Dimanche 15 novembre
Daniel 12,1-3
Psaume 15
Lettre aux Hébreux 10,11-14.18
Marc 13,24-32
Je crois que l’Évangile
ne raconte pas
de bobards.
Bien sûr,
il a sa manière
de raconter :
le langage religieux,
c'est-à-dire symbolique.
À dépasser
pour lire le réel.
Juste avant
le récit de la passion
et de la résurrection
du Seigneur,
Marc introduit
une apocalypse,
une destruction,
suivi d’une parabole
du figuier qui renaît.
Bref, toujours le symbole.
À chacun sa manière
de dire le réel :
le cycle mort-vie
des égyptiens,
la déflagration recréation
des stoïciens,
la transformation incessante
bouddhiste.
Et puis notre corps,
où des cellules meurent
et se reconstituent
en permanence ;
l’univers,
cette purée de grumeaux
disait Reeves,
où certains disparaissent
quand d’autres se forment,
etc.
Affaire de style,
d’épistémologie
dit-on savamment.
Je me demande
si le vivant,
animé ou inanimé,
ne pourrait se comprendre
qu’à partir de deux concepts :
le changement et la centralité.
Le changement
c’est le phénomène.
Chaque niveau d’organisation,
de la lumière au biologique
et au psychique,
à la fois autonome
et interactif
avec le précédent
et le suivant,
tend par émergence
et complexification
vers une organisation définitive,
qui lui échappe.
La centralité
c’est la tendance de
chaque niveau d’organisation.
Les particules de lumière
se concentrent en matière ;
les molécules forment corps ;
les neurones deviennent
esprit ou psyché ;
et puis vient l’inconscient,
ou la voix schizophrénique,
la Transcendance,
Dieu, Tao, etc. ;
les sociétés deviennent peuples,
puis nations, assemblées,
rois ou États.
Le « fruit et le travail
des hommes » devient
le Pain rompu :
Jésus prend un enfant
et le met au milieu
des disciples comme
modèle du Royaume…
« Le ciel et la terre passeront,
mes paroles ne passeront pas » ;
et : « Les parolesµ
que je vous dis
sont esprit et vie »
Pour le dire simplement :
je viens du Père
et je retourne vers le Père.
Dieu n’est pas
une valeur ajoutée
au terme d’une fabrication
de la pensée et du désir.
Ni même,
pardon à mon cher Karl,
« une valeur sensible suprasensible ».
Même si je comprends
que notre
commune humanité
ne puisse pas
fonctionner autrement
qu’avec des catégories.
Que pouvait bien
vouloir dire
le mot « élévation »
ou l’expression
« s’élever vers Dieu »
pour notre ancêtre
à quatre pattes
pour qui la verticalité
était une notion complètement
sans réalité objective
pour lui.
Pourtant Dieu
n’a pas attendu
le bipède debout
que je suis…
Dieu est vie,
puissance de vie,
« Dieu tout en tout(s) »
dit Paul.
Le réel et l’histoire
de ses constructions objectives
me disent
que cela passe
par une apocalypse,
une destruction,
une mort ;
Jean dit :
« il faut naître d’en haut » ;
Jésus monte à Jérusalem
vers le Golgotha ;
le physicien nous dit
que des milliers de neurones
meurent chaque jour
dans notre cerveau ;
la cure analytique
nous parle de
« toucher le fond »,
ce qu’un alcoolique
comprend très bien.
Bref,
tout cela nous dit
la même chose :
« Tu ne tueras pas ».
C’est ce que Jésus
dit en Croix.
Cela force,
pour le moins,
le respect.
Cela force l’amour.
L’autre nom
de la vie
où tout converge.
L’autre nom de Dieu.
Angelo Gianfrancesco
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