Pour une réforme radicale de l'Église

Publié le par Garrigues et Sentiers

Tout en étant pleinement d'accord avec la tribune de Christine Pedotti et Anne Soupa, Décanonisez-le !, j'ajouterai des considérations plus générales sur la réforme indispensable de l'Église. Et tant pis si je vais paraître blasphématoire, ou iconoclaste, ou doux rêveur ! Cela me paraît indispensable pour oser repenser notre cheminement chrétien en cette période si chaotique. 

La réforme de l'institution Église, indispensable au vu de tous les scandales actuels (mais qui malheureusement ont existé abondamment tout au long des siècles), ne peut passer, à mon avis, que par la suppression du sacerdoce ministériel consacré, c'est-à-dire dire celui des évêques, des prêtres et des diacres.

Même si le clergé a produit des œuvres magnifiques et rendu au cours des siècles des services innombrables et souvent remarquables, aussi bien aux personnes qu'aux sociétés, je suis convaincu que le « statut de prêtre », le sacerdoce ministériel, chargé d'un pouvoir sacré, est à la racine même des maux provoqués par le cléricalisme.

La création de la caste sacerdotale entraîne l'introduction du pouvoir de quelques-uns, proclamés hommes consacrés à vie, dotés de pouvoirs spéciaux, sacrés, et différents de ceux du reste des croyants. Mais en fait aucun humain n'a un pouvoir sacré... à moins de se prendre pour dieu... mais de quel droit ? Et surtout avec quelle validité ?

Selon moi, il n'y a pas de personnes au pouvoir sacré, il n'y a pas de classe sacerdotale mettant des êtres à part des autres. Il n'y a que des humains, hommes, femmes, enfants, vieillards qui avancent ensemble sur le chemin de la vie, tous égaux en dignité même s'ils ont des compétences et des possibilités différentes.

Il y a des services à assurer pour permettre la bonne marche des communautés, pour cheminer avec les personnes et les groupes : cela pourra se traduire par des fonctions et des services différents, d'une durée limitée, adaptés aux besoins de chaque communauté, et tenant compte des possibilités et des limites de chacun.

Ces rôles, ces fonctions et services peuvent exiger des compétences particulières, mais elles ne sont pas l'apanage d'un sexe. Elles peuvent être assurées aussi bien par les hommes que par les femmes. Et elles ne donnent aucune supériorité des uns sur les autres.

Je pense que ce n'est qu'en repartant de ce refus de base du sacerdoce ministériel comme pouvoir consacré, que les chrétiens pourront reconstruire cette Église que nous composons tous ensemble et dont nous avons besoin, car c'est quand nous sommes deux ou trois réunis en son nom que Jésus est là, au milieu de nous.

Jean-Luc Lecat-Deschamps

Publié dans Réflexions en chemin

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Candide 10/06/2019 20:54

J'aimerais essayer d'expliquer ma vision suite à l'intervention d'Armand Vuille.. Certes l'Eglise considère que le gouvernement de Dieu ne devrait être effectif qu'après le retour du Christ, mais de nombreuses écritures semblent laisser entendre que "si nous étions prêts avant", les sacrificateurs ou en d'autres mots la prêtrise de Dieu serait en mesure d'opérer une gestion globale qui loin de supprimer le libre arbitre comme le soutient Marc Durand, établirait un "gouvernement de justice"... et sans doute de soumission, éclairé par la foi !
Essayons d'expliquer :
Il existe depuis que les hommes ont ressenti le besoin d’une organisation, une infinité de systèmes, dont certains sont philosophiques et d’autres liés à la cité (polis, en grec) et, considérés de manière générale comme « politiques » (cadre général d’une société structurée et équilibrée).

La plupart de ces systèmes reposent sur la reconnaissance d’une élite, de « notables » ou de « sages ». Platon a introduit la notion de « Philosophe Roi » (« Sans lois, l’homme est le pire des fauves », Les lois IX).

La Philosophie propose des schémas, des orientations ou même des théories, fondées sur une certaine compréhension du monde. Elle reconnaît la prédominance de la Civilisation guidée par la sagesse et la connaissance. La politique introduit une notion d’Economie et bien avant de se scinder en « courants de pensée », s’est basée originellement sur la Monarchie ou la République (Cités-Etats de Mésopotamie, trois siècles avant Jésus-Christ ).

On connaît l’influence des Grecs et des Romains sur la structuration de cadres ordonnés. La religion a toujours conservé une part d’influence, mais avec l’évolution des sociétés tournées de plus en plus vers l’autodétermination et la laïcité, la politique est devenue une affaire de pure gestion de l’Etat, s’inspirant cependant de règles divines (tu ne tueras pas ! ), élaborant son propre système d’enseignement, de jugement, de répression et même de réhabilitation.

Il est impossible aujourd’hui d’envisager une société humaine sans lois, sans cadre, sans structures, du moins quand elle concerne de grandes populations vivant dans un environnement complexe.
Ainsi, sans les énumérer toutes, les politiques proposées aux hommes ont suivi des chemins très divers, influencées par les besoins, les envies, les ressources disponibles, et aussi la griserie du pouvoir et de la richesse.

On pourrait simplifier ces courants en citant le Libéralisme, le Socialisme, et le Fascisme. Mais si tous ne se réclament pas de la Démocratie, il devient de plus en plus difficile, même si Edgard Morin considérait que « la démocratie est en profondeur, l’organisation de la diversité » ; de regarder celle-ci comme la meilleure alternative ! C’est Churchill qui a dit : « la démocratie est le pire des régimes, à l’exception de tous les autres ».

Pour ma part, je constate comme Platon, que « dans un régime démocratique, celui qui gouverne n’est pas le meilleur, mais le plus populaire ! ».
Tous ont le droit de proposer « la meilleure gestion de l’Etat », mais rien n’indique qu’ils en ont la capacité. Se présentent ceux qui souhaitent gouverner, mais rarement ceux qui en ont les capacités, car enfermés dans une structure rigide, ils n’auront guère le loisir d’exprimer leur véritable sens de la communauté et du service ; à finalement morceler davantage encore le mouvement d’origine et créant de nouvelles « chapelles ». La politique ne sera rien d’autre que la gestion d’intérêts contradictoires, mère de la violence !

Les écoles nous enseignent les règles du pouvoir et les lois afin de nous rendre aptes à nous déplacer dans les méandres de l’organisation de la société, mais en oubliant la sagesse et la spiritualité, elles ont finalement déshumanisé la fonction.
Ne devrait-on pas plutôt envisager le service plutôt que la direction ? Tous deux sont noyés dans le concept de gestion et chacun semble s’en accommoder.

Il existe une autre forme de « gestion de la cité et des hommes ». Une forme guidée par la sagesse, par le respect de la progression et de la compréhension, par la connaissance et le désir ultime de justice.
Un auteur espagnol, Ramon Alcoberro i Perricay a annoncé : « Le pouvoir authentique est celui de la raison, de la connaissance et de la vérité ».
La démocratie de Périclès qui était un régime d’opinion publique, ne faisait déjà aucun cas de l’âme et de la connaissance. La société laïque après s’en être inspirée, ne prête plus aucune attention aux lois de Dieu.

Socrate disait : « Je sais seulement que je ne sais rien ». Ceci est un paradoxe éducatif qui nous permet de prendre conscience que notre ignorance est la première étape de l’apprentissage.
Humilité, inspiration, connaissance, vérité sont les piliers d’une ascension vers la justice !

Dieu le sait très bien, lui qui nous a créé, il nous guide vers le chemin qu’il a du emprunter et qui reste universel. Nous pauvres humains, ne le savons pas… ou ne le savons plus, car nous ne sommes pas dieu !
Lorsque notre pensée a suffisamment avancé (et Platon défendait ce principe d’un gouvernement par les moins jeunes, les plus expérimentés, les plus sages), nous sommes dans un chemin de justice.

Dieu a créé il y a déjà fort longtemps son gouvernement idéal pour ses enfants : la prêtrise, ou le pouvoir d’agir en son nom en justice, en équité et en connaissance.
C’est le divin qui gère tous le reste : des affaires cléricales aux affaires séculières, rendant le monde à l’harmonie. Le meilleur gouvernement semble ainsi celui de la théocratie*, ou gouvernement de Dieu.


*Terme inventé par l’historien Flavius Josèphe

Candide 03/07/2019 18:11

Bonjour Mr Vulliet, et merci pour vos précisions du 01/07. La chronologie de ces conversations laissent un peu perplexe, mais je vois que nous arrivons malgré tous à nous y retrouver. J'ai bien noté vos corrections. J'apprécie la rigueur qui nous permet d'exposer nos pensées avec clarté.
Je comprend votre "désarroi" devant la sélection du père pour choisir ses portes-parole et certes, on est en droit de se poser la question sur un certain manque d'universalité de sa "méthode"... Mais, sans rien vous apprendre, il est probablement fort éloigné d'un principe d'anarchie qui voudrait que n'importe puisse se prévaloir de l'autorité de parler en son nom. Avant la plupart de églises chrétiennes qui nomment elles-mêmes leurs dirigeants, Dieu choisissait toujours ses "prophètes". Ceci dit, je me range sans hésitation à votre idée qui voudrait que Dieu puisse parler à "tous" les hommes… et confirmer leur foi par une présence dont on ne peut plus douter. J'aime particulièrement cette écriture de Jacques 1:5 qui dit en substance qu'il nous suffit de demander à Dieu la sagesse et qu'il la donnera à tous ceux qui lui demandent sincèrement.

Vulliet 01/07/2019 16:15

Monsieur Candide,

Je profite de votre réponse du 22/06/2019 pour corriger une erreur de ma réponse précédente (du 19/06/2019). Au lieu de «je suis sûr que la démocratie existante, la "démocratie réelle" (comme on dit le "socialisme réel"), n’existe que sur le papier», il fallait bien sûr lire «je suis sûr que la démocratie n’existe que sur le papier et qu’il n’existe que la “démocratie réelle” (comme on dit le “socialisme réel”».

Pour le reste, je ne vois pas quoi rajouter. Le doute vous est radicalement étranger. Vous «constatez» et affirmez comme un fait établi que ceux qui ont été désignés comme prophètes par Dieu rapportent d'«innombrables» exemples d'interventions divines et d'instructions gravées dans la pierre. Les historiens et les archéologues du monde entier doivent en avoir trouvé de nombreuses preuves, je suppose, et l’humanité doit être bien perverse pour refuser l’évidence d’une «guidance» depuis les origines. Un enfant ressent spontanément l’amour (ou non) de ses parents, seuls les adultes en sont incapables et se bouchent les oreilles et se crèvent les yeux devant la manifestation du Père tout-aimant.

Qui aime tellement l’humanité qu’il n’apparaît et ne parle clairement qu’à certains.

Armand Vulliet

Candide 22/06/2019 00:03

Pardonnez moi d'abord Monsieur Vulliet d'avoir écorché votre nom dans mon explication et merci pour votre intervention en réponse à ma tentative d'explication de "vision personnelle". Vous terminez votre texte en disant que "vous ne me convaincrez pas" et je serai tenté de dire que seuls les imbéciles ne changent pas d'avis ! En réalité les études, les échanges et les confrontations nous permettent - c'est humain - d'évoluer vers une perception plus riche. Je suis heureux de voir que Garrigues et Sentiers donne à tous sans distinction, la possibilité d'exprimer ces différentes "visions". Vous me direz que j'utilise beaucoup ce mot et ce n'est pas sans dessein, car il me semble que nous touchons ici le cœur de la compréhension de "savoir ce que Dieu attend de nous". Je suis loin d'être un prophète, mais je constate que ceux qui ont été nommés par notre Père Céleste à cette fonction rapportent d'innombrables exemples d'interventions divines, d'instructions gravées dans la pierre, de directives et de "visions".
Il me semble donc que bien que fragiles, inconstants et trop souvent incroyants, nous avons eu tout au long de l'histoire humaine, une "guidance" comme on dit en anglais en l'absence d'une traduction française aussi bien adaptée… et que donc nous ne sommes pas dans le noir ! Si nous savions écouter et accomplir, nous serions depuis très longtemps en mesure d'établir un gouvernement de Dieu. C'est ce que certaines confessions millénaristes appellent "la révélation" … Mais cela fait si longtemps que nous pensons que tout a été dit et que Dieu a cessé de nous parler… et encore plus à des sacrificateurs qu'il aurait pu nommer si nous avions poursuivi dans la compréhension de directives modernes. Avec le départ de Jésus Christ, tout semblait éteint ! Pourtant sur l'ile de Patmos Jean le Révélateur (le bien nommé), nous donnait si longtemps après, le récit d'une vision sur la fin des temps qu'il présente comme la parole de Dieu.

Vulliet 19/06/2019 12:14

Excusez-moi de vous répondre si tard, mais je viens juste de prendre connaissance de votre texte, qui a été publié comme commentaire de l’article de Jean-Luc Lecat-Deschamps, et non comme une réponse à ma réponse à votre commentaire de cet article et à la réponse que vous aviez faite à Marc Durand.

Je vous remercie de répondre de manière détaillée mais je ne vois pas ce que votre réponse apporte de nouveau. Vous ne vous posez pas la question futile de savoir si Dieu existe et, si oui, de savoir qui exprime vraiment sa Parole. Vous citez Socrate apparemment en l’approuvant, mais vous savez, vous, que Dieu existe et vous connaissez son message d’une manière absolue qui exclut toute ignorance. Ne vous est-il jamais venu à l’esprit que les humains n’ont jamais affaire directement à la parole de Dieu, mais uniquement à des paroles humaines, les paroles de ceux qui parlent en Son Nom, et que l’humanité ne sortira jamais de cette aporie? Nul n’est tenu de croire personne sur parole car un être humain peut dire toutes choses, disait je crois Cyrano de Bergerac. Le proverbe espagnol "De toutes les choses sûres, la plus sûre est de douter" ne vous a sans doute jamais effleuré. Répondre comme vous le faites que Dieu a créé son gouvernement idéal et que la théocratie semble donc le meilleur gouvernement est par ailleurs curieux: pourquoi "semble"? "Dieu […] nous guide vers le chemin qu’il a du emprunter et qui reste universel. Nous pauvres humains, ne le savons pas […] car nous ne sommes pas dieu!" Il est évident que le gouvernement de Dieu est le meilleur pour un croyant, et pour n’importe qui SI DIEU EXISTE, mais que je sache, pour un chrétien, ce gouvernement sera celui du Royaume à venir (certes "déjà là", mais "pas encore"). Nolens volens, jusque-là, nous restons uniquement entre humains et la société dans laquelle nous vivons ne dépend que de nous. J’ai presque honte de rappeler de tels truismes.

Armand Vulliet

P.-S. Je n’entre pas dans le détail de vos exemples politiques (Périclès, Platon, Churchill…) Je ne sais pas si la démocratie est le meilleur régime ou pas, mais je suis sûr que la démocratie existante, la "démocratie réelle" (comme on dit le "socialisme réel"), n’existe que sur le papier. La démocratie grecque antique ne reposait que sur une majorité d’esclaves. J’ai lu des textes de Churchill sur des révoltés des colonies anglaises qui ne respirent pas une franche démocratie et évoqueraient plutôt un Führer parlant des Juifs… Quant aux "théocraties réelles", je ne pense pas que le régime iranien vous fasse sauter au plafond. La seule autre théocratie est à ma connaissance le Vatican, mais la quasi-totalité des humains vit dans des régimes politiques divers qu’ils créent eux-mêmes (comme les théocraties elles-mémes d’ailleurs à mon avis, DE FAIT, mais je ne vous convaincrai jamais sur ce sujet).

Marc Durand 23/05/2019 23:21

J’avoue ne pas trop comprendre ce texte de Candide. De quel Dieu s’agit-il ? Un Dieu tout-puissant qui organise le monde à son service ? Un Deus ex machina ?
Il ne peut s’agir du Dieu des Chrétiens qui s’est révélé sur une croix. Le Père est connu par le Christ en croix, Dieu faible qui accompagne les hommes pour les attirer dans son amour. Dieu qui nous libère au lieu de nous asservir. Dieu qui nous laisse toute latitude d’organiser le monde (« laissez à César ce qui est à César »).
Quels sont les hommes, ces « élus choisis par Dieu » qui auraient un fil direct pour comprendre ce qu’Il veut ? Dans un monde en pleine transformation, resterait une vérité immuable qui s’imposerait à tous pour diriger le monde ? Elle ignorerait les changements de culture, de société qui nous affectent. Mais à qui s’adresserait-elle ?
Vouloir ne rien changer parce que ce serait contre la volonté de Dieu, ne serait-ce pas sacraliser ce qu’ont fait nos prédécesseurs, décider que eux avaient connaissance de ce que Dieu veut en ignorant que l’Esprit souffle où il veut ? Ne serait-ce pas finalement les momifier en les sacralisant ?
Finalement n’est-ce pas avoir la main sur Dieu, en décidant de ce qu’il aurait décidé et le priant de ne pas changer ? Ce serait en quelque sorte le remplacer, manger du fruit de l’arbre de la connaissance, revenir à Adam et son histoire.

Candide 26/05/2019 23:05

Maintenant, si vous écoutez ma voix, et si vous gardez mon alliance, vous m'appartiendrez entre tous les peuples, car toute la terre est à moi; vous serez pour moi un royaume de sacrificateurs et une nation sainte. Voilà les paroles que tu diras aux enfants d'Israël.
Exode 19:5-6

Candide 19/05/2019 23:32

Ce n'est pas à l'homme de décider de changer de cap. Nous avons cependant changé maintes fois et nous sommes fourvoyés dans des considérations qui ne laissaient pas assez de place au divin.
Dieu a proposé une solution (à laquelle certes nous ne sommes pas encore préparés - le serons nous un jour !)
La théocratie ou gouvernement de Dieu rends entre ses mains le pouvoir et la justice. Les élus (choisis par Dieu et non les hommes pour devenir les prêtres) ont au contraire un sacerdoce tellement plus qualitatif et tellement plus "reconnu". Les choix concernant toutes les orientations (politiques, sociales, cléricales… environnementales, et tant d'autres domaines) sont sans appel et suivis par le peuple de Dieu dans la préparation de son royaume sur Terre. Toutes les autres options semblent en effet vouées à l'échec.

Vulliet 07/06/2019 19:28

Entièrement d’accord avec vous et avec votre réponse à Marc Durand. Le parfait catholique que vous êtes ne se pose pas de questions futiles. Il possède la parole de Dieu, un point c’est tout. Je suis seulement embêté par votre interrogation sur la mécompréhension de la parole de Dieu par les humains qui peut bien durer jusqu’à la fin des temps: "Dieu a proposé une solution (à laquelle certes nous ne sommes pas encore préparés - le serons nous un jour!)" Vous, vous l’avez comprise, mais si les autres humains ne la comprendront jamais, pourquoi écrivez-vous que "toutes les autres options sont vouées à l’échec"? L’option de la théocratie l’est donc aussi, non? Match nul.

Armand Vulliet

Franoisjean en reserve 26/03/2019 10:02

A Anne Soupa.
C’est un membre récent de DCBF, enthousiasmé par la présentation du père Dominique Colin, développant dans son livre « le christianisme n’existe pas encore »…l’inouï de l’Évangile, qui vous interpelle pour vous exprimer sa déception. Souhaiter, même sous forme de provocation, de « dé-canoniser » Jean Paul II, c’est souhaiter maintenir une morale qui est justement la cause de tous nos scandaleux déboires actuels, nous rend inaudibles et entraîne une réaction surannée de ceux qui cherchent à maintenir le statu quo ante, avec, entre autre, une misogynie responsable de la juste réaction féministe que vous aviez initiée. En effet, le problème, à mon sens, n’est pas tant de se débarrasser d’un cléricalisme ecclésiastique et laïc vieux de quelques 23 siècles, mais de revoir de fond en comble nos dogmes sur la Sexualité.
La « sexualité, langage de la communion » est le titre donné par Yves Semen p 213 à un sous-chapitre de son livre « la sexualité selon Jean Paul II »(édition Presse de la renaissance). Dans sa conclusion (pp229-230), l’auteur exprime clairement que: « … La sexualité n'est pas à inventer ; elle est révélée. C'est la communion des Personnes divines qui est la source et le modèle de la sexualité, non les déterminismes de l'instinct… ». Il me semble que les déboires scandaleux qui frappent l’Église actuellement sont entièrement dus à une vision étriquée et bassement animalière de la sexualité, basée sur un mépris du corps, plutôt que sur l’essence même du Message Trinitaire du Christ, que nous trahissons ainsi depuis 20 siècles. Il me semble que cet archaïsme est la vraie question à débattre, le rétablissement de la Femme, dans toute sa Grandeur, nous sera donné par surcroît.
De même, une image incluse dans le fil « Gilets Jaunes... qui sont-ils ?» montre un homme en recherche d’un futur…Je ne pense pas que ce soit dans un passé révolu, même politiquement soutenu, et dont nous n’avons pas à rougir, que seront apporté à cet homme et à ses semblables un élément de réponse et ajouterais-je, encore moins dans un chantage au scandale ou au « viscérocratisme ». Car ce passé révolu est lui-même dépendant d’une exploitation boursière de l’homme (Ex : La Fondation Scelles, « La prostitution mondiale engendrerait un chiffre d’affaires d’au moins100 milliards d’euros par an dont 30 milliards en Europe »), s’y ajoutent chômage, inégalités diverses…Réveillons-nous, et cessons de nous entre déchirer sur des détails sans intérêt. L’Église qui a été le fer de lance d’avancées significatives en la matière, doit se concentrer sur la révision de nos concepts sur la sexualité, la rendant à son essence même : c’est le langage de la communion y compris eucharistique :
(Jean 13:35) : « … A ceci, tous vous reconnaîtront pour mes disciples : à l’amour que vous aurez les uns pour les autres. »

Vulliet 08/06/2019 09:49

J’ai connu à Gardanne vers le milieu des années 1970 un prêtre chilien exilé volontaire après la mort d’Allende, d’une culture phénoménale. Pour lui, la Trinité était le symbole de l’anarchie. Chacun met dans cette notion ce qu’il veut. Dès qu’on entre dans la symbolique des nombres, la porte est grand ouverte à toutes les interprétations. La dénomination Frères Trois Points en est un bon exemple.

Francoisjean en reserve 28/03/2019 14:31

A Anne Soupa.
Je ne sais pas s’il s’agit d’une réponse à mon post, mais j’ai vu la vidéo que vous avez publiée sur You tube dans la rubrique « campus protestant » :
https://youtu.be/bIhNzlqwqkk.
Au risque de paraître girouette, je vais dire que je partage aussi pleinement votre analyse…mais, vous n’allez pas assez loin, comme tous ceux qui essayé de s’approprier le père Maurice Zundel dans l'éducation duquel sa grand-mère, protestante pratiquante convaincue, a eu une part prépondérante. Aux dires du père Bernard de Boissière, qui a écrit avec France Marie Chauvelot une biographie de ce prophète hors classe du XX siècle ; c’est sur les bancs même de l’école protestante qu’il fréquentait qu’il a découvert grâce à un camarade de classe une signification bouleversante du sermon sur la montagne. Dans son parcours spirituel, j’ai eu l’impression, au stade de mon propre parcours actuel avec lui, que le point essentiel sur lequel tous, nous butons, est le fait Trinitaire qui domine toute son œuvre. Un de ses écrits qui m’avait frappé son temps, est : «La sexualité est en nous le rayonnement de la Trinité". Il l’a exposé à Bourdigny en 1938. Je n’ai pu m’empêcher de rapprocher ce texte du courant personnaliste chrétien d’Emanuel Mounier dont un livre figurait en bonne place sur la table de chevet du pape jean XXXIII (cité dans le DVD qui lui est consacré), et de la TDC du pape jean Paul II. Citons, en particulier un passage de TDC 019 : « … Comme signe visible, le sacrement se constitue avec l'être humain en tant que corps et par le fait de sa visible masculinité et féminité. Le corps en effet - et seulement lui - est capable de rendre visible ce qui est invisible: le spirituel et le divin. Il a été créé pour transférer dans la réalité visible du monde le mystère caché de toute éternité en Dieu et en être le signe visible… ». Dois-je rappeler, en outre qu’un mariage non consommé est une cause de nullité aux yeux de l’Eglise ! En de TDC 096, le St père écrit encore : « …Dans Ep 5,22-33, nous trouvons - comme chez les prophètes de l'Ancien Testament (par exemple chez Isaïe) - la grande analogie du mariage ou de l'amour sponsal entre le Christ et l'Eglise. Quelle fonction remplit cette analogie par rapport au mystère révélé dans l'Ancienne et dans la Nouvelle Alliance? A cette question il importe de répondre graduellement. Avant tout l'analogie de l'amour conjugal ou sponsal aide à pénétrer l'essence même du mystère. Il aide à le comprendre jusqu'à un certain point - de manière analogique, cela s'entend. Il est évident que l'analogie de l'amour terrestre, humain, du mari envers sa femme, de l'amour sponsal humain ne peut offrir une compréhension adéquate et complète de cette réalité absolument transcendante qu'est le mystère divin, qu'il soit caché depuis les siècles en Dieu, ou qu'il soit réalisé historiquement dans le temps quand "le Christ a aimé l'Eglise et s'est donné pour elle" Ep 5,25. Le mystère ne cesse d'être transcendant à l'égard de cette analogie comme à l'égard de n'importe quelle autre analogie par laquelle nous cherchons à l'exprimer en langage humain. Toutefois, cette analogie offre en même temps la possibilité d'une certaine pénétration cognitive dans l'essence même du mystère…. ».
Bien conscient de mes insuffisances en la matière, il me semble que tout repose sur une autre conception du Corps et de la Sexualité, triste conséquence à notre assujettissement à la philosophie gréco romaine. Il en résulte selon moi, que rien ne se fera, tant que ce fait fondamental n’aura pas pénétré les esprits, les cœurs. Nous pouvons vérifier dès à présent que cela conduit à ce que les « païens » sont amenés à formater la nouvelle église, sur un fond de débandade artificiellement nourrie par des considérations politiciennes méprisables.
Vous dites que le mariage de nos prêtres n’est pas une solution au problème…vous avez sans doute raison. Pourtant, le meilleur souvenir que j’ai d’une assemblée œcuménique réunissant le père Blanchard, du groupe des Dombes et une pasteure protestante réside dans le fait qu’elle ait tenue à assister à cette réunion, enceinte de 8 mois, je pense. Lors de sa présentation, elle nous a dit être l’épouse d’un catholique pratiquant. Quelle merveilleux symbole Trinitaire….quel plus bel exemple d’Amour Sponsal…A mon sens, il n’y a pas mieux.