Dimanche 26 mai
Sainte Trinité
Proverbes
8,22-31
Psaume 8
Lettre aux Romains 5,1-5
Jean 16,12-15
Catéchèse
mystagogique :
parce que nous
avons oublié le grec,
ces deux mots
sonnent comme
barbares à nos oreilles.
Ils
recouvrent pourtant
une réalité toute simple :
l’enseignement que
les évêques de l’Antiquité
donnaient
aux nouveaux baptisés
pour leur expliquer
la signification du sacrement
qu’ils avaient reçu
à Pâques.
À leur
façon,
les textes du
dimanche de la Trinité
sont une catéchèse
mystagogique de la Pentecôte
qui nous a donné,
voici une semaine,
de célébrer la réception
de l’Esprit par l’Église
et en Église.
À
preuve,
cette phrase de Jésus
dans l’Évangile du jour :
« L’Esprit reprendra
ce qui vient de moi
pour vous l’expliquer ».
Ce qui ne peut se faire,
ajoute-t-il,
que parce que
« Tout ce qui appartient
au Père est à moi ».
L’Esprit est au
cœur
de ce colloque
entre le Père et le Fils
que peint ce passage
de Jean (16,12-15)
et plus précisément
dans ce don
et ce contre-don,
cet aller-retour incessant
d’amour entre l’un et l’autre.
Quelle
vision
plus dynamique
donner de la Trinité ?
Vision dynamique,
mais aussi dynamisante ;
et ce dynamisme
baigne également
le texte de la première lecture.
Sous la figure de la Sagesse,
l’Esprit y est montré
à l’œuvre dès la création
du monde.
Point
de solennité
cependant
dans ce passage
du Livre des Proverbes
(8,22-31) :
nous sommes loin
du cinémascope
et du technicolor
des années cinquante.
La
Sagesse est peinte
comme un enfant
(ou un jeune animal ?)
qui s’ébroue dans le monde
nouvellement créé par le Père :
« Je trouvais mes délices
jour après jour,
jouant devant lui
à tout instant,
jouant sur toute la terre
et trouvant mes délices
avec les fils des hommes ».
Quel
vert et frais
Paradis nous est peint là !
On comprend
dès lors la sérénité
que montre
la deuxième lecture
(Romains 5,1-5),
même si elle rend
un son plus grave ;
mais Paul n’était pas
comme la Sagesse
un jeune enfant
toujours prêt à jouer ! :
« Frères nous sommes
en paix avec Dieu
par notre Seigneur
Jésus Christ ».
Ne
boudons pas notre plaisir :
quand la liturgie
nous offre des textes
de cette veine,
humons les,
cueillons les
comme des fioretti
sur notre route ;
et pour notre route.
Benoît
Lambert
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