Espérer au terme d’un été meurtrier

Publié le par Garrigues et Sentiers

Méditation sur Genèse 6-8 et Ezéchiel 36

Autour de moi, que de personnes me parlent de cet été 2014 comme d’un été raté et où les mauvaises nouvelles se sont succédé au rythme d’une météo déprimante ! Pourtant le Tour de France et les Championnats d’Europe d’athlétisme avaient mis du baume au cœur des Français empêtrés dans une crise économique qui ne veut pas finir.

Il est vrai que l’actualité a mis en avant bien des drames humains, en particulier dans tout le pourtour du bassin méditerranéen.

Souvenons-nous…

298 personnes décèdent à la suite du crash de leur avion, vol MH17, le 17 juillet, dans la région de Donetsk, dans l’est de l’Ukraine, abattu par un missile tiré par les séparatistes. Une semaine plus tard, un avion d’Air Algérie, vol AH5017, s’écrase au Mali, faisant 116 morts.

Pendant des semaines, les bombardements et affrontements entre partisans du Hamas et soldats israéliens provoquent non seulement la mort de soldats des deux parties mais encore de centaines d’enfants et de femmes dans la bande de Gaza. Cessez-le-feu et trêves demeurent éphémères. Les violences continuent.

En Irak, Yezidis et chrétiens doivent s’enfuir de leurs maisons, en abandonnant tout, persécutés par les combattants de l’EIIL (l'État islamique en Irak et au Levant) qui veulent imposer au monde entier "califat islamique", appelant tous les musulmans de l'Oumma à prêter allégeance à leur chef Abou Bakr Al-Baghdadi, rebaptisé pour l'occasion "calife Ibrahim". Ce mouvement vient de revendiquer l'assassinat en Syrie, par décapitation, du journaliste américain James Foley. Les gouvernements occidentaux et bien des responsables musulmans se mobilisent pour contrer cette organisation qui menace la paix mondiale et le vivre ensemble.

Des milliers d’Africains subsahariens quittent le Cameroun ravagé par les inégalités sociales ou la Côte d’Ivoire en convalescence d’une longue guerre civile, traversent le Mali et le désert algérien pour gagner l’Europe, au péril de leur vie, en franchissant le « mur » de Melilla et Ceuta ou en naviguant dans des embarcations de fortune sur la Méditerranée.

Le virus Ebola sème la terreur en Afrique de l'Ouest, ayant déjà causé la mort de 1069 personnes, et commence à menacer les populations du monde entier.

Mi-août, le groupe islamiste nigérian Boko Haram enlève des dizaines de personnes dans des communautés de pêcheurs du nord-est du Nigeria et nous sommes toujours sans nouvelle de la plupart des 276 adolescentes kidnappées dans leur lycée à Chibok au printemps.

La Libye est en plein éclatement avec une guerre fratricide entre tribus et en Syrie, depuis trois ans, les populations subissent une guerre sans fin entre partisans et opposants au régime de Bachar al-Assad.

Dans un tel contexte, peut-on encore croire en l’avenir et espérer en des jours meilleurs, en une paix entre les peuples, en une alliance entre tous les responsables des grandes religions pour promouvoir un respect de l’autre et un service de toute l’humanité ?

Pour répondre à une telle question, rien ne vaut que de se plonger dans nos Écritures millénaires et se mettre à l’écoute de la Parole de Dieu qui, lui aussi, a pu s’interroger sur de telles situations, si l’on en croit le rédacteur du livre de la Genèse (6,5-8) :

« Le Seigneur vit que la méchanceté de l’homme était grande sur la terre, et que toutes les pensées de son cœur se portaient uniquement vers le mal à longueur de journée. Le Seigneur se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre ; il s’irrita en son cœur et il dit : " Je vais effacer de la surface du sol les hommes que j’ai créés – et non seulement les hommes mais aussi les bestiaux, les bestioles et les oiseaux du ciel – car je me repens de les avoir faits. " »

Heureusement, Noé trouva grâce à ses yeux et Dieu le sauva du Déluge. Aussi, nous dit la Bible (Genèse 8,20-22),

« Noé bâtit un autel au Seigneur ; il prit, parmi tous les animaux purs et tous les oiseaux purs, des victimes qu’il offrit en holocauste sur l’autel. Le Seigneur respira l’agréable odeur, et il se dit en lui-même : « Jamais plus je ne maudirai le sol à cause de l’homme : le cœur de l’homme est enclin au mal dès sa jeunesse, mais jamais plus je ne frapperai tous les vivants comme je l’ai fait. Tant que la terre durera, semailles et moissons, froidure et chaleur, été et hiver, jour et nuit jamais ne cesseront ».

Dieu se définissait ainsi comme le Dieu de la Vie, établissant avec les hommes une alliance ainsi présentée :

« Oui, j’établis mon alliance avec vous : aucun être de chair ne sera plus détruit par les eaux du déluge, il n’y aura plus de déluge pour ravager la terre. » Et d’ajouter : « Voici le signe de l’alliance que j’établis entre moi et vous, et avec tous les êtres vivants qui sont avec vous, pour les générations à jamais : je mets mon arc au milieu des nuages, pour qu’il soit le signe de l’alliance entre moi et la terre’ ». (Genèse 9, 11-13).

Mais pourquoi ce qui a été mis par écrit voici plusieurs millénaires serait-il toujours valable ? Et osons écrire ce que bien de nos contemporains pensent, à savoir : « Est-ce que Dieu existe vraiment ? ». Il est vrai que le spectacle de division ou de concurrence, voire d’affrontement, des responsables religieux du monde entier entre eux n’aide pas à donner une réponse positive à la question.

Heureusement, ma foi au Christ me permet de relire Ezéchiel 36, de l’actualiser comme une parole adressée à tous les hommes et femmes de bonne volonté et de penser sereinement qu’en ce jour, Dieu nous dit :

« Je vais vous montrer la sainteté de mon grand nom, qui a été profané dans les nations, mon nom que vous-mêmes, croyants de toute religion, avez profané au milieu d'elles.
Dites-vous bien, juifs, chrétiens, musulmans et autres de mes enfants, que les nations apprendront que je suis le Seigneur quand, par vous, croyants, je me montrerai saint à leurs yeux.
Je vous prends donc dans toutes les nations ; je vous rassemble de tous les pays, et je vous ramène chacun sur votre terre, celle où je vous invite personnellement à porter témoignage.
Je verse sur vous une eau pure, et vous êtes purifiés. De toutes vos souillures, de toutes vos idoles, je vous purifie.
Je vous donne un cœur nouveau, je mets en vous un esprit nouveau. J'enlève votre cœur de pierre, et je vous donne un cœur de chair.
Je mets en vous mon esprit.
Ainsi êtes-vous à même de suivre mes lois, d’observer tous mes commandements qui se résument en AIMER DIEU ET AIMER SON PROCHAIN, et d’y être fidèle.
Habitez cette Terre que j'ai donnée à vos pères.
Soyez mon peuple, et moi, je suis votre Dieu.
 »

Je me mets donc en ce jour à espérer. Dieu ne nous a pas abandonnés. Il s’est fait proche de l’homme.

Il ne reste à ce dernier – à moi-même – qu’à ouvrir son cœur pour que l’Esprit fécondant du Tout Amour vienne l’habiter et le pousser à arpenter sans tarder des chemins de solidarité, de pardon, de justice et de paix.

Vincent Feroldi

Publié dans Réflexions en chemin

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