De l’« ESPRIT », des débuts à l’« ESPRIT-SAINT »

Publié le par Garrigues et Sentiers

Je vais essayer d’éviter d’écrire trop souvent le mot Dieu, d’éviter comme dans le Judaïsme de prononcer le nom de Yahvé car effectivement ce nom est imprononçable et de plus, à l’origine de l’univers, il est impropre car sous le mot Dieu on imagine toujours une personne humaine.

Qu’y avait-il avant le Big-bang qui a provoqué la naissance de l’univers ?

Au cours d’une émission de télévision, un scientifique a expliqué qu’il y avait le vide. Or, ce vide était composé pour moitié d’énergie positive et pour moitié d’énergie négative. Il y a eu une accumulation d’énergie positive ; de là, il y a eu le Big-bang et l’univers s’est créé. Ce chercheur a donné comme exemple un homme qui creuserait dans l’énergie négative pour construire un monticule celui-ci devenant donc énergie positive, mais le trou laissé béant devenant de l’énergie négative. La quantité totale des énergies restant la même, il en concluait que ni Dieu ni la Vie Éternelle n’existaient puisque ces quantités restaient équivalentes : il n’y avait pas de place pour Dieu.

Ça m’a rappelé un souvenir de ma nièce Emmanuelle quand elle était encore à l’école maternelle. Dans la cour de récréation il y avait un grand arbre et un rond de terre autour, une matière malléable que la fillette s’était appropriée pour jouer. Mais ce n’était pas du tout de l’avis des institutrices. L’une d’elles s’est alors approchée d’elle et lui a dit : « Il ne faut pas faire de trou dans la terre ». Et ma nièce qui malgré ses trois ans n’avait pas sa langue dans sa poche, lui a répondu : « Je ne fais pas un trou, je fais un pâté ». Pour elle, c’était du positif et non du négatif, elle ne comprenait pas pourquoi elle se faisait gronder et qu’en voulant faire un pâté il se créait automatiquement un trou. Cependant la quantité de terre restait la même, seule sa disposition changeait. Il n’y avait rien de plus, rien de moins sauf le mouvement des mains de ma nièce pour construire le pâté.

Et c’est là que se trouve le Vent de l’Esprit. L’Esprit n’est ni dans l’énergie négative ni dans l’énergie positive. Il est dans le mouvement qui a provoqué l’accumulation d’énergie en vue du Big-bang.

L’Esprit est immatériel. Il ne se mesure ni en temps ni en quantité. Il était à l’origine comme il est dit dans Genèse 1,2 : « Un vent de Dieu tournoyait sur les eaux ». Avec un peu d’imagination ces eaux peuvent très bien être le vide sidéral puisque la terre était encore mal définie « vide et vague » « les ténèbres couvraient l’abîme », des mots qui peuvent s’attribuer à l’univers encore absent.

Il y a un très beau texte dans le livre des Proverbes 8,22-31 qui atteste de l’existence de l’Esprit appelé Sagesse avant l’apparition de l’univers : 8,23 « J’ai été fondée dés le commencement avant l’apparition de la terre ».

Ce vent de Dieu, on le retrouve ensuite plusieurs fois dans la Bible. Pour le prophète Élie il était dans la brise légère, presque silencieux. Il y a aussi ce chant : « le vent souffle où il veut et tu entends sa voix mais nul ne sait d’où il vient et nul ne sait où il va ».On ne peut que le reconnaître intérieurement car il échappe à tous nos sens. Le jour de la Pentecôte (Actes 2,1) « Tout à coup vint du ciel un bruit tel que celui d’un violent coup de vent… »… toujours la comparaison de la venue de l’Esprit avec le vent. Ce bruit accompagné ensuite des langues de feu semble comme une répercussion (un midrash ?) de l’explosion du Big-bang à l’origine de la Création de l’univers. À ce moment là, la nouvelle Création se met en place avec la réception et la bénédiction de l’Esprit devenu Esprit-Saint.

Je reviens au mouvement qui crée l’accumulation d’énergie positive. Ce mouvement ne peut en modifier la quantité mais il peut en modifier le comportement. Il en est de même pour les êtres humains. Les douze apôtres étaient de petites gens, des petits artisans sans trop d’instruction, vivant surtout de la pêche. Ils étaient un peu les croyants sécularisés du Judaïsme assez superstitieux et dont l’échelle des valeurs était très semblable à la nôtre. Avec l’envoi de l’Esprit-Saint par Jésus ils se trouvent transformés. Ils n’avaient acquis ni une paire d’ailes ni une auréole mais des dons spirituels.

Nous sommes souvent en admiration devant Pierre qui était plutôt rustre, sachant peut-être à peine lire et écrire, assez vantard, sans grand idéal, allant par peur jusqu’au reniement et qui d’un coup s’est mis à parler, à tenir des discours, à déceler même l’action de l’Esprit-Saint chez les païens. Il y a même deux épitres de Pierre. Puis il y a eu et il y a toujours des conversions : celle de Paul qui, lui, était instruit mais persécutait les premiers chrétiens. D’un coup, en suite d’une vision envoyée par l’Esprit-Saint, son attitude s’est retournée et il s’est reconnu lui-même chrétien.

Cet Esprit répandu sur les apôtres à la Pentecôte a continué à se répandre dans le temps et dans l’espace créant toujours plus de diversité parmi les peuples et les religions. Cet Esprit est aussi l’Amour universel, il est la connaissance de la Vérité et la Vérité elle-même. Jésus a été celui qui a le plus bénéficié de l’apport de l’Esprit-Saint jusqu’à être totalement sous son emprise. Il en est le réceptacle au point qu’il « tressaille » sous l’action de l’Esprit-Saint.

Mais le fait de puiser dans l’énergie négative a-t-il créé un penchant vers le mal chez l’être humain ? Le serpent de la Genèse est extérieur au couple créé mais il fait partie de l’espèce animale elle-même tirée de la terre et donc du néant. La violence, la haine, le désir et l’acte de tuer viennent-ils de ce bouillon d’énergie négative impossible à supprimer ?

Peut-être, mais il y a toujours moyen de se tirer de là et de s’élever vers la civilisation des montagnes. Combien de fois Jésus gravira la « montagne » pour délivrer son message ? Disons-nous que s’il reste le « trou », le « pâté » lui aussi demeure et cela c’est l’œuvre de l’homme aidée de l’Esprit.

Au fait, je voudrais encore signaler avant de terminer mon article : l’école fréquentée par ma nièce il y a quarante ans existe toujours mais l’arbre a été enlevé de la cour et la terre recouverte de bitume sans doute par mesure de sécurité vis-à-vis des enfants. C’est dommage car l’Esprit de Sagesse ne peut plus (Proverbes 8,31) « trouver ses délices en jouant avec les enfants des hommes » et les aider à construire leurs pâtés.

Les enfants doivent se tourner vers d’autres rêves ou cauchemars comme celui de ce chercheur.

Celui-ci terminait cependant son exposé en disant qu’il était impossible que dans l’univers il n’y ait pas d’autres planètes habitées par des humanoïdes.

Et ça, je le crois aisément car l’Esprit se trouvant déjà là avant le Big-bang, cet Esprit de Dieu n’a pu avoir comme ambition seulement le peuplement de la planète Terre !

Christiane Guès

Publié dans DOSSIER L'ESPRIT

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