Décider de croire

Publié le par Garrigues et Sentiers

 

« Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive »

Matthieu 16, 24

D’une manière ou d’une autre, Dieu dans sa bonté propose à tous les humains, le don de la foi.

Il se fait connaître, reconnaître ou au moins se laisse supposer.

D’une façon plus ou moins directe, il interroge le fond des consciences, il fréquente les sagesses humaines pour que chacun trouve en lui, et en connivence avec d’autres, au moins un début de la somptueuse grandeur transcendante qui dépasse le temps et frôle l’éternité.

Depuis la Résurrection les chrétiens ont eu à cœur de ‘dire’ Jésus dans toutes les langues et dans toutes les cultures. Ils ne voulaient pas garder pour eux la chance de connaître le Christ : Chemin vers Dieu.

La plénitude de la révélation évangélique, la joie d’en vivre, l’amour qui réunissait les baptisés dans la prière et l’offrande, les poussaient, s’il le jugeaient nécessaire, à quitter leur confort pour offrir au monde entier leur bonheur de croire.

Si certains parmi eux étaient missionnaires dans leur village, leur ville, leurs professions, leur culture, d’autres franchissaient les mers et les déserts… les uns et les autres avaient entendu et mettaient en pratique, la Parole que le Christ avait dite aux apôtres : « allez dans le monde entier, proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création… (Marc 16, 15) « Et moi je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde » (Matthieu 28,20)

En 20 siècles beaucoup de sainteté, beaucoup d’élan, beaucoup de foi, beaucoup de souffrances, beaucoup d’abnégation et d’amour désintéressé se sont manifestés mais aussi beaucoup de confusions, d’amalgames, d’indélicatesses, d’irrespects, voire de guerres injustes et atroces ont existé…

Le don de la foi et la liberté amoureuse et critique de son accueil restent un mystère profond et fécond.

La foi assume le paradoxe d’être en même temps gracieuse (gratuite) et coûteuse (onéreuse, la croix pèse lourd et blesse), c’est sans doute pour cela qu’elle est juste et heureuse et pas une idéologie irréaliste !

La foi ne se vit que dans l’imparfait et le doute.

Ce sont pour ces raisons, et bien d’autres sans doute,  qu’elle n’est ni fière ni hautaine mais respectueuse et humble. Elle n’est pas un dressage mais la fille de la liberté et de la prophétie, ce qui la rend à la fois grande, audacieuse, fragile et pauvre.

C’est sans doute parce qu’elle ne s’impose ni par la force, ni par l’intérêt, ni par la séduction. Elle est un choix libre, une décision délibérée, mais elle se fraye un chemin dans un maquis de doute et une nuée de précarités soumise à l’évanescence par les humeurs des bourrasques.

C’est sans doute pour cela qu’elle demande un effort de dialogue et un travail de réflexion, elle n’est pas qu’une intuition généreuse

…La foi est donc :

- une décision personnelle,
- un choix intime vécu en communauté,
- une option libre,
- une visée fondamentale et laborieuse,
- une lumière qui n’aveugle pas mais donne du relief,
- une nouvelle manière d’être jamais figée à une époque. Elle invente les actions selon l’Esprit, les oriente et les rend compatibles entre elles,

- une vie avec le Ressuscité :

1. « Dieu a confiance » en chacun des humains et en tous ;
2. « Bonté de Dieu » incarnée qui prend soin de l’humanité ;
3. « Disponibilité de Dieu » au service désintéressé de toutes  les générations qui font l’histoire, qui se mettent en œuvres au long des jours par chacun et chacune aussi bien dans la vie personnelle que dans les institutions humaines, fruit de la concertation  de proche en proche. Ces actions se coordonnent et collaborent avec tout ce qui jaillit des valeurs reconnues pour une promotion collective et un service juste et paisible de l’humanité.

La foi est encore un témoignage audible, visible et crédible,

Car…

Si elle ne se dit jamais ici ou là,
Si elle ne s’exprime jamais lors d’un compagnonnage,
Si elle est tout à fait éthérée au point de ne plus être significative,
Si elle se noie dans les rites
Si elle jargonne...

…elle meurt : pauvre grain étouffé par des préoccupations égocentriques.

La Foi est aussi :

Un combat
Une lutte
Un renoncement
Un dépassement
Une confiance
Une adoration
Une action de grâce…

Elle a sans cesse besoin de « quitter » ses sécurités, même les plus religieuses, pour marcher sur l’eau, dans le vent et avancer au large.

Christian Montfalcon

Publié dans Réflexions en chemin

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Francine Bouichou-Orsini 05/09/2014 11:30

Oui, la foi exprime le choix de faire confiance : accepter de prendre des risques pour s’engager sur un chemin qui conduirait à l’autre ou à l’Autre.
Ce choix, loin de nous asservir, nous libère et nous incite à découvrir le Royaume de l’amour, le dépassement de sa personne propre.
Francine Bouichou-Orsini

MJvanel 31/08/2014 10:11

merci pour cette phrase qui résonne et me réveille: " la foi ne se vit que dans l'imparfait et le doute"