L'encyclique de François est sur le site Vatican

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Vulliet 31/05/2021 10:24

Je signale entre autres à propos de cette encyclique le livre de Paul Ariès La Face cachée du pape François (Max Milo, 2016). Paul Ariès, athée, n'est pas un anti-chrétien primaire. Il a publié plusieurs livres chez Golias et d'ailleurs le livre se termine par un point de vue paru dans L'Humanité du 21 mars 2012 écrit en collaboration avec Christian Terras: «Écologie et chrétienté, théologies de la libération ou retour des droites cathos?»

Un extrait de ce livre: «Notre société, qui aime beaucoup les légendes, a envie de croire le bon pape François lorsqu’il dit qu’il que “l’Église veut une Église pauvre pour les pauvres” ou lorsqu’il rappelle que “Pierre n’a pas de compte en banque” (sic). L’évêque Bergoglio ne pouvait pourtant ignorer les travaux du grand historien italien Giacomo Todeschini, professeur à l’université de Trieste, grand spécialiste du rôle/économique des franciscains[1]. François d’Assise et ses proches, comme Thomas de Celano, n’étaient pas des adversaires a priori des richesses, ils souhaitaient même que les acteurs fassent fructifier leur richesse privée à travers la production de la circulation des marchandises, car ce qu’ils combattaient c’était la richesse thésaurisée, celle du propriétaire foncier et de l’aristocrate… Autrement dit, saint François d’Assise est un père du capitalisme, pas de l’anticapitalisme. Selon saint François d’Assise, chacun doit trouver sa place au sein de la société en fonction de sa capacité à faire circuler les richesses, à produire de la valeur. Le professeur Todeschini va même plus loin en notant que cette religiosité franciscaine (celle des adeptes de la pauvreté évangélique à la sauce vaticane) a fourni une large part du vocabulaire de l’économie occidentale capitaliste. Le vocabulaire franciscain aurait donc créé l’économie capitaliste… donc l’exploitation des salariés, donc l’appauvrissement du plus grand nombre.» (P.58-59.)

Armand Vulliet

[1] Giacomo Tedeschini, Richesse franciscaine. De la pauvreté volontaire à l’économie de marché, trad. de l’italien par Nathalie Gailius et Roberto Nigro, Lagrasse (Aude), «Verdier Poche», Verdier, 2008. [Note de l’auteur.]

Francine Bouichou-Orsini 01/07/2015 11:04

Cette encyclique témoigne que François possède, effectivement, ce don du discernement propre aux jésuites. Francine Bouichou-Orsini

Pierre Locher 28/06/2015 16:03

Qui a dit ?

Après un temps de confiance irrationnelle dans le progrès et dans la capacité humaine, une partie de la société est en train d'entrer dans une phase de plus grande prise de conscience.

La soumission de la politique à la technologie et aux finances se révèle dans l'échec des sommets mondiaux sur l'environnement.

Pourquoi veut-on préserver aujourd'hui un pouvoir qui laissera dans l'histoire le souvenir de son incapacité à intervenir quand il était urgent et nécessaire de le faire ?

Nous ne sommes pas Dieu. La terre nous précède et nous a été donnée.

La meilleure manière de mettre l'être humain à sa place, et de mettre fin à ses prétentions d'être un dominateur absolu de la terre, c'est de proposer la figure d'un Père créateur et unique maitre du monde …

La pensée judéo-chrétienne a démystifié la nature. Sans cesser de l’admirer pour sa splendeur et son immensité, elle ne lui a plus attribué de caractère divin.

...à l'origine de beaucoup de difficultés du monde actuel, il y a avant tout la tendance, pas toujours consciente, à faire de la méthodologie et des objectifs de la techno-science un paradigme de compréhension qui conditionne la vie des personnes et le fonctionnement de la société.

Les finances étouffent l'économie réelle. Les leçons de la crise financière mondiale n'ont pas été retenues...

Ce qui arrive en ce moment nous met devant l'urgence d'avancer dans une révolution culturelle courageuse.

Il n'y aura pas de nouvelle relation avec la nature sans un être humain nouveau. Il n'y a pas d'écologie sans anthropologie adéquate.

...prétendre résoudre toutes les difficultés à travers des réglementations uniformes ou des interventions techniques, conduit à négliger la complexité des problématiques locales qui requièrent l'intervention active des citoyens.

Le XXI° siècle, alors qu'il maintient un système de gouvernement propre aux époques passées, est le théâtre d'un affaiblissement du pouvoir des États nationaux, surtout parce que la dimension économique et financière, de caractère transnational, tend à prédominer sur la politique.

Répondant à des des intérêts électoraux, les gouvernements ne prennent pas facilement le risque de mécontenter la population avec des mesures qui peuvent affecter le niveau de consommation...

Si les citoyens ne contrôlent pas le pouvoir politique – national, régional et municipal – un contrôle des dommages sur l'environnement n'est pas possible non plus.

L'environnement fait partie de ces biens que les mécanismes du marché ne sont pas en mesure de défendre ou de promouvoir de façon adéquate.

Il ne suffit pas de concilier, en un juste milieu, la protection de la nature et le profit financier, ou la préservation de l’environnement et le progrès. Sur ces questions, les justes milieux retardent seulement un peu l'effondrement.

La sobriété, qui est vécue avec liberté et de manière consciente, est libératrice.

Quelques extraits (partiels et partiaux) de "Laudato si".