Shalom, Salam. Israël, Palestine : deux états, un futur ?

Publié le par Garrigues et Sentiers

Dans la guerre, chacun veut défendre son territoire. Tracer des lignes. Des frontières. Des tranchées. Mesurer l’espace. Maintenir l’autre à distance. Dessiner la carte de la haine.

Mais la paix s’annonce avec un premier geste. Un premier mot. Un regard. Tu me donnes, je te donne le droit de visage. Le droit d’être un homme. D’être. Le droit à l’avenir. La paix est une reconnaissance du temps. Mais pour partager le temps, nous devons d’abord partager l’espace. Avancer. S’approcher. Écouter.

« Ce pays doit vous échoir en partage.
Vous vous le partagerez en héritage
Pour vous et pour les étrangers
Qui séjournent au milieu de vous. »
(Ézéchiel 47,20)

Au Moyen-Orient, reconnaître un État Palestinien en Cisjordanie, et reconnaître l’État d’Israël, c’est dépasser l’espace par le temps, avec le cri d’espoir des partisans israéliens de la paix :

« Deux États, Un Futur ».

Beaucoup d’israéliens seraient sans doute prêts à se retirer de Cisjordanie et Gaza mais ils craignent que cela n’arrête pas les attentats sanglants et que l’étape suivante ne commence avec le retour massif des réfugiés palestiniens et le projet de destruction de l’État d’Israël.

Beaucoup de palestiniens seraient peut-être prêts à proposer la paix et l’arrêt des attentats, mais ils craignent que les implantations juives ne soient jamais démantelées, et que la reconnaissance d’Israël ne leur laisse que des miettes de territoires et peu de liberté.

Chaque camp s’appuie sur une histoire partielle ou partiale, ses droits, ses arguments, ses morts. Des commentaires de journalistes, des prises de position d’intellectuels engagés, des manifestations pour, des cris de victoire, exaltent le désir de vengeance, prolongent la guerre et la haine, renforcent la bonne conscience de chacun.

Mais accepter que des enfants soient tués, israéliens ou palestiniens, ce n’est pas défendre une cause, qui devient aussitôt indéfendable, c’est accepter la nuit de la haine sans espoir et sans Dieu. Accepter la guerre de cent ans.

Comprendre la peur de l’autre, choisir la parole et la vie contre le bruit et la fureur, c’est donner une chance à la paix. L’œuvre de paix. Sans figer l’histoire dans l’éternel retour des fautes de l’autre, en laissant dans l’ombre ses propres fautes. C’est reconnaître l’avenir de la parole et de l’écoute. Dépasser l’avoir par l’être et le temps. 

« J’ai beau parler de paix,
Eux ne méditent que la guerre ».
(Psaume 120)

La paix n’est pas un monologue mais un dialogue de vie. C’est à Eux que chacun doit parler, avec le risque de ne pas être entendu. Car la paix est un risque, une avancée dans le temps. Parler à l’Autre, l’ennemi, le lointain.

Eux, Ils, indifférenciés, pourront peut-être devenir chacun un Tu. Sans figer les certitudes. Sans fermer le cercle de la haine.

Regardons-nous. Parlons-nous. Écoutons.

Choisissons encore la vie contre l’exaltation du suicide et de la mort, des attentats sanglants, des représailles aveugles.  

« Justice et paix s’embrassent ».
(Psaume 85)

Les mots Justice et Paix, seront-ils reconnus, partagés, justice de l’espace, temps de la paix ?

Anouar el Sadate et Itsrak Rabin, par leur vie et leur mort ont donné sens et avenir aux mots.

Marcel Goldenberg

Publié dans DOSSIER LA PAIX

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