirait à démontrer à nos gens du Temple combien il est dommage "que les femmes se taisent dans les assemblées".