Le Nouveau Testament : pas une mémoire mais un copié-collé ?

Publié le par Garrigues et Sentiers

Chers ami(e)s et lecteurs fidèles,

Depuis quelque temps je me suis retiré de la gestion de G&S pour gérer ma vie nouvelle en essayant de comprendre si la Volonté de Dieu est pour quelque chose dans mes difficultés récurrentes avec mon cerveau.

Ma quête était : Vais-je continuer à faire la chasse au Trésor dans les Évangiles ? Quelle nouveauté vais-je découvrir en toute liberté de parole et sans autre but que partager mes réflexions ?

C’est alors que, curieusement et peu de temps après cette décision, j’ai reçu un colis dont le contenu m’a étonné, puis intéressé, puis ‑ enfin ‑ mené vers des réflexions qui étaient passées de-ci de-là dans ma tête au cours de mes travaux sur les Évangiles… et que j’avais sans doute repoussées illico !

C’est un gros livre d’exactement 500 pages, écrit par Nanine Charbonnel, professeur de philosophie à l’université de Strasbourg, et préfacé par Thomas Römer, professeur au Collège de France…

Son titre est (très) curieux : Jésus-Christ, sublime figure de papier (Berg International )… et je l’ai donc ouvert toutes affaires cessantes !

Alors là… GRANDE surprise…

J’ai très vite compris pourquoi ce livre m’était adressé : pour la première fois il y avait dans un ouvrage « savant » des citations – en nombre non négligeable – puisées dans mes articles bibliques du blog Garrigues & Sentiers !

Toutes ces citations concernent des textes qui ont pour but de montrer que dans le Second Testament les auteurs des Évangiles ont fait de nombreuses relectures du Premier… C’est le fameux Midrash que vous connaissez bien maintenant !

Oui, mon travail est enfin reconnu par une personne qui est elle-même reconnue par l’« Académie » ! Alleluia !...

Mais… cela ne s’arrête pas là… et le cœur du livre est…

… une étude impressionnante qui présente le Midrash « complet » des Évangiles en un tableau de… 43 pages… depuis la généalogie de Jésus jusqu’à la Pentecôte…

On y trouve le texte évangélique en colonne de gauche et l’équivalent « midrashique » en colonne de droite…

En voici un exemple :

En Luc 2,41 : Jésus a 12 ans et il est trouvé au Temple parmi les docteurs de la Loi

            source en Daniel 13,50 : Les vieillards disent à Daniel « Viens, assieds-toi au milieu de nous et fais voir si Dieu t’a donné la charge d’ancien ».

En Luc 2,51 : Sa mère (Marie) gardait toutes ces choses dans son cœur.

            source en Genèse 37,11 : Son père Jacob-Israël gardait la chose dans sa mémoire.

En Luc 2,52 : L’enfant Jésus continuait à croître en âge et en sagesse devant Dieu et devant les hommes.

            source en 1Samuel 2,26 : L’enfant Samuel continuait à grandir et il était agréable à Dieu et aux hommes.

Il y en a bien d’autres… souvent plus fulgurants !!!

Cela dit, après avoir étudié, lu et relu ces avalanches de midrashim… je me suis évidemment posé…

… LA question… qui tue : qu’en faire ?

… car après de nombreuses lectures, relectures, recherches, vérifications des textes bibliques « officiels », réflexions ouvrant sur des pensées que j’essais de rejeter mais qui, si je fais un état des lieux « sincère », me mènent au moment…

… où je serai désolé d’être amené à me dire de plus en plus que l’historicité des récits évangéliques est vraiment difficile à défendre et risque de devenir pour moi inacceptable !

Voilà pourquoi l’auteure conclut que Jésus-Christ est (ou n’est QU’UNE ) figure de papier… et ce n’est pas en le qualifiant de sublime qu’elle change quoi que ce soit au fond de l’ouvrage…

Résumé de « LA » QUESTION

Elle est simple : Jésus était-il un vrai homme en chair et en os qui serait le Jésus historique ou une « vue de l’esprit » créée par des écrivains voulant se démarquer des juifs en faisant une lecture nouvelle du Premier Testament avec un « héraut » qui serait le Jésus (Christ) de la Foi ?

TOUT CELA ME TROUBLE VRAIMENT

ET TOUT CELA ME FAIT MAL
en cette phase de ma vie où je peine à gérer mes pertes de mémoire
moi qui disais dans toutes mes interventions
que le Nouveau Testament était une réminiscence
une mémoire… du Premier…
LA MÉMOIRE…
Et ce ne serait qu’un copié-collé intégral
du Second Testament
le seul instrument avec lequel j’ai parlé de lui
pendant longtemps…
n’était pas une mémoire mais un copié-collé
piqué de-ci de-là.
DOMMAGE !

VOTRE AVIS
sans haine et sans crainte
SERA LE BIEN VENU…

René Guyon

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

vulliet 09/06/2018 19:27

Je viens de relire toutes les réactions suscitées par cet article de Mr Guyon et je voudrais aborder la question de la foi en un Dieu créateur, que Mr Kaufmann considère comme la « question initiale et première ». J’ai toujours été effaré par cette position du problème pour un chrétien. J’ai toujours cru que, pour lui, la question première était celle d’un Dieu d’amour et non celle d’un dieu en général. Poser le problème de cette manière, c’est, pour lui, parler de tout sauf de l’essentiel. Il croit en un dieu bon et c’est la seule question qui vaille. Mr Xavier Molle mentionne Bart Ehrmann : celui-ci a écrit un livre intitulé God's Problem: How the Bible Fails to Answer Our Most Important Question – Why We Suffer. Je ne comprendrai jamais que, pour un chrétien, la question primordiale ne soit pas celle-là. Comme je comprends que Mr Kaufmann sourie devant ces intellectuels qui ne s’attachent pas au "sens symbolique global" ! Ce sens-là ne mange pas de pain, on pourra toujours le mettre en avant pour ne jamais répondre à une objection précise. Et le grand ennemi de la foi, ce n’est pas l’athéisme, c’est la précision.

Yeshoua 01/06/2018 15:37

Le court texte de Flavius Joseph serait un rajout effectué par des Chrétiens. Il paraît que tous les exégètes sont d'accord sur ce fait. J'ai aussi pensé que les Evangiles sont une midrash de l'Ancien Testament, un commentaire... et c'est assez déstabilisant au départ. Mais finalement non car au delà du "sacrifice pour le salut", l'enseignement de Jésus reste exceptionnel et à connaître. Pour un croyant l'existence d'une intelligence supérieure ne fait pas de doute donc... Il ne faut pas croire en Jésus Christ ll faut être Jésus Christ.

Françoise Jasserand 08/11/2017 14:09

A partir d'un ouvrage dense de Nadine Charbonnel, professeur de philosophie à l’université de Strasbourg, et préfacé par Thomas Römer, professeur au Collège de France…Et cette dame auteur a repris consciencieusement des passages de vos écrits...Dites-moi cette dame a donc fait déjà du copié/collé à partir de vos écrite et de vos recherches..il me semble, non?C'est dire si elle a apprécié vos contributions.
Mais personnellement je pense et même je crois que nous ne sommes que toutes et tous des copié(e)s /collé(e)s de Dieu..créateur de toute chose!
Sans Dieu la matrice même , nous ne serions même pas des personnages de papier...J'aime l'image de Pinocchio à qui l'amour de papa Gepetto donne vie.....Et qui devient après moult péripéties "certaines très craignos" un vrai petit garçon!
Voilà ami René ,vous qui avez "des difficultés récurrentes avec votre cerveau." le cadeau que je vous offre de bon cœur...Est-ce que cela répond à votre interrogation? Je ne sais pas mais j'ai lu combien de personnes qui fréquentent le site de Garrigues & Sentiers vous aiment fraternellement tel que vous êtes....Je me joins à elles avec force.
Françoise Jasserand dite fanfan

Rott 08/11/2017 12:10

Bonjour René,

Il y a quelques dizaines d'années, j'ai traversé un désarroi qui ressemble fort a celui que vous traversez aujourd'hui : une perte de repère. Pendant plus de vingt ans, embarqué dans un "nouveau mouvement religieux", j'ai eu une lecture fondamentaliste de la Bible. Imaginez quand tout c'est écroulé...pour une lecture plus raisonnable...

Le NT est-il un copié-collé de l'AT ? Dans sa manière de "dire" ? Certainement... Les Évangiles de Matthieu et de Luc découlent directement de celui de Marc, donc d'un terreau typiquement judaïque. Les auteurs (ou les écoles de pensées) n'avaient que l'AT comme critère de base. Le NT reflète donc le même symbolisme, les mêmes procédés littéraires, pour "instruire", car les Évangiles sont et restent avant tout des CATHECHESES. John Spong pense même que les récits évangéliques utilisent l'année liturgique juive pour éclairer les différentes facettes du personnage du Christ. (Un peu comme l’Église le fait aujourd'hui.)

Quand au Jésus mythique, un livre vient de sortir : "Jésus, l'encyclopédie", collectif dirigé par Joseph Doré, proposant une synthèse des données sur Jésus.
« Un ouvrage de référence sur un personnage unique, Jésus, qui garde son mystère et interroge chacun de nous sur le mystère qu’il est à lui-même. https://www.youtube.com/watch?v=L4Wg1d8IQ6E&feature=youtu.be

Sur cette « sublime figure de papier  » fait de documents littéraires et de témoignages, dessinons notre propre figure du Messie que nous y décryptons.

Rott

Guès Christiane 06/11/2017 17:13

René, que penses-tu des siècles passés de chrétiens convertis à la foi en Jésus-Christ, de certains saints qui ont réellement déplacé des montagnes ? Un Jésus de papier aurait-il pu faire cela ?
Tu cites beaucoup Luc en matière de midrashim. Il est vrai que Luc déborde beaucoup de la réalité et d'une seule petite étincelle il te fabrique un récit éblouissant.
Mais l'évangile de Marc tempère celui de Luc et il garde toute sa valeur car il cible l'essentiel parmi les quatre évangiles retenus.
Je termine mon petit commentaire par la parole d'un certain psaume que tu préfères à d'autres :
« Amour et Vérité se rencontrent ». Ce n'est pas pour rien qu'un jour cette parole t'a parlé.

Robert Kaufmann 05/11/2017 17:20

Cher René,
Qui ne s'est, à un moment ou l'autre, posé ces questions ? y compris notre petite Thérèse de Lisieux et, très probablement, la plupart des Papes.
Mais avant d'aborder ces questions sur sur la foi à accorder dans ce qu'il est convenu d'appeler " les écritures saintes", je pense qu'il serait utile de s'interroger sur la question initiale et première : la foi en un Dieu créateur. Si on répond par la négative à celle-ci, tous les verbiages et autres bouillons de culture sont vains, puisque toute la suite n'est que fiction et fantasmes.
"Si Dieu n'existait pas, les Hommes l'auraient créés", comme disent certains.... Le débat se clôt.

Mais puisque nous sommes sur un Blog de culture judéo-chétienne, nous admettrons au départ que nous avons tranché en faveur de le foi en Dieu.
Pour ce qui me concerne, c'est une évidence, puisque je fus un Catéchumène adulte lors de ma profession de foi.
Je ne voyais qu'une seule alternative= soit c'est "le hasard et la nécessité" de Jacob et Monod, soit la VIE est due à la volonté d'un être intelligent supérieur. ... Indépendamment de l'inspiration personnelle, la Genèse, qui s'accommode parfaitement dans son développement séquentiel à l'évolution de
Darwin, (à condition de différencier le jour biblique de notre jour solaire) l'a facilement emporté dans ma décision.

Ceci acquis, la seconde question est "quel sens a notre vie ? " et "qu'est-ce que Dieu attend de nous au quotidien ? "....
De là part notre recherche dans les textes et notre choix personnel pour telle religion, telle église où nous nous nous sentons à l'aise.
Tout en étant catholique, je suis souvent perplexe, pour ne pas dire plus, devant le mille feuille que l'Eglise nous a bâti .
Comme disent d'autres intervenants, je suis de ceux qui ont une vision plutôt "protestante" de la Bible,: voyant en elle un ensemble de textes comportant des aspects historiques, des aspects symboliques, des récits pédagogiques, des poèmes.......tout cela pour nous aider à nous ouvrir à la spiritualité et, si possible, à Dieu.
C'est dire que je suis toujours admiratif sur le plan intellectuel, mais surpris avec un petit sourire, de
voir pousser l'analyse en cherchant la faille dans telle virgule mal placée ou tel point supplémentaire dans le lettre hébreue du texte.
N'est-ce pas là une lecture "fondamentaliste" de qui se voudrait moderniste, alors que le texte doit être pris dans le sens d'un message symbolique global ?

Quant à Jésus, je crois que même les anti-cléricaux notoires ne doutent de son existence historique. Et comment ses compagnons et les concepteurs du Second Testament auraient-ils trouvé l'inspiration, l'énergie, le rayonnement, la pédagogie, pour fonder une Eglise à partir d'un mythe ?...
Devant un titre provocateur tel "Jésus Christ figure de papier", j'aurais tendance à ressentir plus de méfiance que de curiosité.

Quant aux similitudes entre les deux Testaments, je crois qu'elles n'ont échappé à aucun théologien sérieux. Voilà longtemps que j'entends dire que des passages tels les massacre des derniers nés ou la fuite en Egypte doivent être considérés comme des récits symboliques que l'on retrouve dans les deux Livres.
Comme d'autres intervenants, je considère aussi que l'étude, la réflexion, les discussions, sur l'interprétation des textes, sont de toujours.
Voir les écoles talmudiques qui sont orfèvres en la matière.

Je suis sûr que tu as encore beaucoup à apporter au débat si tu veux bien quitter la mousse de surface pour revenir à la nourriture essentielle.

Amitié
Robert Kaufmann

Didier LEVY 07/07/2018 17:23

" ... une seule alternative= soit c'est "le hasard et la nécessité" de Jacob et Monod, soit la VIE est due à la volonté d'un être intelligent supérieur. ...". Je glisse dans ces commentaires passionnants, ma réaction à celui-ci. Plutôt un témoignage personnel.
En l'espèce, je suis sorti du raisonnement, et de toute espèce d'intellection, en appelant à la formulation et au positionnement d'une alternative. Au profit d'une déconstruction-reconstruction de celle-ci, qui restera par nature inachevée - trois renvois successifs à la fabrication du midrash ... - et qui se pose en l'état sur l'idée que le hasard et la nécessité et le projet créateur d'une transcendance se confondent entièrement. Parce que de même que pour l'interpellation de René Guyon, c'est dans cette direction que je suis convaincu de trouver la part de sens qui m'est promise.

LECOQ 04/11/2017 12:10

D'accord avec l'ensemble des réactions sauf celle de Jodish. Les évangiles - et je dirais même le nouveau testament en grande partie - sont rédigés avec le principe du midrash en toile de fond. Je trouve cette continuité à travers l'histoire des croyants absolument magnifique. Seulement, la systématisation du procédé critique dans ce livre que vous signalez paraît excessive car les hommes évoluent aussi dans leurs manières de rédiger : on voit bien les différences de points de vue entre les évangélistes et entre ceux-ci et Paul ... Non vraiment, pour un Jésus-Christ de papier autant d'hommes n'auraient donné leur vie depuis 20 siècles ! Quant à faire de Jésus ce que le dogme catholique en a fait, c'est une autre histoire ! Par ailleurs le tirage du livre en question semble épuisé. Merci et bon courage à vous René !

Apothéloz 04/11/2017 10:12

Lu aujourd'hui
Nous avons des rapports communs( juifs et protestants) aux textes, l’interprétation nous sauve des coquilles vides. Ce qui nous lie c’est l’amour du texte, l’esprit non dogmatique. Et c’est ce monothéisme éthique que je partage avec le protestantisme. Il ne s’agit pas ici d’une simple vision historico-critique des textes il faut rechercher la nourriture spirituelle de ces textes. Cette sagesse profonde entendue comme un bien commun de l’humanité peut être un des secrets de la pacification de nos sociétés.
grand rabbin Marc Raphaël Guedj

Apothéloz 03/11/2017 23:02

Cher René,

Ton étonnement m’étonne ! Comment un chercheur peut-il s’étonner de toujours avoir à chercher ? C’est notre condition humaine. Une fois que l’on a déshabillé le texte biblique, ancien comme nouvel alliance de tous ses oripeaux, de sa prétendue véracité historique, de son absolue moralité, de sa cohérence « évidente », que reste-il ? C’est une bonne question... de catholique !!! Nous autres protestant sommes habitués avec nos exégètes acharnés, avec la méthode historico-critique, à ne plus voir une vérité « vraie » dans chaque mot, chaque épisode de la Bible. (Tu as oublié de mentionner la pure fiction de noël, comme l’improbable fuite en Égypte)
En protestantisme, nous sommes rodés à ce sport qui consiste, à critiquer, décortiquer, le texte tout en croyant, c’est un foi pas un savoir, qu’il nous parle, qu’il révèle notre histoire, notre humanité, notre rapport à la transcendance et notre devenir. J’ai entendu un rabbin développer la conception intéressante suivante : il y a deux torahs disait-il. La Torah écrite que nous connaissons, nous pourrions dire nos textes canoniques et la Torah orale. La Torah orale est infinie, elle est en discussion en "disputatio", en controverse, en interprétation humaine perpétuelle. Oui, nous sommes comme les évangélistes, comme Paul en train d‘écrire la suite. Mais ce que contiennent ces textes est un trésor, pétri d’humanité, donc de références anciennes, porteur du sens qu’ont voulu nous transmettre les premiers témoins et témoins de témoins. Ils ont enjolivé, reconstruit, narré, qu’importe, ce qui nous parle ce sont ces mots que nous pouvons, si nous le croyons, librement écouter et écouter la résonance qu’ils ont en nous.

Bien à toi
Un hérétique en garrigues

Xavier Molle 03/11/2017 18:40

Cher René,
Donc Jésus aurait été inventé par ses disciples ? Mais on connait cela depuis des lustres ! Le résultat serait sublime, génial. Mais les génies sont modestes et ne reconnaissent pas d'autre inspiration que le maître qu'ils se sont inventés... Ces écrivains seraient donc des juifs voulant se démarquer des juifs. Ils se seraient démarqués jusqu'à imaginer un homme Fils de Dieu ?! On sait que plus c'est gros, mieux ça passe... Si c'est vrai, alors c'est vraiment le casse, non pas du siècle, mais du bimillénaire ! Jusqu'à ce qu'en 2017 quelqu'un découvre enfin le pot-aux-roses.
Bien sûr je n'ai pas lu les 500 pages, ni les 43 pages de concordance midrashique. Les exemples que tu donnes sont bien connus. Que des auteurs du NT s'inspirent de formulations de l'AT, quoi de plus normal ? Et on ne voit pas pourquoi Jésus n'aurait pas fait de même. Je doute en tout cas que tout le NT se laisse déduire de l'AT.
De même que le regard sur les évangiles varie beaucoup selon les convictions préalables de chacun, on sait que l'exégèse n'est pas tout à fait la même selon qu'on est resté dans la foi ou qu'on l'a quittée. Voir par exemple les livres de Bart Ehrman.
Dans le NT il n'y a pas que les évangiles. On peut y lire par exemple ceci :
- Ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché du Verbe de vie, nous vous l’annonçons. 1Jn 1,1
- Quand on se convertit au Seigneur, le voile est enlevé. 2 Co 3,16
- Quant à eux, quittant le Conseil suprême, ils repartaient tout joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des humiliations pour le nom de Jésus. Ac 5,41
J'arrête là, je n'ai pas lu le livre. Peut-être est-il bon de relire un autre livre : Vittorio Messori, "Hypothèses sur Jésus" (1982, 1 million d'exemplaires), dont les analyses pénétrantes avaient quelque chose de définitif. Bien sûr, c'était un converti ; cela n'a pas altéré sa rigueur.
Juste une phrase, qui n'est pas du copié-collé, pour ne pas conclure par ma prose :
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : avant qu’Abraham fût, moi, JE SUIS. »
Très fraternellement.

salvan 03/11/2017 10:13

Je comprend votre trouble. Moi aussi je me pose des questions. Je compte sur le livre qui m'a été offert "Jésus" L’encyclopédie. pour peut-être trouver des réponses. Je penses quand même que ce Jésus de l'histoire à vraiment exister. Si l'on admet que c'est une interprétation de ses paroles, aujourd'hui comment faire cette interprétation? C'est ma question. Courage! Une vieille dame de 85 ans

Bernos marcel 02/11/2017 22:58

Cher René,
Qui — se posant des questions sur notre foi (et surtout son contenu) — ne partagerait pas ton trouble et ta douleur ? C’est l’origine même de la «foi» d’être fondée sur la «confiance», ce qui laisse toujours une part d’incertitude. Et c’est l’incertitude qui crée la peur et la souffrance.
L’historicité de Jésus ne fait plus problème aujourd’hui (hormis pour Michel Onfray et quelques laïques, épigones de Couchoud et Alfaric). Suffisamment de sources non-chrétiennes nous citent, sans beaucoup de détails il est vrai, ce Chrestos à l’origine d’une secte juive suscitant des agitations dans l’Empire romain. Depuis la fin du XVIIIe siècle, des chercheurs rationalistes allemands ou anglais, se fondant sur un certain nombre de coïncidences mythologiques, ont voulu démontrer que Jésus-Christ n’était que la mise en forme d’un mythe solaire, sorte de mélange d’Hercule, Dionysos, Mythra, Æsculape … Mais un autre chercheur, appliquant la même méthode avec des arguments semblables, a réussi à «prouver» que Napoléon était également un «mythe solaire».
Quant au «copié-collé», tu es suffisamment au courant des cultures anciennes, et particulièrement de la culture juive, pour ne pas t’étonner du fonctionnement de la transmission des savoirs. La voie orale est omniprésente et, avec elle, le poids des connaissances traditionnelles.
Les apôtres et les premiers disciples, judéo-chrétiens, étaient probablement «gavés» des textes de la Première Alliance. Même sans avoir reçu forcément une formation intellectuelle poussée, par l’audition des textes sacrés : torah, prophètes, psaumes … en assemblée ou en famille. Des bribes de ces textes étaient tout prêts dans leur mémoire quand ils ont eu à «formuler» des situations présentes équivalentes. Les 3 jours passés par Jésus dans le tombeau rappelaient (au sens mémoriel) les 3 jours de Jonas dans le ventre de la baleine… Je me souviens d’un ami jésuite, passionné des psaumes, qui en arrivait parfois, probablement involontairement, à avoir des «remontées» spontanées de versets dans une conversation à thème religieux.
On ne peut non plus rejeter le fait qu’ayant à exprimer un indicible, ils aient été heureux de l’étayer et de le garantir sur les textes fondateurs, sans que ce soit un simple «plagiat».
Donc paix, mon frère, ta douleur est sans objet.
Marcel Bernos

Jodish 02/11/2017 22:36

Monsieur Guyon, s'il vous plait, ne vous est-il jamais venu à l'esprit que l'ancien testament annonce la venue du Messie ? Flavius Joseph l'historien contemporain du Christ a bien témoigné lui aussi de son existence réelle. Où sont vos doutes ? Toutes les écritures inspirées reprennent continuellement les annonces, les mises en garde et les prophéties qui finalement se produisent.
Douteriez-vous du fait que ce que les juifs considéreront comme l'advenue du Christ sera finalement sa seconde venue et que nous devrions tous alors retrouver nos esprits, comprendre que les Prophètes étaient plus qu'inspirés - ils étaient voyants et révélateurs. Dieu leur ayant montré les choses ! ?
Le Nouveau Testament n'est pas un copiè-collé, c'est LE témoignage: Les inspirés ont bien reçu une vision nette de toutes choses !

Didier LEVY 07/07/2018 17:36

Se garder de lire les Livres comme des témoignages et des annonces. Ou alors des témoignages, disons plutôt des échantillons, de représentations construites sur des durées considérables et dont la traduction - les traductions - seraient au demeurant des plus incertaines sinon complètement opaques.
Ou alors comme des annonces qui nous éclairent comme un minuscule reflet perdu sur une immensité parfaitement obscure.
Ce qui nous est "dit", en nous renvoyant aux minuscules langues de feu que l'Esprit a pu faire descendre sur telle créature (ou sur toutes ?) depuis des millénaires, tient-il en une autre inspiration que celle qui nous a mis en garde : "Pour chaque verset, il est 77 lectures" ?