Les « 10 points de Mgr Pontier »

Publié le par Garrigues et Sentiers

Mgr Georges Pontier, président de la Conférence des évêques de France,
a ouvert l’Assemblée plénière qui réunit tous les évêques de France
à Lourdes du 4 au 9 novembre 2014
par un discours centré sur l’importance de la famille
et de la personne humaine. Résumé en 10 points.

1. L’importance de la famille

Quelques jours après la fin du premier volet du synode sur la famille, le président de la Conférence des évêques de France a rappelé l’importance de la famille qui « apparaît sous toutes les latitudes comme cette cellule de base de la vie en société, comme celle aussi de l’Église ». Sans évoquer les débats sur l’accès aux sacrements pour les personnes divorcées-remariées ou le regard porté sur les unions entre personnes du même sexe, Mgr Georges Pontier retient du synode qu’il a redit « la grandeur de la famille humaine, fondée sur l’alliance d’amour entre un homme et une femme, vécue dans la fidélité, capable de traverser les épreuves grâce au dialogue et au pardon, accueillante à la vie reçue comme un don et non revendiquée comme un droit. L’amour véritable est une responsabilité assumée, un roc solide sur lequel s’appuyer et non la succession d’aventures passionnées vouées à une errance insatiable ».

2. La critique de la loi sur le mariage

Mgr Georges Pontier déplore la « fragilisation réelle de la vie familiale » observée ces dernières décennies. Évoquant sans la citer la récente loi autorisant le mariage entre personnes de même sexe, il explique : « La nature même du mariage a été bouleversée. Au lieu de trouver des solutions adaptées à des questions posées par des situations particulières, on veut légiférer comme si on devait imposer à tous ce qui est revendiqué comme utile ou légitime pour quelques-uns ».

3. Les parents premiers éducateurs de leurs enfants

Revenant en creux sur la polémique autour de l’expérimentation des ABCD de l’égalité il regrette que « la recherche légitime de progresser dans l’égalité entre hommes et femmes dans nos sociétés est allée jusqu’à faire droit à des conceptions philosophiques militantes qui nient la belle complémentarité porteuse de vie entre l’homme et la femme, inscrite dans la nature même de chaque être humain. L’égalité est vue comme une absolue neutralité insignifiante. Un modèle unique et néfaste veut s’imposer et sa transmission aux enfants s’organise sans l’accord des parents, pourtant premiers responsables de leur éducation ».

4. Du risque de l’enfant vu comme un bien de consommation

Rappelant le credo de l’Église sur la vie, c’est-à-dire « la dignité inviolable de l’être humain depuis sa conception et jusqu’à sa mort naturelle », le président de la Conférence des évêques de France estime qu’il y a un grave risque humain « à s’engager sur le chemin de la procréation médicalement assistée pour répondre à la revendication du droit à l’enfant. Quant au recours à la gestation pour autrui, il est manifeste qu’on entre dans un processus qui considère l’enfant comme un quelconque bien de consommation. Cette pratique fait peu de cas du contexte humanisant qui consiste à garder liés dans le don mutuel conjugal et familial la conception et le temps de la grossesse. Et que dire de la demande faite à une femme de porter un enfant sans s’y attacher comme si la maternité était un acte banal ou à vocation commerciale? On ne peut reconnaître là un progrès humain pour nos sociétés ».

5. Les soins palliatifs plutôt que l’euthanasie

Là aussi ce n’est pas une nouveauté. Concernant le débat récurrent sur l’euthanasie, Mgr Georges Pontier a redit « que l’accès aux soins palliatifs devait être rendu possible et effectif. Ils offrent un environnement médical et une qualité de présence humaine qui permettent à chacun d’être accompagné jusqu’au bout de sa vie plutôt que de succomber à la tentation d’y mettre fin ». La CEF avait lancé un groupe de travail pour contribuer au débat (travaux à suivre sur son blog).

6. Vers le deuxième synode sur la famille

L’archevêque rappelle que le deuxième volet du synode aura lieu l’an prochain autour de « la vocation et la mission des familles dans l’Église et dans le monde ». Entre temps, les diocèses sont appelés à plancher sur le sujet en ayant le souci d’écouter « le témoignage des très nombreux baptisés qui s’efforcent de vivre à la lumière de l’Évangile et de l’enseignement de l’Église leur vie de couple et leur vie de famille au cœur de leur existence et de tout ce qui leur arrive ».

7. Solidarité avec les chrétiens d’Irak

Alors que la CEF a été la première conférence épiscopale à se rendre sur place après l’offensive djihadiste de la mi-juin en Irak, Mgr Georges Pontier a exprimé à nouveau dans son discours la solidarité avec les chrétiens de la plaine de Ninive. « Nous admirons le témoignage qu’ils ont donné en quittant tout pour ne pas renier leur foi, mais nous sommes affligés de voir des milliers de familles chassées d’une terre qu’elles habitent depuis des millénaires, et poussées à l’errance ou à l’exil ». Il appelle la communauté internationale à agir avec efficacité pour « l’établissement de régimes politiques accordant la citoyenneté entière et identique aux habitants d’une même nation ».

8. Poursuivre le dialogue avec les musulmans

Les récents événements en Irak « ne sont pas sans affecter chez nous les relations avec les musulmans » a reconnu le président de la Conférence. « Un certain nombre d’entre eux souffrent profondément de l’image de l’islam que donnent les exactions commises par Daech. Ils les ont dénoncées. Nous accueillons positivement leurs propos tout en espérant que les autorités musulmanes les plus hautes dans le monde le fassent avec autant de clarté. Les musulmans en ont besoin et nous aussi ». Insistant sur la nécessité d’analyser les raisons poussant certains à rejoindre les rangs du djihad, il estime que la poursuite, dans un esprit de responsabilité, de dialogue, de respect, des relations avec les musulmans est « la seule voie qui nous soit offerte pour une vie ensemble souhaitée par le plus grand nombre ».

9. L’année de la vie consacrée

Elle s’ouvre le 1er dimanche de l’Avent, soit le 30 novembre prochain. Mgr Pontier s’est réjouit du dynamisme des consacrés dont bénéficient les diocèses. « De nombreuses Congrégations sont nées dans notre pays et, depuis le Concile, de nouvelles formes de consécration ont vu le jour, (…) des formes de vie inspirées par l’Esprit de Dieu qui aime la nouveauté, comme dit souvent le Pape François ».

10. La visite de François en France

Pas de détails sur le programme, mais « une grande joie » après sans doute une légère frustration… « Nous l’attendions surtout après avoir appris sa visite nécessairement brève aux institutions européennes ».

Laurence Desjoyaux
pour Lavie

Publié dans Réflexions en chemin

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francoisjean 05/11/2014 12:49

Il nous est demandé d’être le sel de la terre et non la salière ! Il me semble que Dieu est patient et attentif. Il sait nous écouter. Il ne Se met pas notre place mais sait nous donner toute notre place. Notre place n’est pas d’imposer le Christ aux autres mais d’être Christ les uns pour les autres. Si nous voulons éviter que « tout autre message philosophique ou politique (est) soit littéralement une perversion qui aura un impact profond sur les générations futures. », il me paraît absolument indispensable que nous soyons à l’écoute de l’autre. Chaque situation est un hurlement de douleur de « paumés » qui ne savent plus à quels saints se vouer. Notre parole a rendu la Parole totalement inaudible à nos contemporains. C’est au point que le pape François a dû préciser récemment que le « bing bang, la théorie de l’évolution » n’étaient pas incompatible avec la foi chrétienne…On se croirait encore au temps de Galilée !! Sachons écouter le Silence de Dieu. Nous saurons alors écouter le silence de l’autre. Nous pourrons ainsi, avec tout le respect que Dieu voue à chacun de Ses Fils, l’aider à se débarrasser des « fatras, poncifs et fantasmes » qui l’empêchent d’être transparent à la Parole qu’il a en lui. « Soyez le Vitrail qui laisse chanter le Soleil » (Maurice Zundel).

Fred 05/11/2014 09:30

Concernant la famille, La Parole est la Parole, tout autre message philosophique ou polititique est littéralement une perversion qui aura un impacte profond sur les générations futures.