Un remède de cheval…

Publié le par Garrigues et Sentiers

Dix idées simples méritant (peut-être) un prix Nobel d'économie

La limitation de vitesse des véhicules automobiles semble de plus en plus une priorité, pour ne pas dire une obsession, des gouvernements français, presqu'autant que le chômage, avec cependant un peu plus de succès :

- Limitations toujours plus exigeantes des vitesses autorisées, frisant parfois le ridicule
- "Gendarmes couchés" multipliés faisant de certaines voies un parcours de montagnes russes…

Je crois en toute humilité avoir trouvé une solution à ce problème, qui, par une succession d'effets bénéfiques, mettrait fin à d'autres drames de notre économie en berne ; elle me vaudrait la reconnaissance éperdue non seulement des classes laborieuses, mais également celle du patronat, des écologistes et, pourquoi pas, des gouvernements à venir.

Le remède est d'une simplicité absolue : le retour à l'usage du cheval. Non pour en faire des lasagnes (encore que…) mais pour régler une suite de problèmes contemporains prétendument insolubles.

1 – Avec les voitures à cheval, on est sûr – sauf quelques emballements intempestifs – que la vitesse resterait forcément limitée.
2°– Une charrette transportant moins de marchandises qu'un camion 30 tonnes, il en faudrait beaucoup plus, créant des emplois de charrons faciles à répartir sur l'ensemble du territoire et favorisant ainsi les "emplois de proximité" pour réparer les roues cassées.
3°– Comme il y aurait plus de charrettes, il faudrait davantage de conducteurs, ce qui ferait baisser le taux de chômage. De même serait dopés les métiers de la carrosserie (au sens propre), ceux de l'élevage du cheval, etc.
4°– Outre le fret, n'oublions pas le transport des personnes : le char à banc en resterait la valeur sûre, quitte à améliorer le confort de ces antiques voitures. On pourrait s'attendre en ce domaine à la création de bureaux d'études, recherchant de nouveaux modèles, développant de nouvelles technologies, ce qui nécessiterait des chercheurs, des techniciens, des ouvriers.
5°– Innovation essentielle, le crottin, qui au lieu d'être perdu serait ramassé par des techniciens d'hippocrotte, c'est à dire, là encore, de nouvelles créations d'emplois hautement écologiques. Et si les gouvernants étaient courageux, ils pourraient promouvoir en même temps la production de balais en net recul depuis quelques décennies. Le service Prévention des ramasseurs les équiperait de masques protecteurs contre les particules fines soulevées depuis le crottin jusqu'à leurs narines.
6°– Du coup, enrichie par cet engrais naturel devenu rare de nos jours (il coûte cher dans les jardineries), l'agriculture pourrait enfin s'éco-biologiser plus aisément. Elle produirait des fruits et légumes de qualité qui, accessoirement, profiteraient à la santé de nos concitoyens, dont les systèmes digestifs seraient préservés de l'empoisonnement chimique et dont les poumons n'auraient plus à redouter que le tabac (contre lequel le cheval ne peut rien…).
7 – Il y aurait donc moins de malades et la Sécurité social pourrait redresser ses comptes. Mais pour ne pas peser sur l'avenir du personnel hospitalier, on pourrait améliorer le taux de médicalisation du pays et profiter des cerveaux libérés par la baisse du nombre de malades "courants" pour faire un effort sur la recherche dans les maladies rares et orphelines, qui demeurent les parentes pauvres de notre médecine.
8°– En outre, la qualité de la gastronomie française augmentant avec les bons produits à cuisiner, les touristes, qui en avaient marre d'être jusque là arnaqués dans des bouffoirs innommables, viendraient encore plus nombreux dans notre beau pays créant de nouveaux emplois dans ce secteur d'activités.
9°– Je n'ai pas abordé la question du CO2, par incompétence, mais on ne me fera pas croire que la flatulence équine en produise plus que les énormes camions fonctionnant au gas-oil qui sillonnent nos autoroutes.
10°– Enfin, nous vivons des temps où l'on craint le possible retour de famines non seulement provoquées par l'égoïsme traditionnel des pays riches (dénoncé par René Dumont, il y a déjà près de 50 ans), mais également, et de plus en plus, conséquences inévitables du changement climatique et de migrations de masse qui s'amplifient rapidement. Les chevaux réformés mais sains, pourraient, après leur vie consacrée au transport, alimenter (si l'on peut dire) les boucheries hippophagiques en net déclin, et rendre à leurs titulaires un regain d'activités, tandis que les amateurs de nourriture carnée trouveraient une viande saine (le cheval donnerait, dit-on, une viande plus saine, avec moins de parasites que le porc ou le bœuf). Et l'on connaît les moyens de l'attendrir le cas échéant.

Ma liste n'est pas complète, je n'ai pas insisté sur quelques dommages collatéraux tels que l'encombrement des routes et des rues, ou la pollution sonore consécutive. C'était la situation de la Rome antique où la circulation était telle le jour que l'empereur avait dû interdire le passage des chariots (= camions), qui devaient donc le faire pendant la nuit, avec toutes les nuisances y afférentes.

Ma proposition ne règle pas tout. Ainsi, elle ne pourrait rien pour les crises du Moyen-Orient. Mais qui ou quoi peut le faire ?

Bref, en négligeant quelques détails, à traiter au fur et à mesure de leurs apparitions, ne pensez-vous pas que mes idées méritent réflexion, puisqu'elles règlent à la fois la circulation, l'éco-agriculture, la crise du chômage, et qu'elle atténue la quantité de CO2 dans l'atmosphère.

Peut-être cela pourrait-il mériter une distinction du jury de Stockholm ?

Marc Delîle

Publié dans Fioretti

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