Le pape François baptiserait des Martiens !

Publié le par Garrigues et Sentiers

Dans une homélie prononcée lundi matin à Rome le pape François a critiqué avec humour les prêtres qui mettent des obstacles au baptême de qui le demande.

Le pape François ne cesse de surprendre. Et en particulier lors de ses courtes homélies du matin, adressées à un public restreint, dans la chapelle de la maison Sainte Marthe où il habite. Lundi matin il a affirmé qu'il ne refuserait pas le baptême à des martiens !

Même « les hommes verts au long nez et aux grandes oreilles, les Martiens » ont le droit d'être baptisés, a-t-il lancé pour frapper les esprits. François veut ici faire passer l'idée qu'aucun prêtre dans l'Église catholique ne doit « fermer la porte » à qui demanderait le baptême même s'il s'agit de Martiens « comme les dessinent les enfants ».

Filant la métaphore pour dénoncer les réticences de rares prêtres à accorder facilement le baptême quand les parents ne sont pas dans une situation régulière avec l'Église, il a posé cette question : « Si demain, par exemple, une expédition de Martiens arrivait et certains se présentaient chez nous (…), et si l'un d'entre eux disaient : Mais moi, je veux le baptême ! que se passerait-il ? »

Accéder facilement à l'Église catholique

Au delà d'un langage très imagé qui le caractérise le pape François recourt à l'humour pour faire passer son message qui n'a rien de superficiel. Son idée force – il l'a développée en novembre dernier, dans l'exhortation apostolique La joie de l'Évangile (édition Parole et Silence) – consiste en effet à relancer la politique d'évangélisation dans l'Église catholique.

Il a donc toujours combattu avant de devenir pape ce qui pourrait empêcher l'accès facile à l'Église catholique à tous ceux qui souhaiteraient y entrer même si ces personnes ne se sentent pas dans les clous. C'est le sens même de son appel aux catholiques à « sortir des églises » pour aller « en mission d'évangélisation » vers les « périphéries ». Fussent-elles sur la planète Mars...

Jean-Marie Guénois
pour lefigaro.fr

Publié dans Signes des temps

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francoisjean 27/05/2014 00:51

« Ne croyez pas que je suis venu abolir la loi ou les prophètes, je suis venu non pour abolir mais pour accomplir ». Donc, vous avez tout à fait raison.
Cependant vous me faites penser au film « Jésus de Montréal » : en effet suite à une aventure rocambolesque, « jésus », dans le coma après un traumatisme crânien consécutif à une chute, lors d’une représentation de la passion, est admis aux urgences surchargées d’un hôpital. En attente dans le couloir, il est déclaré aux accompagnants au summum de l’angoisse qu’aucun soin ne sera prodigué au patient tant que la carte d’assurance maladie ne sera pas produite !!! Bon, évidement, c’est un film….Mais, comme cela est classique dans les hématomes sous duraux, dans la suite de ce film, « jésus » se réveille avec un très fort mal de tête, sort avec ses compagnons un peu rassurés, et va mourir une heure plus tard dans une station de métro. Le personnel administratif, ayant évidement appliqué les consignes de bonne foi, ne connaitra jamais la fin de l’histoire et pourra se coucher le soir, « crevé » et avec la satisfaction du devoir accompli…..
Je reprends sans hésitation la remarque un peu acide de notre ami « le voyageur », en y ajoutant que « les prêtres » ne sont pas totalement responsables des « 2 siècles de retard » de l’Église soulignés par le Cardinal Martini dans son interview posthume. Nous sommes aussi « Sacrement pour les autres », nous devons bousculer prêtres et fidèles. Avant le conclave, le cardinal Bergoglio affirmait de son côté : « Quand l’Église ne sort pas d’elle-même pour Évangéliser, elle devient autoréférentielle et tombe malade » et ailleurs : « la foi devient alors une idéologie comme les autres », ou encore : « l’Église n’est pas un bureau de douane », ni une ONG !
Il me semble « qu’évangéliser », c’est d'abord "être Sacrement pour les autres". C'est accompagner chaque personne en la prenant là où elle en est, répondant à ses angoisses et ses questions que lorsqu’elle le demande, utilisant son propre vocabulaire et non le nôtre, sortir d’une morale rigide, sexophobe, qui exclut , condamne, excommunie, écrase plus qu’elle n’aide, ne pas croire en dieu mais Vivre Dieu, comme le souligne St Paul : « ..ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi …», être « Christ » les uns pour les autres.
« Tant que nos cérémonies n’interpellent pas l’homme de la rue, elles sont sans signification….disait déjà en son temps Maurice Zundel. Pour qu’un « signe » soit parlant, il serait utile qu’il soit perçu par ceux à qui il est destiné. Vingt siècles de dogmes, règles, morale…n’ont pas empêché, ni influencé le fait qu’actuellement quelques 1,5 million d’enfants vivent dans quelques 720 000 foyers recomposés…et on ne parle pas des 2,84 million d’enfants vivant dans des familles monoparentales….voire d’enfants abandonnés. Heureusement que Dieu est patient !!
Je me sens dépositaire d’un précieux fragment de vie, avec toutes les responsabilités que cela implique (Etty Hillesum). « Soyons le Vitrail qui laisse chanter la lumière » (Maurice Zundel)

Albert Olivier 24/05/2014 11:10

J'ai lu avec retard l'article de J-M Guénois et les divers commentaires qu'il a suscités. Les sacrements, même si l’on sait bien qu'ils n’ont pas tous été fondés par Jésus, sont des signes de notre relation à Dieu, dont l'Église — les Églises — sont de fait dépositaires et organes de transmission. On ne peut à la fois critiquer la gestion, plus ou moins heureuse, qu’elles font de ces signes, et leur demander tel ou tel sacrement sans se poser au préalable la question sur ce qu’on demande vraiment. Qu’est-ce que le baptême ? Qu’est-ce que la communion eucharistique ? Qu’est-ce que le mariage ? Tenons-nous en aux sacrements qui posent actuellement le plus de problèmes pastoraux, trop souvent considérés comme des actes strictement individuels.

Le baptême est un signe d’adhésion à Jésus Christ, complémentairement à une des Églises qui se réclament de lui. Cette demande suppose un minimum d’acceptation de ce qu’ont pu en comprendre et en dire les hommes, sous peine du n’importe quoi.

Il a été question dans certains groupes de Réformés d’accepter de “donner la communion” à des non-baptisés. Cela semble curieux. A quoi communie-t-on dans ce cas ? Et surtout pourquoi demander ce geste, qui est au cœur de la foi chrétienne, si on n’a pas fait le pas nécessaire pour appartenir à la “communion” des fidèles au sein de laquelle va se célébrer cette communion avec le Christ.

Les modalités “traditionnelles” du mariage chrétien, et principalement chez les catholiques, peuvent se discuter. Les observateurs les plus attentifs à ce que vivent effectivement les chrétiens, sont bien obligés de constater que les conditions de son indissolubilité en toutes circonstances sont devenues problématiques. Un exemple : lorsqu’on se mariait, au XVIIe siècle, on ”en prenait” pour 13;5 ans et demi en moyenne, avant la mort du conjoint (Pierre Goubert). Aujourd’hui, les couples qui persistent durent plus d’un demi siècle, ça modifie bien des choses. En même temps, nul n’est contraint de passer devant le prêtre pour vivre une vie de couple. Si on ne partage pas le point de vue de l’Église romaine en ce domaine, on peut se contenter du passage devant le maire, qui suffit à officialiser l’union. A moins que l’on ne recherche qu’une “bénédiction” qui risque d’être un peu superstitieuse.

Reste, en ce dernier domaine, le drame de chrétiens sincères et souvent militants “divorcés remariés”. Il faudra bien trouver une solution à la fois humaine et évangélique, et sortir de cette hypocrisie : « Vous appartenez toujours à l’Église, mais êtes, de fait, “excommuniés”».

Françoisjean 20/05/2014 19:24

« … la vie est difficile mais ce n’est pas grave. Il faut commencer par prendre son propre sérieux au sérieux, le reste vient de soi-même. Travailler à soi-même, ce n’est pas faire preuve d’un individualisme morbide. Si la paix s’installe un jour, elle ne pourra être authentique que si chaque individu fait d’abord la paix en soi-même, extirpe tout sentiment de haine pour quelque race ou quelque peuple que ce soit, ou bien domine cette haine et la change en autre chose, peut-être à la longue en amour…est-ce trop demander ?.....Ce petit morceau d’éternité qu’on porte en soi, on peut l’épuiser en un mot aussi bien qu’en dix gros traités…..Ce qu’on a obtenu librement de soi-même est plus solidement fondé et plus durable que ce qui est développé sous la contrainte…. » (Etty Hillesum, Une vie bouleversée, p 128 éd. seuil).
Pendant que nous dissertons gravement sur le bien-fondé de la « culture », des gens de bonne volonté, au Nigéria, à Kano, catholiques et musulmans forment une communauté, transcendant les religions, et fêtent ensemble, mariages, baptêmes, enterrements, prient ensemble…..(à voir sur Arte replay)
Oui, il faut avoir la foi chevillée au Corps, comme Etty Hillesum, pour déclarer, en 1942, alors que la "solution finale" s’avançait à grand pas, et faisait déjà sentir ses effets sur les Juifs Hollandais : «… Je suis une femme heureuse et je chante les louanges de cette vie…. ». Elle remplissait cette vie de mille petits riens qui adoucissaient la souffrance de ses coreligionnaires, sans fard, sans bruit, et considérait que chaque fois qu’elle avait envie de se plaindre, elle « volait » du temps à ceux qui pouvaient avoir besoin d’elle !!
Elle a eu, sur le monde d’alors, le Regard du Christ…

francoisjean 15/05/2014 16:40

Bien sûr qu'il faut un terreau, mais pensons-nous vraiment en être le jardinier? j'aurais plutôt tendance à penser que les 8,5 milliards d'êtres peuplant notre planète ou sans doute des milliers d'autres dans l'univers, sont le terreau et le jardinier que vous recherchez..!!..
Evangéliser, c'est, me semble-t-il, être le sel de la terre. Le sel donne du goût aux aliments. Nulle part, il nous est demandé d'enfermer l'humanité dans la salière !!! En outre, le pape François nous affirme que l'Eglise n'est pas un bureau de douane.....
C'est en étant sel de la terre qu'on peut faire lever la foi, en donnant du goût à la vie, en étant Christ les uns pour les autres, en donnant à chacun l'envie irrésistible de nous imiter en devenant Christ pour les autres. Soyons "étonnant et compréhensible" comme l'ont été les apôtres le jour de pentecôte.
Cessons de nous prendre pour une référence universelle....

11 "Le pharisien, debout, priait ainsi en lui-même : O Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont ravisseurs, injustes, adultères, ou même comme ce publicain ;
12 je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tous mes revenus.
13 Le publicain, se tenant à distance, n’osait même pas lever les yeux au ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : O Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur.
14 Je vous le dis, celui-ci descendit dans sa maison justifié, plutôt que l’autre. Car quiconque s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé." (luc 18:11-13)

Jean-Pierre REYNAUD 15/05/2014 17:17

Je suis bien d'accord, et vous et moi essayons d'être parmi les jardiniers. Mais comment a-t-on "cultivé "en Centrafrique ?

le voyageur 14/05/2014 19:37

si je comprend bien Jean-Pierre REYNAUD, le baptème c'est pour une élite de bien pensants bien préformatés, et pas pour les gens ordinaires fussent-il mécréants....
voila bien une réflexion cléricale !
Curieux contresens avec les paroles, gestes, attitudes et actions de Jésus.....

Cela dit,
Evangéliser..... faudrait des gens capables de ça..... c'est à dire pas les prêtres, lesquels ont fait fuir bien loin les adeptes depuis 50 ans....

Jean-Pierre REYNAUD 15/05/2014 16:46

"Si je vous comprends bien", avez-vous écrit à mon sujet... Je pense en tout cas que vous ne m'avez pas bien lu ; voyez les 4 dernières lignes de mon commentaire.

Jean-Pierre REYNAUD 13/05/2014 17:03

Je ne suis pas entièrement d'accord : il faut quand même un "terreau" pour que la foi "lève", même si la transmission n'est pas aussi automatique qu'on le pensait dans nos enfances. Le baptême à tout va doit faire question.Voyons les atrocités commises par des milices chrétiennes en Centrafrique, n'y a -t-il pas eu, à l'époque, des baptêmes de masse, sans trop regarder ?

Dominique Giraudet 13/05/2014 16:06

Oui comme le dit si bien Fanfan cela pose aussi d'autres questions de fond .. Il y a aussi évidemment la question des chrétiens non catholiques , comment ne pas penser ainsi à notre histoire de France et au massacre des cathares encouragé et quasiment ordonné par l’Église Catholique , des villages entiers dont les femmes et les enfants ont été massacré au nom de Jésus, au nom de Dieu . Oui toutes ces questions complexes donnent beaucoup à réfléchir..

Fanfan 13/05/2014 15:15

Et si lesdits Martiens au long nez et aux grandes oreilles (pas très flatteur le portrait des hommes verts) étaient divorcés-remariés avant de demander le baptême, il ferait quoi le bon pape François ?
Fanfan